Aznavour, un homme qui sait s’engager

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«Je connais le mode de vie des enfants de l’immigration, mes parents ont émigré, eux aussi, et que ce soit 80 ans avant ou après, c’est pareil. (…) Le gouvernement devrait faire un effort et se pencher sur ces cas. Sinon, quand il y a des mouvements de jeunes, il ne faut pas qu’ils s’en étonnent. Pourquoi y a-t-il des mouvements ? Parce qu’ils ont faim. Ils voient des gens qui ont tout, comme moi. Si je veux un poste de radio, je me l’achète. Eux, il faut qu’ils le volent, mais croyez-moi, il préféreraient le payer.»

Dans le Matin Dimanche, Charles Aznavour fait preuve d’une impeccable lucidité. Son interview a sans doute fait s’étrangler d’indignation, ce matin, tous les candidats de droite au Conseil d’Etat et au Grand Conseil.

Aznavour… C’était il y a quelques années, à Bordeaux. Josef faisait son possible pour que la Suisse reconnaisse le génocide arménien et il avait rendez-vous avec le chanteur dans sa loge, après le spectacle. Les deux hommes avaient évoqué la tragédie arménienne, la Grèce, la Suisse. Aznavour avait aussi parlé de son enfance à Paris, de la guerre, des liens de ses parents avec la MOI (Main d’Oeuvre Immigrée), ce groupe de résistants communistes dont parle le poème d’Aragon «L’affiche rouge».

Aznavour est un homme de bien. Espérons que ses propos gâchent encore souvent le petit déjeuner des Leuba et des Mermoud du monde entier.