Conseil des Etats: la gauche a un tournant ?

Il n’y a pas que le pari de la droite qui est risqué avec l’élimination de la composante du parti libéral dès les 1er tour et le choix préférentiel du radicalisme de s’allier avec la droite blochérienne.

A gauche, la multiplication des candidatures (6 !) cache un autre enjeu non moins décisif: les Verts brûleront-ils la politesse au PS en le dépassant pour la première fois dans cette échéance difficile pour une « gauche » minoritaire au vu des élections cantonales toutes récentes.

Il y a 4 ans en 2003, la radicale Langenberger était arrivée en tête avec 29.8 % des voix, suivie du libéral Ruey avec 26.6 % et l’UDC de Bugnon se voyait gratifiée de 19,8 %.

A gauche, Michel Béguelin faisait un score de 24,6 %, score conforme au PS et loin devant les deux Verts de l’époque (Ménetrey à 12,7 % et Recordon à 12 %). Le POP se retrouvait juste derrière avec Zisyadis à 11,3% et Huguenin à 8,7%.

Comme l’appétit vient en mangeant, il semble que les Verts tentent de jouer avec le feu. Ils espèrent dépasser les socialistes ou pour le moins forcer la gauche dans son ensemble à vouloir un ticket genre « tripes à la neuchâteloise », soit un ticket vert-PS.

Là où le bât blesse, c’est que cette stratégie louable cache un autre enjeu somme toute inquiétant pour la gauche: devenir le 1er parti à gauche et éjecter les socialistes du Sénat.

Afin que les choses soient dites: en cas de ticket Savary-Recordon pour le 2ème tour, l’électorat bourgeois fera ce qu’il a toujours fait dans ce cas de figure: il choisira le nouveau centriste vert Recordon. Comme lors de l’élection au Conseil d’Etat vaudois… où les l’électorat bourgeois a bien choisi de faire la peau du popiste au profit du vert.

Cependant, il faudra juste, avant de choisir cette stratégie d’un double ticket PS-Vert, prendre en compte l’électorat qui se reportera au 1er tour sur le POP et A Gauche toute !

Pas sûr que cette électorat se laisse amadouer par des opérations de recomposition centriste qui finiront par éjecter la gauche du 2ème tour.

Clairement: mieux vaut une candidature unique de la gauche avec toutes les ambigüités que cela peut comporter, plutôt qu’un doublet qui va jeter aux oubliettes pour 4 ans les préoccupations sociales de la gauche.

Quand seul le POP prennait la défense du canton de Vaud

DrapeauENBERNE

Sur le blogue Vaud 2007, Pierre Kolb analyse, dans un article intitulé: « La perte de pouvoir du canton ne tracasse pas les partis politiques », comment le canton de Vaud a perdu une partie de ses pouvoirs démocratiques avec « la grande machinerie intercantonale » lancée en 2004.

Et il rappelle que « c’est dans le programme du seul POP que l’on trouve un refus de voir des compétences cantonales être transférées à des instances intercantonales non élues » et que « lors du débat aux Chambres sur l’espace suisse de la formation, Josef Zisyadis avait décrit le nouveau domaine intercantonal comme «un dessaisissement gigantesque du pouvoir démocratique au profit d’un machin technocratique centralisateur, d’un monstre sans contrôle». Pour le conseiller national, la preuve en avait été apportée lorsque le secrétaire d’Etat Charles Kleiber avait pu, lui tout seul, engager toutes les universités dans l’aventure des accords de Bologne. »

Une petite leçon d’histoire (très) contemporaine à l’usage de celles et ceux ceux qui prétendent que le candidat A Gauche Toute! au Conseil d’Etat passe tout son temps au bistrot.

Il passe en effet du temps dans les bistrots, mais se préoccupe et s’occupe également des affaires du canton. Un vrai Vaudois, quoi…

pmg