Pourquoi des socialistes veulent baisser l’impôt des riches ?

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Les 2/3 du groupe socialiste sont entrés en matière sur la baisse d’impôt proposée par Hans-Rudolf Merz. Ils ont même refusé le renvoi proposé par quelques syndicalistes du PS.

Soyons clair: les ménages qui vont profiter de cette baisse d’impôt voulue par la droite, seront ceux qui ont un revenu de plus de 150.000 frs.

Par contre, les familles qui ont un revenu moyen n’auront au plus qu’une baisse de 3 cafés par mois !

Alors de deux choses l’une: ou la majorité des députés socialistes suisses a perdu la tête, ou alors ils sont les vrais défenseurs de leur nouvelle classe, ces fameux « bobos » qui font progresser les scores de la gauche partout dans le pays…

Et 600 millions de moins dans les caisses publiques pour quoi faire ? Réduire le service public ? Baisser les aides sociales en période de crise ?
Payer la crèche et la garderie des riches ?

Dans ce pays, il y a si peu de résistance populaire organisée, que les partis qui s’affichent à gauche ne prennent même plus de gants pour cacher leur politique.

Milliards UBS: qui a voté quoi dans la Délégation des finances

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Le Conseil fédéral affirme qu’il a consulté la Délégation des finances avant de prendre sa décision pour faire ses libéralités à l’UBS. Soit.

Ensuite, nous avons entendu les protestations, voire les cris d’offraie des uns et des autres, sur le manque de démocratie, notamment du Parti socialiste suisse. Soit.

Voyons maintenant la composition de cette Délégation des finances:

Président/e
Leuenberger Ernst (PSS)

Membres du Conseil national
Zuppiger Bruno (UDC)
Loepfe Arthur (PDC)
Marti Werner (PSS)

Membres du Conseil des Etats
Leuenberger Ernst (PSS)
Altherr Hans (Radical-libéral)
Schwaller Urs (PDC)

Puisque le PSS s’insurge, pourrions-nous savoir si ses deux membres de la Délégation se sont opposés à ce renflouement des caisses de l’UBS ?

Biométrie: hommage au référendaire anonyme

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Il y a parfois de ces petites joies intérieures en politique qui vous remettent d’aplomb. Le référendum contre la biométrisation généralisée de nos données personnelles en est une. Elle va donner lieu à un vrai débat de société.

Pourtant, nous étions parti de loin avant que le peuple puisse se prononcer.

Concoctée par Christoph Blocher, valet habituel des américains, de Schengen & Cie, repris par Evelyne Widmer-Schlumpf sans sourciller, avec l’aide de la Police fédérale, ce projet monstrueux, centralisateur est emblématique de ce que la Berne fédérale peut mitonner sans s’occuper des libertés citoyennes.

Mon refus d’entrée en matière du 12 mars 2008 n’a recueilli que 17 voix (dont seulement 1 PS, 5 Verts…) contre 147. Puis lentement, mais sûrement, le vote final a montré une évolution intéressante, trop rare pour ne pas être soulignée: 94 oui contre 81 non ! Et si 6 socialistes n’avaient pas voté oui, et si 5 PS et 1 Vert ne s’étaient pas abstenu, le score aurait été encore plus serré…

Aucune force nationale, petite ou grande (à part sur le papier, Les Verts et le PST-POP ) n’a créé de comité référendaire national, mais une myriade de jeunes passionnés, sans engagement politique particulier, ont pris le taureau par les cornes et se sont organisés. Puis, sont venus nos camarades de la Liste Alternative de Zürich, le POP & Gauche en mouvement de Vaud, quelques sections vertes locale et Jeunes UDC locales. Bref, un référendum essentiellement par internet, quelques relais maigres sur le terrain, mais efficaces et une conjonction politique d’oppositionnels pour des raisons parfois opposées.

Le cocktail a pris. Le peuple pourra se prononcer démocratiquement. Hommage donc au récolteur anonyme, au surfeur fou. Et quel regret cependant qu’une authentique force de gauche combative et unifiée n’existe pas sur le plan national…

Car nous serons le premier pays dans le monde à nous prononcer sur la biométrie. Ce n’est pas rien. Et nous pouvons gagner.

La gauche qui aime faire le jeu de l’UDC

pologne je t'attends

Au Parlement les socialistes et les verts vont se battre pour ficeler le débat populaire. C’est ce genre d’incohérence qui fait le jeu de l’UDC-SVP.

La reconduction de la libre circulation des personnes est une chose; et l’extension de cet accord à la Roumanie et la Bulgarie, bien que logique, une autre chose.

Jusqu’ici les politiciens de tous bords avaient donné des assurances au peuple, qu’il aurait le droit de se prononcer pour toutes les étapes. Tout ce qui les intéresse, c’est la guillotine du débat.

La « combinazione » a passé au Conseil des Etats et nous allons voir tout soudain au Conseil national nos socialistes et verts venir défendre un paquet ficelé pour escamoter le débat démocratique et tenter d’empêcher une décision en toute indépendance.

Au final, des comportements politiciens de la sorte ne font que renforcer la droite extrême qui peut brandir sans souci le droit à l’indépendance. Joie annexe pour une gauche bien-pensante: cela permet aussi d’escamoter le vrai débat, celui des salaires, des privatisations, bref des mesures d’accompagnement qui font cruellement défaut pour empêcher le dumping social.

N’attend-on pas vu le SECO (Secrétariat à l’Economie) proposer dans un document secret (ah bon !) que les travailleurs des entreprises étrangères qui obtiennent des marchés soient payés selon le salaire de leur pays d’origine ?

Il faut démissionner M.Leuenberger…

SCHWEIZ MORITZ LEUENBERGER

Ce n’est pas un médiateur qu’il faut dénicher, Monsieur le Conseiller fédéral, pour trouver une solution face à la grève légitime des travailleurs de CFF Cargo, qui dure depuis plus de trois semaines.

C’est vous-même qui devez descendre de votre piédestal de ministre socialiste et vous asseoir jour et nuit à la table des négociations et décider, oui DECIDER, de quelle issue politique, le pays a besoin dans ce conflit.

Et cela ne sert à rien de vous retrancher derrière une quelconque collégialité gouvernementale ! Le responsable politique du dossier, c’est vous et personne d’autre ! Et même si vos collègues du Conseil fédéral vous désavouent après, vous aurez au moins fait votre travail… de socialiste.

Il y a des pays, il y a eu des pays, comme la Pologne de Solidarnosc, où les travailleurs avaient forcés le gouvernement a négocier en direct, devant les caméras, en publicité directe… En ce temps vous les souteniez… les travailleurs.

Si vous ne pouvez même pas faire cet acte politique décisif, après tant de législatures passées au Conseil fédéral, alors il vaut mieux que vous démissionniez.

Blocher réélu, que ferait le PS ?

La direction du PSS déclare à tout vent qu’elle ne votera pas Blocher le 12 décembre. Bien, mais ce n’est pas le problème, ou alors ce n’est qu’une partie du problème…

Si Blocher est malgré tout réélu par la coalition UDC-radical-PDC, le PSS osera-t-il cette fois encore continuer la collaboration au Conseil fédéral comme en 2003 ?

Le silence assourdissant à cette question fondamentale dans la période pré-électorale est en train de saper la campagne socialiste.

Tout d’abord, elle donne des ailes aux Verts. Non à cause de la clarté de leur position sur cette question, mais tout simplement parce que les Verts ne sont pas à l’exécutif fédéral et jouent de leur position extérieure pour parfaire leur virginité politique, alors qu’ils rêvent de mettre le pied dans le consensus helvétique.

Ensuite, le silence de la direction du PSS sur cette affaire fait le jeu de l’UDC, qui n’hésite pas, elle, à proclamer haut et fort que la non-réélection de leur Führer les conduira dans l’opposition.

Il est grand temps que le PSS dise clairement ce qu’il va faire. C’est pour cela aussi qu’il faut que la gauche de résistance se renforce le 21 octobre. Relais des luttes, relais d’une opposition populaire, la gauche de gauche a un rôle historique à jouer dans la période tourmentée qui s’ouvre. Il se pourrait bien que ce vote-là soit utile aussi aux socialistes de gauche et aux écologistes de gauche.

Impôts dégressifs: on saura le 1er juin…

C’est donc confirmé: il y aura une audience publique le 1er juin 2007 à 9H au Tribunal fédéral à Lausanne, afin de juger sur le recours que nous avons déposé avec 3 Obwaldiens contre la loi d’impôt scandaleuse du canton d’Obwald.

Depuis février 2006, nous attendons la date de cet important jugement qui va marquer la politique fiscale suisse et intercantonale.

Pour rappel, après l’abandon des socialistes suisses dans la recherche des recourants dans le canton d’Obwald, il avait fallu que je démènage dans ce canton pour trouver des citoyens oppositionnels d’Obwald et déposer ensemble solidairement ce recours.

J’aurais l’occasion de revenir dans les jours qui viennent sur cette question politique qui a des répercussions y compris internationales.