Vite, une ville lente !

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La Mairie de Vaux-en-Velin en partenariat avec la revue Le Sarkophage organise samedi 30 janvier 2010 des conférences et débats publics autour du thème central « Ralentir la ville… pour une ville solidaire ».

Bernard Genin, le Maire de cette ville de la banlieue de Lyon est un communiste original, communiste dissident, disent certains ou rénovateurs comme son prédécesseur, Maurice Charrier.

Son discours est clair: « Les villes sont au coeur de toutes les crises qui frappent nos sociétés: crise sociale avec des populations ségréguées et stigmatisées, mais aussi crise écologique avec un productivisme destructeur. »

Pas étonnant qu’il fasse le lien entre ces deux préoccupations étroitement liées dans la pratique sociale ou municipale. La remise en cause de la société du « toujours plus », passe nécessairement par une remise en cause du capitalisme et du productivisme.

Ce n’est donc pas par hasard, qu’il s’est associé avec Paul Ariès pour l’organisation de cette journée de débats. Journée qui se terminera par un meeting avec Jean-Luc Mélenchon, Georges-Marie Buffet, un invité du NPA et… un suisse pour une conclusion de la journée.

La question de la lenteur en ville commence à devenir une revendication fondamentale de la décroissance au quotidien. Des dizaines de villes en Europe sont en train de s’engager dans cette voie par une démarche venue de la base.

On retrouve plusieurs préoccupations réunies: gratuité des transports publics, multiplication des zones piétonnes, augmentation des espaces de gratuité (gaz, eau, électricité) nécessaire à la vie quotidienne mais taxation du mésusage, développement du commerce artisanal de proximité et de l’agriculture contractuelle, réduction des consommations énergétiques, exclusion des OGM, sauvegarde des coutumes régionales et des produits locaux, développement de l’économie sociale et solidaire, processus de démocratie directe.

Comme disait Anne Franck (1929-1945): « La chose importante à garder en tête est qu’il ne faut jamais attendre pour commencer à changer le monde. »

9 réflexions au sujet de « Vite, une ville lente ! »

  1. Vous me faites peur… Idéologie de vieille dame bigotte qui n’aime ni la vitesse ni le bruit…
    L’écologie serait donc le mauvais rêve de la société occidentale qui n’exprime que son désir de dormir…
    Dans quelques années vous allez sûrement proposer de neuroleptiser la population pour qu’elle n’aspire plus qu’à une somnolence d’anabaptiste-bouddhiste(véhicule de diamant)…

  2. Ah Georges-Marie Buffet….ça sonne comme une douce nostalgie avec Georges Marchais…lapsus ou est-ce son surnom dans des cercles initiés? Zut! Je n’aurais donc pas été prévenu? Trève de plaisanterie! Merci Josef pour cette info sur une initiative intéressante qui invite plein de bonnes idées à se propager et à prendre racines.

  3. Oui cette revendication de ralentir la ville et toutes ses déclinaisons sur le thème de la »ville à la campagne » sont équivoques. Elle est largement promue par des riverains égoïstes qui, en refusant toute activité commerciale, industrielle, artisanale, festive et de transport, se comportent comme si la rue leur appartenait en exclusivité (ainsi que le soulignait l’urbaniste François ASCHER). Ils militent ,consciemment ou non, pour la valorisation du prix au m² de leur bien mmobilier, ce qui pourrait être davantage la marque d’un capitalisme de rentier que de sa remise en cause. La ville est un compromis, et rien ne prouve que son ralentissement la fasse plus solidaire . Ralentissement de quoi? seulement de la la circulation automobile? ralentissement des équipements et des logements sociaux, le « NIMBY » (not in my back yard) comme on le voit à Paris ou dans d’autres grandes villes? La productivité accrue du travail est humainement destructrice mais quel rapport avec la ville contemporaine? Aucun relation évidente dans ce domaine. En outre si le zoning à l’américaine peut donner cette impression recherchée de propre et de calme, il se paie en heures de voiture pour accéder au travail, aux commerces et aux loisirs. L’avenir de la ville est dans sa redensification et son repeuplement. S’agissant d’un débat, je suis sûre que les communistes de Vaux en Velin ne l’ont pas vérouillé d’avance.

  4. C’est vrai Joseph, ce n’est pas en théorie contradictoire, mais dans la vraie vie, une ville active est nécessairement plus brouillonne et plus speed. Oui, je suspecte que la revendication de lenteur va souvent de pair avec celle d’une ville verte, dédensifiée, voire muséifiée. Et je ne vois pas, dans ton écrit sur le sujet, en quoi une ville lente serait intrinsèquement plus solidaire. (j’ai déjà entendu l’argument au sujet des entreprises respectueuses de l’environnement qui seraient naturellement plus respectueuses de leurs salariés) . Ces affirmations sont avancées comme une évidence, et cette façon de parler de l’écologie et de l’environnement me rappelle comment on a pu, autrefois, parler du communisme : une société lisse, harmonieuse, idéalisée et sans conflits d’intérêts. Tout cela pour dire que le débat n’est pas superflu et la ville ne peut pas totalement s’improviser. Elus, architectes et urbanistes sont biens obligés d’anticiper un minimum (les utopies n’ont pas manqué en la matière). Or que ce n’est bien souvent qu’après coup que l’ont peut dire ce qui rend une ville vivable ou non.

  5. Cher(e) Jami, les débats à Vaux-en-Velin ont été tout simplement passionnants. Le suspicions que tu mets en avant sont réelles dans le capitalisme vert que l’on nous présente comme l’avenir radieux de l’humanité… Le colloque n’as pas débattu dans ce sens, si ce n’est pour critiquer cette option. Une ville lente (pour aller vite…) implique nécessairement une ville solidaire. Les nouveaux espaces de gratuité à conquérir sont justement des espaces d’égalité sociale. La mairie communiste et la revue le Sarkophage ont fait du joli travail ce week-.end. A suivre dans d’autres mairies en Europe.

  6. Et que comptez-vous faire…ôh grands gourous de la mollesse généralisée…avec les gens qui préfèrent le bruit et la vitesse…
    Peut-être nous envoyer au royaume du BHOUTAN ( hypothèse terrifiante)
    Dans une sorte de réserve indienne ou nous aurions le droit de fumer de picoller et de nous éclatter au volant de bagnoles gonfflées et adrénalinogène ( ça c’est une hypothèse plutôt sympa car co-exister avec des néo-puritains respireurs d’air pûr et phobiques n’est pas interressant)

  7. Merci d’en avoir rendu compte dans ton blogue. j’essaierai de suivre le détail des débats si c’est publié quelque part. j’aimerais savoir si le débat a ou non fait émerger des avis très contradictoires ou si tous allaient dans le même sens. Mais ce n’était peut-être pas le but de la journée?

  8. Mr Jami,

    J’ai deux choses à dire sur la question de la ville lente.

    C’est reducteur de parler de lenteur comme mesure de vitesse. Bien entendu que les gens pourront aller plus vite dans une ville dite lente. Il faut dire que la solidairité se sont les gens qui la font.

    L’étalement urbain est aussi grave que les ghéttos, Densifier ce qui existe dejà, c’est déja un signe fort contre la mise à l’écart qui s’opère dans nos villes européennes. ( banlieux). La ville c’est uen constante mutation. mais dernièrement on n’assite a l’étalement urbain qui tue l’identité des villes. L’urbain sans limite, c’est favorisé des non lieux, et des non gens. Le débat peut prendre beaucoup de temps. mais pour moi qui ne suis pas un décroissant convaincu, mais plutôt un chrétien socialiste ( enfin dans la mesure du possible) je trouve qu’il y a des solutions pour enfin crée des villes plus humaines ( en échelle et en réseau).

    Dans mon blog je parle d’urbabel. c’est un peu la réference biblique sur la tour de babel
    qui se traduit dans nos mégapoles. il y a un risque social dans les megapole, on le voit tous les jours à Paris.

    bonne journée.

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