Faite tomber Blocher le 12 décembre

Le milliardaire Christoph Blocher et son parti mènent aujourd’hui, à coups de millions de source non déclarée, une campagne de type plébiscitaire autour de la personne de leur chef, axée sur la présence «indispensable» de celui-ci au Conseil fédéral.

Xénophobie et racisme, sordide fond de commerce de l’UDC, s’étalent outrageusement dans ses campagnes d’affichage à gros budget.

Dans ce contexte, l’éviction de Christoph Blocher du Conseil fédéral est devenu un enjeu symbolique et politique réel, même si celle-ci ne suffira pas, ni à affaiblir durablement l’UDC, ni à «déblocheriser» ce pays.

Relever ce défi-là passe en effet par la reconstruction, dans la durée, de nouvelles solidarités sur tous les terrains, contre toutes les formes d’exploitation, d’exclusion ou d’oppression. C’est le seul contre-feu réel à la désignation incessante et abusive de boucs émissaires: étrangers-ères, réfugié-e-s, sans-papiers, salarié-e-s au chômage, personnes handicapées… comme prétendus responsables de la précarité croissante générée par ce système et renforcée par la politique économique et antisociale de la droite, dont l’UDC est un des principaux moteurs.

Néanmoins, dans l’immédiat, les trois élu-e-s de la gauche de la gauche, qui ont combattu tout au long de la législature la politique antisociale de l’UDC et des ses acolytes, majoritaires au parlement, ont décidé de rendre public l’engagement suivant:

Lorsque sera soumis à l’Assemblée fédérale la réélection du Conseiller fédéral Christoph Blocher, nous voterons – sans condition – pour tout candidate ou candidat susceptible de lui barrer la route du gouvernement.

C’est sans illusions aucunes que nous voterons y compris pour une candidature émanant de partis qui reprennent, au quotidien, de larges pans du programme UDC.

Il y a 4 ans, nous avons refusé d’apporter nos suffrages à la coalition qui aurait dû, sur le papier faire réélire Ruth Metzler au Département fédéral de justice et police, contre Blocher. Aujourd’hui, nous sommes prêts à apporter nos suffrages à tout candidat-e susceptible de lui barrer la route.

Nous appelons par contre tous les partis et tous les candidat-e-s aux élections en cours à avoir le courage et l’honnêteté politique de prendre clairement et publiquement position aujourd’hui sur cette question, comme nous le faisons ici. Sans attendre les tractations de coulisse au Palais fédéral en décembre. Sans se réfugier derrière cet inadmissible «vote secret», qui a permis à Blocher d’être élu il y a 4 ans, grâce aux défections dans le camp soutenant officiellement la candidate PDC qui lui était opposé.

Les citoyen-ne-s de ce pays ont le droit de savoir aujourd’hui :

* Quel parti osera présenter une candidature au Conseil fédéral contre Christoph Blocher?

* Quels futures élu-e-s s’engagent à voter contre lui?

Josef Zisyadis avec ses deux collègues Marianne Huguenin et Pierre Vanek