La table du Traité était un tapis volant

Table traité Lausanne

Etrange destin de table, que celle du Traité de Lausanne du 24 juillet 1923. Autour d’elle, s’étaient assis des Grecs, des Turcs, des Serbes, des Croates, des Slovènes, des Roumains et les grandes puissances de l’époque. Les Kurdes et les Arméniens y furent absents… et pour cause.

La table était propriété de l’Etat de Vaud (canton suisse dont la capitale est Lausanne), jusqu’à ce qu’un voyage présidentiel suisse tout récent en Turquie modifie cette propriété soudainement en propriété confédérale.

Le Canton de Vaud, qui devait être fier de posséder cette table historique, comme d’ailleurs de posséder (indirectement) le Château d’Ouchy, où une plaque commémorative y est apposée, s’est débarrassé de cet encombrant objet, sans sourciller.

Et voilà, la table du Traité, partie pour la Turquie, en cadeau officiel pour « consolider les relations » entre la Suisse et la Turquie.

C’est ce que la Suisse appelle la diplomatie active. Lorsqu’on signe un traité dans notre cher pays neutre, quelques années plus tard, les éléments symboliques de ce traité vont donc se retrouver chez l’un des partenaires de ce traité. A choix. En fonction des intérêts du moment.

Notre Ministre des affaires étrangères appelle cela « un contexte muséographique ». Nous, nous appelons cela de la politique du tapis volant… ou volé aux habitants de notre pays qui ont accueillis cette conférence internationale.

Et ne vous demandez pas pourquoi des Arméniens ou des Kurdes la trouvent saumâtre cette politique sélective sans respects pour les symboles les plus élémentaires…