Allocation universelle: le refus socialiste

revenu universel

Il y a une blague qui circule chez les "indignados" d’Espagne, de Grèce et d’ailleurs: "La gauche, c’est où ? Au fond à droite…".

A voir le résultat du vote en commission sur mon initiative parlementaire demandant l’instauration de l’allocation universelle en Suisse, on se demande quelle mouche a piqué les commissaires socialistes qui se sont opposés (sauf une) à cette idée.

Le plus étrange est que le parti socialiste suisse a inscrit dans son dernier programme "de gauche !", le projet d’un revenu universel inconditionnel et sans contre-prestations.

De plus, ce matin dans le Matin Dimanche, l’économiste Samuel Bendahan, membre du PS (conseiller communal aussi à Lausanne) et professeur HEC à l’Université de Lausanne défend cette idée du revenu fixe de 2500 francs à vie.

Qu’est-ce à dire. Qu’il y a de la friture sur la ligne ? Que les décisions de congrès sont une chose et la politique parlementaire une autre ?

Il reste que si tous les commissaires socialistes avaient voté avec les 3 verts et les 2 bourgeois, le résultat en commission auraient été de 10 contre 15… Pour un premier débat parlementaire sur une proposition aussi novatrice, cela aurait eu de la gueule.

Bref, à moins d’une totale surprise, le Parlement risque bien de renvoyer aux calendes grecques ma proposition cette semaine.

Pour une allocation universelle suffisante pour vivre

DroitRevenu

La Confédération institue une allocation universelle ou un revenu suffisant d’existence versé inconditionnellement, c’est à dire sans justification de ressources, à tout individu, de sa naissance à sa mort, du seul fait qu’il existe. Pour l’instant ce n’est qu’une proposition au Parlement . Et ci cela devenait un jour une réalité ?

L’allocation universelle désigne le versement d’un revenu unique à tous les citoyens d’un pays, quels que soient leurs revenus, leur patrimoine, et leur statut professionnel: ce revenu permettrait à chaque individu de satisfaire ses besoins primaires (se nourrir, se loger, se vêtir, voire acquérir certains biens culturels de base), et laisserait l’individu libre de mener ensuite sa vie comme il l’entend.

Cette allocation doit permettre à chaque personne de poursuivre des activités non-marchandes s’inscrivant dans le cadre de la vie associative et créer des richesses non monnayables, utiles à la recomposition du tissu social, soit un rapport non marchand avec ses semblables.

Pour l’individu, ce revenu de base alloué à chacun parce qu’il existe, calculé à partir de la richesse produite par le pays, cumulable avec les autres revenus d’activité, viendra se substituer aux revenus de transferts existants.

Pour la collectivité, ce nouveau mode de distribution de revenu, parfaitement transparent, simple à appliquer et à contrôler, assure une parfaite égalité entre tous les citoyens. Il concrétise leur appartenance à la communauté humaine. Il exprime la reconnaissance de la dignité de toute personne. Son cumul avec les autres revenus supprime le handicap des seuils de pauvreté et n’est pas une désincitation au travail, toute activité rémunérée générant un revenu supplémentaire.

La collectivité reconnaît ainsi la valeur économique et sociale du travail gratuit, tout particulièrement du travail domestique, d’autant qu’il exonère la société d’importants coûts d’infrastructures et de services à la personne particulièrement onéreux.

Et si Brabeck avait raison…

eau qui tombe du ciel

Je ne parle pas de l’infiltration et du flicage sous-traité à Securitas… mais de cette phrase anodine:

« L’Afrique du Sud a mis en place un bon système: les autorités attribuent gratuitement 25 litres d’eau par personne et par jour, 5 litres pour boire 20 litres pour l’hygiène basique, et le reste doit être payé. »

Si je comprends bien Peter Brabeck, le président de Nestlé dans cet article paru dans l’AGEFI, il faut étendre les zones de gratuité et donc taxer le mésusage.

Concrètement: il faut que la gratuité de l’eau pour la vie basique soit reconnue comme une sorte de droit de l’homme sur toute la planète, tandis que remplir sa piscine privée doit être taxé de manière forte.

Allons un peu plus loin: et si le gaz, l’électricité, le toit/le logement, les transports publics étaient gratuits pour tous les êtres humains jusqu’à une certaine limite d’usage et que le mésusage de tous ces moyens soient renchéris lorsque cette limite est dépassée ?

Plus loin encore: Si nous adoptions le principe d’un revenu inconditionnel pour tous, on pourrait alors mettre en place un revenu maximum autorisé.

C’est bien cela que vous avez voulu dire M.Brabeck ?