Le Parlement avalise l’infusion de bois dans le vin AOC

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Raté, encore raté. C’est la quatrième fois que j’interviens sur la question au Parlement, mais décidément c’est non à l’interdiction des copeaux de bois dans les vins suisses d’appellation d’origine contrôlée (AOC)

Je sais bien que j’aurais dû intituler ma motion autrement, du style « Pas de tristesse dans le vin ». C’est pourtant bien la quatrième intervention parlementaire que je fais sur cette question des copeaux de bois et, à chaque fois, je mets toujours plus d’eau dans mon vin… Rien n’y fait face à la majorité bourgeoise.

Pourtant ma motion était tout à fait circonscrite : elle demandait qu’en Suisse, uniquement pour les vins d’appellation d’origine contrôlée (AOC), on ne les aromatise pas avec des copeaux de bois.

Il ne s’agissait pas de tous les vins suisses, car ceux qui aiment cela pourront continuer à boire des vins aromatisés avec des copeaux. On pourra même acheter des vins étrangers aromatisés avec des copeaux, même si on ne sait pas qu’il y a des copeaux dedans…

Non, je demandais juste que lorsqu’on achète un vin suisse AOC, on sache que dans tous les cantons en Suisse, il n’y a pas d’aromatisation avec des copeaux de bois.

Nous sommes devant un combat qui est une question éthique. Il est grand temps de dire stop à une forme d’industrialisation des méthodes de vinification. Les copeaux de bois sont la porte ouverte à l’aromatisation chimique, puisque l’on trouve déjà sur le marché des copeaux aromatisés à la vanille, aux agrumes, etc.

La suite logique sera peut-être qu’un jour nous aurons des copeaux artificiels, qui sont déjà autorisés aux Etats-Unis, afin d’avoir un vin régulier, qui a toujours le même goût, la même couleur, indépendamment du terroir et du millésime. Tout cela, c’est de la tristesse du vin ! ET vive la marchandisation du vin !

Les partisans de l’emploi des copeaux prétendent que c’est important pour la concurrence. Ce n’est pas vrai. La vraie concurrence serait justement que la Suisse dise très clairement à la face de toute la planète: « Quand vous achetez un vin AOC suisse, vous êtes sûrs qu’il n’y a pas de copeaux de bois. »

Le vignoble suisse est un vignoble de montagne, de petites parcelles souvent difficiles à travailler. On a des paysages magnifiques et des vins de caractère et d’excellente qualité. Chaque région a un terroir, une typicité, des cépages locaux de renommée mondiale. Pensons à des vins du Valais, par exemple, vinifiés par des vignerons qui sont heureux de partager leur passion avec les consommateurs. Alors pourquoi gommer cette richesse en autorisant l’utilisation de copeaux de bois ?

Nous sommes fiers d’avoir des vins qui sont bien élevés – bien élevés dans tous les sens du terme – et nous ne voulons pas que ce soient des vins fabriqués.

Il y a des pays où cette interdiction est déjà en vigueur. En Espagne, dans toute la Rioja, on interdit l’utilisation des copeaux de bois. Cela donne immédiatement une couleur, une marque de fabrique.

Pourquoi la Suisse ne pourrait pas décider que, sur l’ensemble de son territoire, les vins AOC sont vinifiés sans copeaux de bois ?

La majorité du Parlement 90 contre 71 n’en a pas voulu de cette motion. Tristesse.

En pleine crise: aromatisons notre vin

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Les conséquences de la crise financière vont être patentes rapidement sur notre consommation quotidienne de vin. La réponse est dans la mondialisation du vin, dans l’engagement individuel pour le colorer, l’aromatiser. C’est la liberté !

Evidemment, les censeurs, les rabat-joie habituels, les anti de tout poil se mettront à faire des propositions d’interventions parlementaires. Laissons-les dans leurs jérémiades sempiternelles.

L’avenir est là, sous nos yeux:

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L’avenir est radieux, les vignerons sont fous de continuer leur métier passéiste.