Cassis de Dijon: potion néo-libérale pour un référendum

stop_bolkestein01_320

En Suisse romande, on utilise le Cassis de Dijon pour rendre buvable un mauvais vin blanc. La politique du Conseil fédéral et du Parlement décidée hier dans une Sainte-Alliance radicalo-socialo-chrétienne veut soigner l’apparence, mais elle n’enlèvera pas les aigreurs d’estomac !

Jusqu’ici, l’augmentation de la concurrence a surtout provoqué la perte d’emplois, dans la filière agroalimentaire notamment. La baisse des prix au producteur sans réduire les coûts de production tout en augmentant les coûts pour les consommateurs, c’est la réalité quotidienne.

L’application du principe du « Cassis de Dijon » n’aura que peu d’impact sur l’abaissement des coûts notamment pour l’agriculture. Le consommateur verra son droit à l’information réduit tout en n’étant en rien assuré que le prix à la consommation sera diminué. Enfin, les discriminations entre producteurs sont à prévoir en cas d’application stricte du principe du « Cassis de Dijon ».

Cela devient tortueux de suivre les tergiversations du Conseil fédéral: pas d’adhésion à l’Europe, mais tentative de trouver des solutions hybrides. Et là nous avons la panacée: tout simplement l’application unilatérale d’une législation européenne sans négociation…

Les salariés, les paysans, les consommateurs sont fatigués d’être devenus les cobayes de la libéralisation.

Vouloir en permanence distiller dans l’esprit du citoyen qu’il est toujours possible de trouver moins cher démontre une totale irresponsabilité de la part de tous ceux qui veulent s’attaquer au soi-disant « îlot de cherté » de la Suisse.

D’un côté des normes sévères chez nous, de l’autre l’ouverture d’esprit qui incite à aller acheter ailleurs pour payer moins cher, et peu importent les conséquences sociales et écologiques sur les lieux de production ou l’impact sur le climat, avec des transports aberrants.

Est-ce que l’objectif du Conseil fédéral est de faire en sorte que les salaires des travailleurs, des employés, des enseignants soient mis au niveau de ceux pratiqués dans l’Union européenne, de la même manière qu’il s’évertue à le faire pour le revenu des familles paysannes ? Ballon d’essai ?

L’application du principe du « Cassis de Dijon », c’est en quelque sorte l’application de la directive Bolkestein, notamment à l’agriculture suisse.

La quasi-totalité du groupe socialiste est venu au secours des libéraux-radicaux et du PDC sur la voie de cette politique néo-libérale. Cela revient indirectement à donner son accord pour que les salariés de Suisse aient les mêmes salaires que les salariés polonais ou roumains. Rien d’autre !

La cohérence exige de s’opposer à ce projet fondamentalement néolibéral par la voie référendaire avant que la potion devienne imbuvable.