PS: Bodenmann met le doigt là où ça fait mal…

PS

La lettre ouverte de Peter Bodenmann, ancien président du PSS, à Christian Levrat met le doigt sur les récentes défaites successives des sociaux-démocrates suisses.

La direction du PSS se démène pour se montrer la plus compétente, la plus rapide, la plus efficace dans les solutions à la crise. Des plateaux médiatiques de choix sont servis à cet effet, mais rien n’y fait. La crise ne dope pas le PS. Bien, au contraire, ce sont encore et encore, les Verts et l’UDC qui continuent leur lent grignotage.

Bodenmann a raison de mettre en cause la stupidité de la défense du secret bancaire et la politique environnementale ridicule poursuivie par le PSS au Conseil fédéral. Sans parler de l’envoi de troupes suisses à l’étranger.

Il reste cependant l’essentiel, la ligne totalement sociale-libérale poursuivie derrière les effets de manche médiatique. Pourquoi choisir le PSS sur le marché électoral, si d’autres remplissent à merveille ses parts de programme ?

Politique sécuritaire ? Ils cliquent sur UDC
Anti-militarisme de base, pacifisme, ils cliquent sur les Verts
Ecologie ? ils cliquent sur les Verts
Refus du secret bancaire ? ils cliquent sur les Verts

Pourquoi choisir la copie à l’original ? Pour l’instant, élections après élections, ce sont les courants de fond observés.

Et ils sont déterminés largement par le fait que le PS est un parti du système, intégré au consensus politique, adaptateur de politique sociale-libérale, participant actif à un gouvernement de droite et d’extrême-droite.

Tout le reste n’est que gesticulations pour la galerie. Lorsque les gens veulent voter anti-système au coeur de cette crise financière et de valeurs, ils choisissent Verts ou UDC. cela fait mal, mais c’est ainsi.

Et la gauche de la gauche dans tout cela ? Absente, nationalement inexistante, enfermée dans son sectarisme d’organisation. Au moment où tous les remises en questions fondamentales du système capitaliste reviennent sur le devant de la scène, la gauche alternative et d’opposition se met aux abonnés absents, sans aucune volonté de travail unitaire comme « Die Linke » en Allemagne ou le « Front de Gauche » en France.

Il n’est cependant pas impossible que de ce désastre de perspectives, sorte quelques propositions qui redonnent de la voix à une Gauche anti-libérale… Urgence, il y a, encore faut-il avoir envie de la porter dans les milieux populaires.

Blocher réélu, que ferait le PS ?

La direction du PSS déclare à tout vent qu’elle ne votera pas Blocher le 12 décembre. Bien, mais ce n’est pas le problème, ou alors ce n’est qu’une partie du problème…

Si Blocher est malgré tout réélu par la coalition UDC-radical-PDC, le PSS osera-t-il cette fois encore continuer la collaboration au Conseil fédéral comme en 2003 ?

Le silence assourdissant à cette question fondamentale dans la période pré-électorale est en train de saper la campagne socialiste.

Tout d’abord, elle donne des ailes aux Verts. Non à cause de la clarté de leur position sur cette question, mais tout simplement parce que les Verts ne sont pas à l’exécutif fédéral et jouent de leur position extérieure pour parfaire leur virginité politique, alors qu’ils rêvent de mettre le pied dans le consensus helvétique.

Ensuite, le silence de la direction du PSS sur cette affaire fait le jeu de l’UDC, qui n’hésite pas, elle, à proclamer haut et fort que la non-réélection de leur Führer les conduira dans l’opposition.

Il est grand temps que le PSS dise clairement ce qu’il va faire. C’est pour cela aussi qu’il faut que la gauche de résistance se renforce le 21 octobre. Relais des luttes, relais d’une opposition populaire, la gauche de gauche a un rôle historique à jouer dans la période tourmentée qui s’ouvre. Il se pourrait bien que ce vote-là soit utile aussi aux socialistes de gauche et aux écologistes de gauche.