A propos des échecs répétés de la gauche

engrenage

Les échecs de la gauche ne désarçonnent pas que les militants. Dans la population, une sourde inquiétude semble poindre comme si il était automatique que la gauche se renforce au coeur de cette crise de ce système.

Il y a bien sûr la sempiternelle question de l’unité de ceux et celles qui se proclament de la transformation sociale. Mais ce n’est qu’une facette du problème.

Et si la question était: peut-on faire vivre une vraie gauche sans user, utiliser, abuser des mêmes filets et hameçons que la sociale-démocratie ?

Deux courants de la gauche combative répondent, soit par une recherche de pureté révolutionnaire, soit par une présence institutionnelle dans l’attente de temps meilleurs…

Il y a quelques années, le POP vaudois avait organisé une opération-commando destinée à voler quelques 20.000 lettres de l’Etat de Vaud qui devaient signifier des refus ou des baisses de subsides d’assurances maladie. Ces lettres se sont retrouvées le lendemain sur le bureau du Parlement. Le soutien populaire fut instinctif pour une gauche qui pour une fois cessait de se payer de mots.

Pourquoi les militants de la gauche de résistance n’ont pas tenté d’organiser une occupation des sièges de l’UBS ? Pourquoi la gauche ne bloque-t-elle pas les caisses des supermarchés pour que les exclus puissent tenir le coup les fins de mois ? Quand donc la gauche qui se dit écosocialiste bloquera les centres-villes même pour quelques heures pour en faire des centres sans voitures ?

Si une gauche devait émerger, elle ne pourra se construire que sur la base de nouvelles pratiques politiques, faites d’actions directes, de résistances symboliques et de constructions de contre-pouvoirs.