Pourquoi des socialistes veulent baisser l’impôt des riches ?

fauteuille
Les 2/3 du groupe socialiste sont entrés en matière sur la baisse d’impôt proposée par Hans-Rudolf Merz. Ils ont même refusé le renvoi proposé par quelques syndicalistes du PS.

Soyons clair: les ménages qui vont profiter de cette baisse d’impôt voulue par la droite, seront ceux qui ont un revenu de plus de 150.000 frs.

Par contre, les familles qui ont un revenu moyen n’auront au plus qu’une baisse de 3 cafés par mois !

Alors de deux choses l’une: ou la majorité des députés socialistes suisses a perdu la tête, ou alors ils sont les vrais défenseurs de leur nouvelle classe, ces fameux « bobos » qui font progresser les scores de la gauche partout dans le pays…

Et 600 millions de moins dans les caisses publiques pour quoi faire ? Réduire le service public ? Baisser les aides sociales en période de crise ?
Payer la crèche et la garderie des riches ?

Dans ce pays, il y a si peu de résistance populaire organisée, que les partis qui s’affichent à gauche ne prennent même plus de gants pour cacher leur politique.

A propos des échecs répétés de la gauche

engrenage

Les échecs de la gauche ne désarçonnent pas que les militants. Dans la population, une sourde inquiétude semble poindre comme si il était automatique que la gauche se renforce au coeur de cette crise de ce système.

Il y a bien sûr la sempiternelle question de l’unité de ceux et celles qui se proclament de la transformation sociale. Mais ce n’est qu’une facette du problème.

Et si la question était: peut-on faire vivre une vraie gauche sans user, utiliser, abuser des mêmes filets et hameçons que la sociale-démocratie ?

Deux courants de la gauche combative répondent, soit par une recherche de pureté révolutionnaire, soit par une présence institutionnelle dans l’attente de temps meilleurs…

Il y a quelques années, le POP vaudois avait organisé une opération-commando destinée à voler quelques 20.000 lettres de l’Etat de Vaud qui devaient signifier des refus ou des baisses de subsides d’assurances maladie. Ces lettres se sont retrouvées le lendemain sur le bureau du Parlement. Le soutien populaire fut instinctif pour une gauche qui pour une fois cessait de se payer de mots.

Pourquoi les militants de la gauche de résistance n’ont pas tenté d’organiser une occupation des sièges de l’UBS ? Pourquoi la gauche ne bloque-t-elle pas les caisses des supermarchés pour que les exclus puissent tenir le coup les fins de mois ? Quand donc la gauche qui se dit écosocialiste bloquera les centres-villes même pour quelques heures pour en faire des centres sans voitures ?

Si une gauche devait émerger, elle ne pourra se construire que sur la base de nouvelles pratiques politiques, faites d’actions directes, de résistances symboliques et de constructions de contre-pouvoirs.

Europe: Déroute des socio-démocrates

arton567

Les élections européennes consacrent un véritable camouflet pour les socialistes-libéraux. La droite et l’extrême-droite sortent vainqueurs. La désunion de la gauche radicale est partout un handicap.

Bon, il n’y a pas de quoi pavoiser. Les résultats de l’élection au Parlement européen sont un désastre pour les intérêts populaires et les exclus du Capital. La droite gagne partout du terrain et l’extrême-droite xénophobe et fascisante acquiert une respectabilité au centre de l’Europe-forteresse.

Qui pait le prix de cette secousse en pleine crise économique ? Essentiellement les forces sociales-libérales qui n’ont fait qu’accompagner les intérêts du capitalisme financier.

Le désintérêt populaire pour cette consultation (moins de 50% de participation) n’est qu’un élément supplémentaire de désapprobation de forces politiques qui ne sont que les pâles copies de la droite. Il est de notoriété publique que 80% des votes ont vu le consensus du PSE (européen) et du Parti populaire européen (droite majoritaire) !

Il se confirme que les Verts sont en passe de concurrencer sérieusement le PSE sur le terrain de la nouvelle régulation capitaliste. La « sortie de crise » par le capitalisme vert a plus d’impact au coeur des inquiétudes climatiques, que la vielle réthorique poussive socialiste sur le pouvoir d’achat.

Et la gauche anti-capitaliste dans tout cela ? Quelques soubresauts, quelques avancées aussi marginales qu’inaudibles. Ce qui frappe encore et toujours: l’incapacité de cette gauche de s’unir, de travailler ensemble dans les différences, de donner un élan unitaire à tant d’attentes populaires orphelines. Il aurait suffit de s’unir et une dynamique s’enclanchait. Encore raté, caramba !

On ne l’avait pas dit ?

Ce matin, je me suis souvenu que pendant la campagne électorale du canton de Vaud de mars 2007, j’avais soutenu que la droite vaudoise, si elle gagnait, allait:

1. Relever le taux hypothécaire de la BCV
2. Liquider UNICIBLE en le refilant hors du canton
3. Poursuivre la privatisation du Service des Autos

Bizarre. Elle l’a fait.

Il y a une différence entre la droite et la gauche quand elle vient au pouvoir… Son programme, elle le réalise, elle.

Et dire que des citoyens me disaient que j’exagérais encore.