Pour une allocation universelle suffisante pour vivre

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La Confédération institue une allocation universelle ou un revenu suffisant d’existence versé inconditionnellement, c’est à dire sans justification de ressources, à tout individu, de sa naissance à sa mort, du seul fait qu’il existe. Pour l’instant ce n’est qu’une proposition au Parlement . Et ci cela devenait un jour une réalité ?

L’allocation universelle désigne le versement d’un revenu unique à tous les citoyens d’un pays, quels que soient leurs revenus, leur patrimoine, et leur statut professionnel: ce revenu permettrait à chaque individu de satisfaire ses besoins primaires (se nourrir, se loger, se vêtir, voire acquérir certains biens culturels de base), et laisserait l’individu libre de mener ensuite sa vie comme il l’entend.

Cette allocation doit permettre à chaque personne de poursuivre des activités non-marchandes s’inscrivant dans le cadre de la vie associative et créer des richesses non monnayables, utiles à la recomposition du tissu social, soit un rapport non marchand avec ses semblables.

Pour l’individu, ce revenu de base alloué à chacun parce qu’il existe, calculé à partir de la richesse produite par le pays, cumulable avec les autres revenus d’activité, viendra se substituer aux revenus de transferts existants.

Pour la collectivité, ce nouveau mode de distribution de revenu, parfaitement transparent, simple à appliquer et à contrôler, assure une parfaite égalité entre tous les citoyens. Il concrétise leur appartenance à la communauté humaine. Il exprime la reconnaissance de la dignité de toute personne. Son cumul avec les autres revenus supprime le handicap des seuils de pauvreté et n’est pas une désincitation au travail, toute activité rémunérée générant un revenu supplémentaire.

La collectivité reconnaît ainsi la valeur économique et sociale du travail gratuit, tout particulièrement du travail domestique, d’autant qu’il exonère la société d’importants coûts d’infrastructures et de services à la personne particulièrement onéreux.

Dès aujourd’hui, les bus seront gratuits à…

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Non, ce n’est pas à Lausanne… Mais ce vendredi 15 mai, Aubagne devient la première ville des Bouches-du-Rhône, et l’une des premières en France, à instaurer la gratuité totale de son réseau de bus.

Plus besoin d’acheter de ticket ou de carte : le réseau est ouvert gratuitement à tous les usagers qui voyagent à travers les 12 communes du Pays d’Aubagne et de l’Etoile.

Bon, je sais bien que c’est la moitié de l’agglomération lausannoise, mais c’est tout de même 100.000 habitants.

C’est surtout une mesure d’ensemble avec une cohérence. Pas chichiteuse, bureaucratique et évidemment compliquée comme celle choisie pour la Municipalité de Lausanne pour quelques scolarisés. Bref, une vraie démarche d’extension de gratuité pour tous et toutes: un nouveau service public.

Ils ont de quoi faire la fête dans le pays d’Aubagne ce week-end !

A quand une initiative populaire pour la gratuité de tous les transports publics dans le canton, financés par les entreprises et solidairement ?

Et si Brabeck avait raison…

eau qui tombe du ciel

Je ne parle pas de l’infiltration et du flicage sous-traité à Securitas… mais de cette phrase anodine:

« L’Afrique du Sud a mis en place un bon système: les autorités attribuent gratuitement 25 litres d’eau par personne et par jour, 5 litres pour boire 20 litres pour l’hygiène basique, et le reste doit être payé. »

Si je comprends bien Peter Brabeck, le président de Nestlé dans cet article paru dans l’AGEFI, il faut étendre les zones de gratuité et donc taxer le mésusage.

Concrètement: il faut que la gratuité de l’eau pour la vie basique soit reconnue comme une sorte de droit de l’homme sur toute la planète, tandis que remplir sa piscine privée doit être taxé de manière forte.

Allons un peu plus loin: et si le gaz, l’électricité, le toit/le logement, les transports publics étaient gratuits pour tous les êtres humains jusqu’à une certaine limite d’usage et que le mésusage de tous ces moyens soient renchéris lorsque cette limite est dépassée ?

Plus loin encore: Si nous adoptions le principe d’un revenu inconditionnel pour tous, on pourrait alors mettre en place un revenu maximum autorisé.

C’est bien cela que vous avez voulu dire M.Brabeck ?

Gratuité des transports publics: l’exemple belge

Voici la lettre de lecteur qu’Olivier Morattel a fait paraître hier dans 24 heures:

 alt=« A quelques jours des élections cantonales vaudoises, nous considérons qu’il est intéressant d’élargir le débat, en expliquant le concept de mobilité de la ville belge de Hasselt, qui est effectif depuis le 1er juillet 1997.

En effet l’exemple de Hasselt démontre, avec clarté, le bien fondé et la faisabilité de notre projet de rendre gratuit les transports publics vaudois.

Une ville comparable à Lausanne

Hasselt est une ville de Flandre, capitale de la province du Limbourg. Elle compte 68.000 habitants et se trouve être le centre névralgique d’une région de 800.000 habitants. Les grandes villes de cette région sont Maastricht, Liège ou encore Aix-La-Chapelle. Elle est un grand centre universitaire et une ville de commerces et de services. C’est une ville qui peut-être comparée à Lausanne!

En 1997, Hasselt pour faire face à une intense circulation routière et pour conserver un centre-ville vivant et convivial, a décidé d’aborder autrement la problématique de la mobilité. Le gris (le béton) devait laisser la place au vert.

L’avenue circulaire qui fait le tour du centre-ville – le « petit ring » – est devenu un Boulevard vert. Cette voie a été transformée et l’espace ainsi regagné a permis d’aménager des sentiers piétonniers et des pistes cyclables bien larges. Sur le Boulevard vert et aux alentours ont été plantés 450 arbres et des milliers d’arbustes. La circulation locale est orientée vers des terrains de parking et le trafic de transit est aiguillé en dehors du ventre via le « grand ring ».

Grande amélioration pour l’écologie

Une mesure plus spectaculaire a été d’opter pour des autobus gratuits et l’amélioration du réseau d’autobus en juillet 1997. Depuis cette date, les autobus, dont le parc a été renouvelé, sont trois fois plus nombreux à circuler tous les jours dans Hasselt. Ils effectuent six fois plus de voyages sur des lignes dont le nombre a doublé. Ainsi le nombre d’utilisateurs de ces transports en commun a été multiplié par huit.

Les avantages de cette politique pour l’environnement et la sécurité routière sont réels. Il y a moins d’accidents, les automobilistes sont moins rapides et la voiture est moins souvent employée pour les déplacements en ville. Au cours d’une enquête, 16 % des utilisateurs actuels de l’autobus déclarent qu’avant, ils auraient opté pour la voiture.

La nouvelle politique de mobilité de Hasselt fait donc coup double. La ville est le centre conservent une accessibilité optimale et l’atmosphère est meilleure!

Nous pouvons encore ajouter que grâce à sa politique de mobilité novatrice, Hasselt peut se vanter d’être devenu le quatrième centre commercial de Belgique. »

Olivier Morattel, membre du comité directeur du POP & Gauche en mouvement

Icare, fable pour la gratuité des transports

Reçu ce week-end deux petits fascicules de Patrick Moser: des nanotextes. Les nanotextes sont un genre littéraire particulier, un nouveau style de nouvelles, qui se lisent entre les lignes. Patrick Moser s’est installé dans cette forme, notamment dans son recueil « Tu ne voleras pas », paru aux Editions Castagniééé. Tiens, un certain Yann Gerdil-Margueron (journaliste-réalisateur du Feuilleton de la RSR) semble aussi s’inscrire dans ces micro-textes avec « Le Bruit de la pelle ».

La nouvelle de Patrick Moser intitulée « Icare » est une ode, une fable à  la gratuité des transports publics: le parcours, la résistance d’un homme seul contre la machinerie de la billeterie et des contrôles. Tiens, on pourrait distribuer cette nouvelle dans les bus pour lancer le débat su la nécessaire gratuité du réseau !