Gaza 1956, la haine plantée…

Gaza 1956

En marge du blocus actuel, le pavé de Joe Sacco, intitulé « Gaza 1956 » nous ramène à un pan méconnu de l’histoire palestinienne. Le dessinateur de cette BD mène son enquête sur le massacre de Palestiniens à Rafah et Khan Younès durant la guerre de Suez. Ces événements ont eu lieu les 3 et 12 novembre 1956. Plus de 400 palestiniens ont été massacrés par l’armée israélienne.

L’enquête de Joe Sacco, car il s’agit d’une vraie enquête minutieuse, a été menée entre 2002 et 2003. Elle vient de sortir pour sauver ces morts des oubliettes de l’histoire. Cette bande dessinée est dense, 400 pages de belle facture. L’auto-dérision de l’enquêteur permet une respiration sur cette suite de tragédies. La haine a été plantée dans les coeurs depuis si longtemps…

Gaza: manifester à Berne, un devoir d’humanité

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Il n’y a désormais plus de mots pour décrire ce carnage, cette boucherie génocidaire. La complaisance internationale face à un million et demi de Palestiniens pris en otage par un Etat voyou dépasse l’entendement.

Pendant que les Etats et leurs gouvernements jouent les Ponce Pilate, c’est aux peuples du monde qu’il revient le devoir de crier le refus de cet assassinat collectif.

Partout dans le monde, ce samedi 10 janvier, les pacifistes défileront, protesteront, diront leur solidarté avec un peuple meurtri.

Rejoindre la manifestation de Berne est un devoir d’humanité pour le pays détenteur de la signature de la Convention de Genève.

Gaza: il n’y a pas que le blocus israélien

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Je suis rentré mercredi dans la nuit. Difficile de décrire la situation de cette prison ouverte. Les mots me manquent. Mes nuits voient défiler les visages et les instants de ce désastre humain. Un million et demi d’habitants enfermés dans une bande côtière: il faut s’imaginer toute la Suisse romande entassée entre Genève et Morges.

Nous avons réussi à casser le blocus israélien avec les 13 parlementaires. Nous avons pu apporter cette tonne de médicaments. C’était à la fois dérisoire et nécessaire. Mais la réalité sur place dépasse tout entendement.

Ce matin encore, aucune nourriture, notamment la farine, n’a pu passer les frontières. L’électricité va manquer cruellement. Bref, l’état sanitaire, social et économique de la population est en dégradation constante. Les organisations humanitaires sont dans l’incapacité de répondre aux besoins les plus élémentaires.

Il y a le blocus israélien constant, violent. Mais il y a le blocus égyptien tout aussi scandaleux. Depuis juin 2007, la frontière n’a été ouverte que trois fois à Rafah. Les autorités égyptiennes ont refusé le passage de la délégation de 53 parlementaires européennes que nous projetions, ce qui nous a obligé de partir par frégate depuis Chypre.

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Il faut voir les tunnels creuser à quelques centaines de mètres de la frontière égyptienne. Des dizaines de tunnels, parfois d’une profondeur de trente mètres. Des tunnels dangereux, instables, menaçant de s’écrouler à tout instant, parfois gazés par les militaires égyptiens. Et pourtant, c’est de ces tunnels immondes que passent une partie indispensables des vivres, des médicaments, de l’essence. Ils sont l’objet de tout un trafic noir. On parle de prix démentiels multipliés par trois pour toutes les marchandises. La vie à Gaza est désormais plus chère qu’à Genève. Je vous invite à lire le témoignage d’Eugènie Rébillard paru dans l’hebdo Politis de cette semaine.

Il y a finalement aussi le blocus inter-palestinien, celui du Fatah de Cisjordanie, qui contrôle une partie de l’aide internationale. La division entre Gaza et Ramallah ne fait que renforcer le blocus israélien. Le Monde Diplomatique d’octobre par la voix de la journaliste israélienne Amira Hass décrit avec précision cette situation de double autorité.

Certes, nous avons été accueilli à notre descente de bateau par les autorités issues du Hamas. Et alors ? Au nom de quoi, nous devrions refuser de discuter avec ceux qui ont gagné les élections dans cette partie de la Palestine. Mais je me rappelle encore de ce prêtre catholique qui nous accueilli aussi, comme des rencontres avec les représentants de la société civile, des forces de gauche. Car la vie démocratique est une constante de la Palestine, malgré ceux qui tentent de la faire taire.

Pour l’immédiat, il y a un devoir de solidarité. Pour desserrer l’étau. Quelques projets de modestes coopérations ou jumelages en matière sanitaire et scolaire entre la Suisse et Gaza pourraient se mettre en place. Inchallah.

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Le siège de Gaza a trop duré: un bateau pour rompre le blocus

FreeGaza

Vendredi 7 novembre, la SS DIGNITÉ part de Larnaca (Chypre), à destination de Gaza. 13 parlementaires d’Angleterre, d’Irlande, d’Italie, de Turquie, du Pays de Galles, de la Suisse et d’Ecosse, seront à bord.

Après le refus du gouvernement égyptien d’accorder l’entrée à une délégation de 53 parlementaires internationaux par Rafah, la campagne européenne pour mettre fin au siège de Gaza et le mouvement Free Gaza se sont mis ensemble pour faire de cette mission une réalité et permettre à une plus petite délégation de 13 parlementaires, l’occasion d’aller à Gaza par la mer.

La campagne européenne pour mettre fin au siège de Gaza, qui comprend plus de trente O.N.G.s et associations à travers l’Europe, est déterminée pour casser le siège et continuera de déployer ses efforts pour soutenir cette cause au sein des autorités et du public » .

Deux voyages réussis ont été entrepris à Gaza récemment, un en août et l’autre la semaine dernière afin que les participants constatent par eux-mêmes la situation difficile imposée par Israël à 1.5 million de Palestiniens.

Notre délégation de 13 parlementaires visitera des hôpitaux et fournira une tonne de fournitures médicales apportée à bord. Si tout va bien, nous pourrons rencontrer plusieurs des 700 étudiants qui ont été empêchés de quitter Gaza et d’étudier aux universités qui les ont déjà admises.