Biométrie: du refus à une victoire possible

digestible_rfid_tags

Le plus frappant dans ce vote populaire qui aura lieu en Suisse (premier pays à voter sur la biométrie dans le monde) le 17 mai est la montée d’une opposition au départ ridiculisée.

Lorsque j’ai proposé le refus d’entrée en matière dans la commission des institutions politiques (CIP) du Parlement , je me suis retrouvé seul contre 24 oui…

Ce premier dossier de la nouvelle Conseillère fédérale, Widmer-Schlumpf, visiblement piloté avec ténacité par la police fédérale, était le dossier élaboré par Blocher, pourfendeur habituel des libertés individuelles.

Le vote final au Conseil national fut plus serré que prévu: 94 contre 81 et 12 abstentions. Si tous les Verts, les PS et les UDC (qui s’opposent aujourd’hui) avaient alors voté contre, le projet était purement et simplement annulé.

Mais la campagne référendaire assez particulière, rassemblant des sans-parti, comme des encartés de tous les bords de l’échiquier politique, sans parler des fonctionnaires communaux, a pu lancer un vrai débat de société. On a parlé de 1er référendum internet. En effet, aucune force politique à elle seule n’a pu récolter les 63.000 signatures. Ce soulèvement de la base citoyenne restera l’une de ses caractéristiques.

La coalition des NON peut gagner le 17 mai. Il y a certes ceux qui en veulent à l’exagération du projet et qui demain seront prêts à admettre la simple liberté de choix…

Il y a surtout ceux qui s’inquiètent de l’emprise montante de la bio-technologie et qui est celle de la société du contrôle social généralisé. Le plus important du projet réside dans l’article 2, qui donne un total blanc-seing au Conseil fédéral pour décider des futures évolutions technologiques. Lorsque j’avais demandé à Mme Widmer-Schlumpf, comment elle pouvait accepter philosophiquement cette responsabilité future, elle n’a même pas compris les fondements de mes doutes.

En ce sens, le combat contre la biométrie est similaire à l’opposition contre les OGM, aux centrales nucléaires, aux dérives de la téléphonie mobile, à la fuite en avant sur les nanotechnologies. Il y a en germe un refus de toute mesure de précaution. Il y a surtout une délégation de pouvoir à une techno-science qui vit sans démocratie. Tout en hypothéquant l’avenir.

Le « puçage » des suisses va commencer

biométrie

Le Parlement a avalisé ce matin l’introduction des puces biométriques non seulement pour les passeports, mais pour toutes les cartes d’identité.

Ainsi, ceux et celles qui ne souhaitent ni voyager hors du pays, ni voyager avec un passeport, ni aller aux Etats-Unis, ceux et celles qui sont prêts à simplement demander un visa au cas par cas, seront obligés de se soumettre.

Ces données seront centralisées. Ces données seront accessibles à des privés. Ces données contiendront outre la photo et l’identité habituelle, une empreinte digitale. Demain, vraisemblablement, le contrôle à distance, dans la rue, sera devenu dans la normalité.

Autrefois, l’empreinte digitale était réservée aux grands malfaiteurs. Nous y serons tous astreints.

C’est une grande victoire du libéralisme, de l’étatisme, du centralisme. C’est pourquoi, les UDC, les libéraux, les radicaux, les PDC l’ont voté comme un seul homme…

A rapprocher, de l’info de ce jour: « Les propriétaires sont en effet de plus en plus nombreux à « pucer » leur matou préféré. En mars, mois d’action consacré à l’enregistrement des chats, les vétérinaires ont muni 5539 félins d’une puce, soit près de 4000 de plus qu’en mars 2007, a indiqué la Société des Vétérinaires Suisses (SVS). »