Merci ! pour ces 25 ans de secrétaire politique…

Le photographe photographiéC’est une partie de moi-même qui se termine ces jours. Une partie de ma vie. J’aurais certainement dû le faire auparavant, mais une petite voix intérieure me fait aussi dire que c’est aujourd’hui que je vois venir un authentique renouvellement au POP vaudois (11 nouveaux sur 18 au comité directeur élu, une majorité de moins de trente ans…).

Je voulais vous remercier pour tout ce que vous m’avez permis de vivre. Après mon engagement de pasteur à Paris, j’ai vécu depuis 1983, 25 ans d’engagement politique extraordinaire, fait de rencontres humaines merveilleuses, d’années folles de vie personnelle, constituées aussi de séparations et parfois de douleurs, qui sont le propre de toute vie qui se donne à fond pour une cause.

Rien ne m’a jamais tenu autant en haleine, nuit et jour, que la transformation de mon parti en instrument de lutte, débarrassé de sectarisme, de langue de bois, un instrument populaire à vocation majoritaire.

Je pourrais me souvenir des moments forts électoraux, des premières, des temps de mémorables de rencontres privilégiées, comme avec Yasser Arafat… Mais je veux surtout me souvenir des actions mémorables collectives d’éclat, qui ont mélangé l’engagement personnel, l’imagination et la communauté.

Ainsi, lorsque nous sommes allés piquer dans les services de l’Etat de Vaud, des dizaines de milliers de lettres personnelles destinées à des baisses de subsides d’assurance-maladie et que nous avons déposées sur le bureau du Grand Conseil le lendemain… Et comment oublier le déménagement à Obwald pour combattre la dégressivité fiscale, combat par la suite victorieux au Tribunal fédéral !

Je voudrais aussi remercier ceux et celles qui m’ont critiqué, bousculé, contredit parfois durement. Ils ont eu raison de le faire. On ne peut pas avancer sans confrontation permanente. La vérité ne fait son chemin que dans la contradiction. Le mouvement ne naît que dans l’opposition des idées, même dans un même parti.

Finalement, je suis heureux de cette période qui se clôt.

Je ne suis pas mécontent de retrouver une liberté de parole. Presque 25 ans à tenir une barque, pèse aussi, crée une carapace, donne surtout l’impression que l’essentiel est dans la défense d’un appareil, alors qu’au fond de moi-même, j’ai lutté de toutes mes forces contre le sectarisme et l’idéologie partidaire.

Je vais reprendre un militantisme de base que j’affectionne, sur au moins trois thèmes qui me tiennent à coeur, car je suis surtout un constructeur, bâtisseur, même si mon crève-coeur restera de n’avoir jamais pu accéder à une responsabilité exécutive dans la durée:

* l’avenir de l’agriculture de proximité et notre relation avec l’avenir alimentaire de la planète
* la question de la décroissance et d’un autre mode de vie de simplicité volontaire, de relocalisation et d’économie de moyens
* la question religieuse et plus personnellement la mise en mouvement que cet exilé nazaréen a initié il y a quelques 2000 ans

Pour le reste, je serais le relais au Parlement fédéral, des luttes de la gauche d’opposition que j’espère prochainement unifiée, populaire et frondeuse.

Merci à mes camarades, à tous ces amis que j’ai rencontré dans les luttes du quotidien. Et courage et imagination à Damien Wirths qui reprend ce combat d’animateur du parti…