Semences occupy

carottes

La Cour de Justice de l’Union Européenne a pour l’heure désavoué l’association Kokopelli. De quoi s’agit-il ?

D’un côté Kokopelli, l’association française qui se bat depuis 20 ans pour la libération des semences et de l’autre le loby semencier représenté par l’Européan Seed Association. Pour l’heure, les semences enrobées de pesticides Cruiser ou Gaucho, celles qui nous empoisonnent la vie depuis un demi-siècle, sont reconnues dignes de « productivité agricole accrue ».

Ouste donc, le commerce de semences de variétés anciennes, héritage de décennies de préservation du patrimoine ! Leur mise hors-la-loi semble donc bel et bien programmée sous la pression des multinationales.

Les semences de petits producteurs, des associations de défense de la biodiversité, des jardiniers fous n’ont pas la chance d’être des tournevis ou des marteaux… pour lesquels il n’existe aucun Catalogue officiel.

Et la situation s’aggrave sur l’ensemble de la planète. Le Mexique, berceau historique du maïs a perdu 80% de ses variétés traditionnels. L’inde avait 2000 riz différents, il en reste 50. L’humanité avait 8500 espèces végétales pour son alimentation, ele se résout à consommer maïs et soja chimériques…

Pendant ce temps, l’hydre OGM s’étend, comme par hasard dans les pays du tiers-monde. La course de vitesse avec la résistance paysanne est devenu un enjeu de société.

Car la liberté des semences est un droit de l’homme, un droit écologique, économique et culturel.

Dans tous les pays se créent des cercles de résistants inquiets pour la sécurité alimentaire et nutritive, inquiets de la monoculture qui s’étend. C’est la petite paysannerie et la souveraineté alimentaire qui est en jeu derrière cet énorme brevetage du vivant. Et à terme la mort du goût. Les grandes tables de France qui s’approvisionnent directement auprès des semences libres ne s’y trompent pas…

En une année, la toute jeune association Kokoppeli-Suisse a déjà recueilli l’adhésion de 400 personnes. Un signe.

Comme le dit Vandana Shiva. écologiste indienne, prix nobel alternatif 1993: « Occupons nos semences ! »

publié sur hebdo.ch

Manifeste sur l’avenir des semences. Et la Suisse ?

evento terra madre

Le 26 octobre 2006 s’est tenu à Turin la seconde édition de Terra Madre, la rencontre mondiale des communautés de la nourriture. 4803 paysans, éleveurs, pêcheurs et producteurs artisanaux de l’agro-alimentaire, appartenant à 1583 communautés de la nourriture de 150 pays, 953 cuisiniers, 411 professeurs et représentants de 225 universités ont été rassemblés et invités par Slowfood international.

Le moment politique important fut la présentation du Manifeste sur le futur des semences, rédigé par la Commission internationale pour le Futur de l’Alimentation et de l’Agriculture, commission présidée par l’économiste indienne… Vandana Shiva.

Ce texte est passionnant. Impressionnant. Ce Manifeste est une défense de la culture paysanne face aux entreprises multinationales chimiques et semencières.

La Suisse doit approuver ce Manifeste, elle doit en faire un élément de sa politique étrangère. J’ai l’intention de déposer une proposition en ce sens au Parlement lors de la session de juin 2007.