Ralentissons nous-mêmes la ville !

escargot

Je persiste à penser qu’il y a des villes comme Lausanne, où les gens roulent comme des fous. Dans les quartiers d’habitation, devant les écoles. La désolidarisation, l’individualisme exacerbé, l’absence de toute courtoisie est devenue la marque de fabrique de cette société capitaliste. Au volant, cela a des conséquences directes: l’Autre n’est plus qu’un intrus, un gêneur.

En attendant que les pouvoirs publics prennent des dispositions légales et édictent un code de la rue: 30 km ou 20 km à l’heure partout, interdiction totale des centres villes aux voitures privées, pistes cyclables prioritaires… je propose par des actes citoyens de ralentir nous-même la ville. Un peu d’hygiène quotidienne pour nous rendre la vie plus bonne. Et je ne pense pas qu’aux automobilistes.

Et voici en 5 points:

1. Priorité à la marche à pied à moins de 15 minutes de trajet. Passage uniquement sur les passages piétons et appui régulier des demandes de feu rouge
2. Utilisation prioritaire des transports publics et exigence qu’ils respectent aussi les limitations de vitesse (déjà pour l’exemple…)
3. Utilisation régulière du vélo avec respect des piétons, des pistes cyclables existantes et des feux rouges (!)
4. En voiture, rouler systématiquement à moins de 45 km/h
5. Devant les écoles, rouler systématiquement à moins de 30 km/h

Souvent, dans une même journée, nous sommes à la fois automobiliste, cycliste, piéton ou utilisateur de transports publics. Si nous étions quelques milliers quotidiennement à pratiquer ces quelques actes citoyens… Il se pourrait bien que nous commencions à ralentir la ville.

Les gens de gauche conduisent-ils plus lentement ?

Il y a une chose qui me turlupine depuis des années lorsque je me retrouve derrière mon volant, sur mon scooter, mon vélo ou à pied: est-ce que les gens de gauche conduisent différemment que les autres ?

Dans une même journée, je peux être à la fois automobiliste, piéton, sur ma vespa ou mon vélo. A chaque fois, je suis stupéfait de la vitesse des automobilistes, en ville surtout. Ca me rend dingue, je devient méchant, lorsque je vois comment les piétons sont traités, les enfants surtout, les personnes âgées.

Instinctivement, j’ai tendance à devenir le grain de sable qui fait ralentir. Ca rend peut-être nerveux les autres qui me suivent, mais j’applique les 30 Km/h partout où je peux en ville. Je reste derrière les vélos, ça ne me gêne pas. Je me fais un point d’honneur de laisser passer tous les piétons. Slow, slow, quel bonheur !

Depuis des années, je me demande si les gens de gauche, les écologistes ont une conduite différente sur la route. Bof, c’est pas vraiment le cas, il n’y a pas l’air d’avoir une quelconque adéquation entre l’opinion politique et la conduite urbaine. En fait, cela me désole profondément. J’aimerais idéalement plus de cohérence dans le quotidien du trafic.

Cette société du profit et de la croissance productiviste a créé des conducteurs qui sont devenus des loups individualistes envers les autres.
Dépasser, prendre la place de l’autre, négation du plus petit, refus de l’aimabilité et de la tendresse: voilà des notions qui sont devenues majoritaires sur la route. C’est la suite logique de ce système, et plus ça va, cela va empirer. La mentalité de tueur sur la route est devenue une véritable plaie du quotidien.

Alors, que faire ? Résister. Se faire un point d’honneur de faire le pied de nez à tous ces fous. Ralentir, ralentir et jouir personnellement de faire ralentir toute la circulation. Un plaisir de gauche anti-croissance en attendant de faire de Lausanne une slow city…