Les bourgeois jouent au foot comme des pieds… mais c’est pour mieux voter l’accord UBS-USA

OUI-OUI

Oui, bien sûr, la Chambre du peuple vient de voter le refus de l’accord et même un éventuel référendum facultatif. Mais, n’est qu’un plaisir volatile.

Que les bourgeois se rassurent tout va rentrer dans l’ordre dans quelques heures.Vous êtes bien majoritaires dans les deux chambres, non ? Vous avez toujours défendu le secret bancaire, non ? Vous avez toujours réussi à faire peur sur les conséquences économiques incalculables du refus du soutien étatique à « notre » grande UBS, y compris chez les socialistes et les verts, au nom de l’intérêt national, non ?

Il y aura accord UBS-USA. Et il n’y aura pas de référendum possible.

C’est la suite logique, car le vote passager ne repose sur aucun accord fondamental de principe, juste une petite acnée passagère. Qui rentrera dans l’ordre, car elle sera soignée ces prochaines heures.

Tous les partis ont peur d’une chose face aux USA: le démantèlement de l’UBS et la nécessité de véritable réforme du système bancaire, qui ne peut être que la remise à la société entière des activités de crédit.

Le problème de notre pays, c’est que l’on peut se trouver en prison pour un vol de plaque de chocolat, alors que pour avoir fraudé, détourné, soustrait des milliards de francs au nez des collectivités publiques, internationales ou suisses, ces délinquants majeurs de notre société sont par contre en liberté.

Le Conseil fédéral a réussi à trouver en quelques heures les milliards de francs nécessaires pour sauver l’UBS et ses bonus indécents, sans que le peuple puisse donner son avis. L’accord UBS avec les USA est constitué de la même veine: sauver l’institution bancaire suisse la plus importante, au plus vite, sans engager une quelconque réforme fondamentale dont le pays a besoin pour sortir de la monoculture bancaire et de son rôle de receleur mondial.

Tant que la distinction entre évasion fiscale et fraude fiscale est maintenue dans les relations avec toutes les autorités fiscales étrangères et qu’il n’y a pas d’échanges automatiques en la matière, tant que cette distinction est maintenue pour les autorités fiscales suisses, tant que les banques peuvent accepter des fonds sans attestation fiscale, l’accord UBS-USA est de la poudre aux yeux.

Une fois de plus, le gouvernement suisse, la majorité politique qui le compose, joue un rôle de bouclier pour sauver une banque privée qui est aujourd’hui menacée à l’étranger, alors qu’elle-même, cette banque, se moque du peuple suisse, sauf lorsqu’il s’agit de lui demander de passer à la caisse.

Pendant ce temps, la politique de démantèlement social peut continuer: démantèlement de l’assurance-chômage, augmentation de l’âge de l’AVS et économies dans tous les secteurs publics, sabordage de l’AI et augmentation de la TVA. Depuis quand les intérêts privés d’une banque suisse fraudeuse sont-ils supérieurs aux intérêts de l’immense majorité des honnêtes gens qui forment notre pays ?

Les grandes banques ont été tirées du gouffre à coup de milliards sur l’ensemble de la planète; 11 400 milliards de dollars ont été trouvés immédiatement pour sauver des banques comme UBS. Et que font-elles ? Elles utilisent maintenant l’énorme masse de liquidités mise à leur disposition gratuitement pour spéculer contre les Etats qui les ont sauvées.

Que l’UBS explose enfin ! Pour que l’on puisse trouver les seules mesures qui s’imposent: la création d’un pôle public du crédit et du prêt hypothécaire, pour mettre enfin la finance au service de la collectivité et séparer tout ce qui concerne les affaires et la spéculation du bien commun.

Il faut couper les vivres à UBS et qu’elle se débrouille sans paravent étatique, facile et complaisant.

Pas un sou public à l’UBS SA !

domino

Est-ce qu’on donne de l’alcool à un alcoolique notoire pour le guérir ? Au moins, pour les toxicomanes, la politique suisse de la drogue des 4 piliers permet de prescrire de l’héroïne sous ordonnance médicale…

Dans le cas de l’UBS, les toxicomanes financiers vont toucher le pactole de 68 milliards sans aucun contrôle public. A fond perdu ou presque. L’argent des citoyens va être « investi » pour exonérer ces dangereux trafiquants de toute leur responsabilité dans leur propre débâcle.

Le chantage auquel le Parlement suisse est soumis et auquel il va répondre positivement sans doute aucun, c’est: renflouez l’UBS ou vous allez mettre au chômage des centaines de milliers de travailleurs…

Et ce chantage fonctionne, y compris dans la gauche sociale-libérale, qui ne jure que par une prise de participation dans le capital de l’UBS. Quelle audace ! Quelle cohérence !

Que l’UBS actuelle crève, c’est le meilleur assainissement financier que nous pourrions souhaiter ! Ce n’est pas l’UBS qu’il faut sauver, mais les milliers d’emplois qui pourraient être affectés. Dans ce cas, il s’agit de choisir d’injecter de l’argent public directement pour:

– maintenir des emplois socialement utiles
– créer un pôle public de crédit
– développer un bouclier social

Contre la tyrannie des marchés financiers, il n’y a pas de demi-mesure: le peuple suisse doit exiger une socialisation de l’UBS, une expropriation sans aucune indemnisation et mettre en place une reconversion de ses activités qui correspondent à des intérêts publics: le crédit aux entreprises productrices d’emplois et des biens utiles, le prêt hypotécaire.

Les 68 milliards doivent donc aller directement pour aider les travailleurs. Nous n’avons pas besoin de scénario d’intermédiaires douteux, qui vont plonger l’ensemble des intérêts publics dans la spirale de la croissance des intérêts financiers privés.

L’urgence publique est dans la construction d’un bouclier social, avec notamment la revalorisation de l’AVS au détriment du 2ème pilier (un doublement s’impose pour sortir de la pauvreté des milliers de concitoyens).

L’urgence est dans la mise en place d’un salaire minimum national et dans un revenu maximal acceptable (fois 10 du salaire minimum, c’est déjà pas mal…).

Il faut enfin stopper immédiatement toute la péjoration de l’assurance chômage qui est en préparation et la réformer avec la création d’une allocation universelle de base.

Tout franc public détourné dans le sauvetage de l’UBS sera un franc qui sera soustrait au bouclier de la justice sociale et à la lutte contre le réchauffement climatique.

Libéraux de tout le pays, réveillez-vous ! Le Conseil fédéral est truffé de dangereux communistes… Ils ont peur de leur mur de Berlin.