Lucarne de départ pour H-R. Merz: vendredi

Mirador

Tout est en ordre. La crise libyenne est terminée, les otages suisses sont au bercail.

Tout est en ordre. Le peuple suisse n’aura pas la possibilité de se prononcer sur l’accord USA-UBS. Les dirigeants maffieux de la banque (et leurs bonus !) sont sauvés grâce à l’UDC et quelques autres… Le secret bancaire est sauf, la déculottée est minime pour la finance suisse. Il n’y aura pas de crise avec les USA, pas de démantèlement des grandes banques, de plus en plus dangereuses pour le bien public.

Le calme va s’imposer, la pose estivale s’annonce. Avec un peu de pain et quelques jeux.

Une lucarne de départ s’annonce pour le Ministre des finances, elle est courte, mais elle peut être salutaire pour le vieux grand parti, qui a une santé à se refaire… Et qui sait un besoin urgent d’occuper l’espace médiatique pour tout faire oublier.

Les bourgeois jouent au foot comme des pieds… mais c’est pour mieux voter l’accord UBS-USA

OUI-OUI

Oui, bien sûr, la Chambre du peuple vient de voter le refus de l’accord et même un éventuel référendum facultatif. Mais, n’est qu’un plaisir volatile.

Que les bourgeois se rassurent tout va rentrer dans l’ordre dans quelques heures.Vous êtes bien majoritaires dans les deux chambres, non ? Vous avez toujours défendu le secret bancaire, non ? Vous avez toujours réussi à faire peur sur les conséquences économiques incalculables du refus du soutien étatique à « notre » grande UBS, y compris chez les socialistes et les verts, au nom de l’intérêt national, non ?

Il y aura accord UBS-USA. Et il n’y aura pas de référendum possible.

C’est la suite logique, car le vote passager ne repose sur aucun accord fondamental de principe, juste une petite acnée passagère. Qui rentrera dans l’ordre, car elle sera soignée ces prochaines heures.

Tous les partis ont peur d’une chose face aux USA: le démantèlement de l’UBS et la nécessité de véritable réforme du système bancaire, qui ne peut être que la remise à la société entière des activités de crédit.

Le problème de notre pays, c’est que l’on peut se trouver en prison pour un vol de plaque de chocolat, alors que pour avoir fraudé, détourné, soustrait des milliards de francs au nez des collectivités publiques, internationales ou suisses, ces délinquants majeurs de notre société sont par contre en liberté.

Le Conseil fédéral a réussi à trouver en quelques heures les milliards de francs nécessaires pour sauver l’UBS et ses bonus indécents, sans que le peuple puisse donner son avis. L’accord UBS avec les USA est constitué de la même veine: sauver l’institution bancaire suisse la plus importante, au plus vite, sans engager une quelconque réforme fondamentale dont le pays a besoin pour sortir de la monoculture bancaire et de son rôle de receleur mondial.

Tant que la distinction entre évasion fiscale et fraude fiscale est maintenue dans les relations avec toutes les autorités fiscales étrangères et qu’il n’y a pas d’échanges automatiques en la matière, tant que cette distinction est maintenue pour les autorités fiscales suisses, tant que les banques peuvent accepter des fonds sans attestation fiscale, l’accord UBS-USA est de la poudre aux yeux.

Une fois de plus, le gouvernement suisse, la majorité politique qui le compose, joue un rôle de bouclier pour sauver une banque privée qui est aujourd’hui menacée à l’étranger, alors qu’elle-même, cette banque, se moque du peuple suisse, sauf lorsqu’il s’agit de lui demander de passer à la caisse.

Pendant ce temps, la politique de démantèlement social peut continuer: démantèlement de l’assurance-chômage, augmentation de l’âge de l’AVS et économies dans tous les secteurs publics, sabordage de l’AI et augmentation de la TVA. Depuis quand les intérêts privés d’une banque suisse fraudeuse sont-ils supérieurs aux intérêts de l’immense majorité des honnêtes gens qui forment notre pays ?

Les grandes banques ont été tirées du gouffre à coup de milliards sur l’ensemble de la planète; 11 400 milliards de dollars ont été trouvés immédiatement pour sauver des banques comme UBS. Et que font-elles ? Elles utilisent maintenant l’énorme masse de liquidités mise à leur disposition gratuitement pour spéculer contre les Etats qui les ont sauvées.

Que l’UBS explose enfin ! Pour que l’on puisse trouver les seules mesures qui s’imposent: la création d’un pôle public du crédit et du prêt hypothécaire, pour mettre enfin la finance au service de la collectivité et séparer tout ce qui concerne les affaires et la spéculation du bien commun.

Il faut couper les vivres à UBS et qu’elle se débrouille sans paravent étatique, facile et complaisant.

UBS, fossoyeur de la souveraineté suisse

kurer

Le culot de la direction de l’UBS n’a de commune mesure que sa suffisance et son incompétence.

Heures après heures, il se révèle que MM. Kurer et Rohner non seulement étaient au courant des méthodes de gangsters utilisés aux Etats-Unis, mais en étaient vraisemblablement même le cerveau.

Et ils osent nous jouer le refrain de la protestation anti-impérialiste avec des trémolos sur la souveraineté suisse maltraitée par d’odieux cow-boys.

Avec le Conseil fédéral que nous avons, composé de forces politiques qui ont toutes sacralisé le secret bancaire, il n’est pas étonnant que l’UBS cherche une issue vers l’union sacrée pour sauver ses meubles.

Décidément, il n’était pas besoin de consacrer annuellement près de 4 milliards à la défense nationale armée. De l’argent jeté par la fenêtre ! En deux coups de cuillère à pot, les méthodes de gangsters financiers de l’UBS sont en train de mettre à genou la Suisse, qui n’a eu de confiance que dans la monoculture de la spéculation financière.

Il est grand temps de tourner la page, d’abandonner le secret bancaire et de faire le changement de cap vers le bien commun. Une autre Suisse est possible, que diable !

Supprimer le secret bancaire avant de finir comme l’Islande

secret

Il faut arrêter de tourner autour du pot: la fraude fiscale de l’UBS et la levée forcée partielle du secret bancaire n’est pas un épiphénomène, c’est le coeur du problème.

Le maintien du secret bancaire suisse, le soit-disant «label de qualité» défendu de l’UDC au parti socialiste, doit être rapidement supprimé, plus clairement interdit dans notre Constitution fédérale.

Encore une fois, et nous le disons depuis des années sans être écouté, le secret bancaire n’a qu’un seul objectif: augmenter l’accumulation privée, au moyen de l’évasion fiscale et du détournement de fonds publics. Les seuls perdants sont les salariés et les peuples.

Si l’UBS est prête à payer, dans une simple transaction… près de 1 milliards de francs suisses (que le peuple suisse vient de lui donner !), c’est qu’elle a parfaitement compris le risque immédiat sur l’ensemble du secret bancaire suisse.

Il n’y a plus aucune raison de refuser, à l’Union européenne notamment, le contrôle de toute cette soustraction fiscale qui a fait de notre pays, le pays des recels frauduleux et du blanchiment gigantesque d’argent du monde entier.

Finalement, la politique des banques, du Conseil fédéral, des partis politiques qui le composent est en train de nous mener dans la déconfiture la plus totale. On n’a pas voulu écouter les propos anti-capitalistes que nous tenions depuis des années… Ce gouvernement ne sera rien d’autre que le fossoyeur de notre pays.

Si la population salariée ne veut pas être entraînée dans une catastrophe économique comme l’Islande, il est urgent:

1. De supprimer le secret bancaire unilatéralement et d’inscrire cette volonté de transparence dans la Constitution fédérale
2. De créer un pôle public du crédit pour un contrôle démocratique des richesses produites et des choix d’investissement

Je vais déposer en ce sens une initiative parlementaire à la prochaine Commission de l’économie et des redevances le 25 janvier prochain.

2 milliards de bonus, 2000 licenciements

UBS_0

Ne tournons pas autour du pot, car les faits sont aussi précis qu’incontournables.

Les contribuables suisses ont été forcés autoritairement de sponsoriser par leurs impôts, 10.000 frs par tête de pipe pour maintenir à flot l’UBS.

L’UBS est reconnaissante. Elle s’attribue 2 milliards de bonus à sa direction, alors même qu’elle confirme une perte de 20 milliards pour 2008.

Dans le même temps, elle envoit au chômage 2000 employés.

Le capitalisme moribond a cela de bon: il réussit encore à faire financer par les citoyens, et les licenciements et l’augmentation des profits faramineux.

Citoyens, insurgeons-nous !

1. Nous avons besoin d’un vrai parti anti-capitaliste en Suisse
2. Nous avons besoin d’interdire les licenciements
3. Nous avons besoin d’un salaire minimum et d’un salaire maximum
4. Nous avons besoin de nationaliser l’UBS sans un sou d’indemnisation

Avis aux amateurs…

Pas un sou public à l’UBS SA !

domino

Est-ce qu’on donne de l’alcool à un alcoolique notoire pour le guérir ? Au moins, pour les toxicomanes, la politique suisse de la drogue des 4 piliers permet de prescrire de l’héroïne sous ordonnance médicale…

Dans le cas de l’UBS, les toxicomanes financiers vont toucher le pactole de 68 milliards sans aucun contrôle public. A fond perdu ou presque. L’argent des citoyens va être « investi » pour exonérer ces dangereux trafiquants de toute leur responsabilité dans leur propre débâcle.

Le chantage auquel le Parlement suisse est soumis et auquel il va répondre positivement sans doute aucun, c’est: renflouez l’UBS ou vous allez mettre au chômage des centaines de milliers de travailleurs…

Et ce chantage fonctionne, y compris dans la gauche sociale-libérale, qui ne jure que par une prise de participation dans le capital de l’UBS. Quelle audace ! Quelle cohérence !

Que l’UBS actuelle crève, c’est le meilleur assainissement financier que nous pourrions souhaiter ! Ce n’est pas l’UBS qu’il faut sauver, mais les milliers d’emplois qui pourraient être affectés. Dans ce cas, il s’agit de choisir d’injecter de l’argent public directement pour:

– maintenir des emplois socialement utiles
– créer un pôle public de crédit
– développer un bouclier social

Contre la tyrannie des marchés financiers, il n’y a pas de demi-mesure: le peuple suisse doit exiger une socialisation de l’UBS, une expropriation sans aucune indemnisation et mettre en place une reconversion de ses activités qui correspondent à des intérêts publics: le crédit aux entreprises productrices d’emplois et des biens utiles, le prêt hypotécaire.

Les 68 milliards doivent donc aller directement pour aider les travailleurs. Nous n’avons pas besoin de scénario d’intermédiaires douteux, qui vont plonger l’ensemble des intérêts publics dans la spirale de la croissance des intérêts financiers privés.

L’urgence publique est dans la construction d’un bouclier social, avec notamment la revalorisation de l’AVS au détriment du 2ème pilier (un doublement s’impose pour sortir de la pauvreté des milliers de concitoyens).

L’urgence est dans la mise en place d’un salaire minimum national et dans un revenu maximal acceptable (fois 10 du salaire minimum, c’est déjà pas mal…).

Il faut enfin stopper immédiatement toute la péjoration de l’assurance chômage qui est en préparation et la réformer avec la création d’une allocation universelle de base.

Tout franc public détourné dans le sauvetage de l’UBS sera un franc qui sera soustrait au bouclier de la justice sociale et à la lutte contre le réchauffement climatique.

Libéraux de tout le pays, réveillez-vous ! Le Conseil fédéral est truffé de dangereux communistes… Ils ont peur de leur mur de Berlin.

Milliards UBS: qui a voté quoi dans la Délégation des finances

rose

Le Conseil fédéral affirme qu’il a consulté la Délégation des finances avant de prendre sa décision pour faire ses libéralités à l’UBS. Soit.

Ensuite, nous avons entendu les protestations, voire les cris d’offraie des uns et des autres, sur le manque de démocratie, notamment du Parti socialiste suisse. Soit.

Voyons maintenant la composition de cette Délégation des finances:

Président/e
Leuenberger Ernst (PSS)

Membres du Conseil national
Zuppiger Bruno (UDC)
Loepfe Arthur (PDC)
Marti Werner (PSS)

Membres du Conseil des Etats
Leuenberger Ernst (PSS)
Altherr Hans (Radical-libéral)
Schwaller Urs (PDC)

Puisque le PSS s’insurge, pourrions-nous savoir si ses deux membres de la Délégation se sont opposés à ce renflouement des caisses de l’UBS ?