L’UE, la BCE et le FMI soutiennent la Grèce… comme la corde soutient le pendu !

PIGS

Aujourd’hui, mercredi 5 mai, une grève générale se déroule dans toute la Grèce à l’appel de l’Union syndicale des fonctionnaires (ADEDY) et de la Confédération générale des travailleurs (GSEE).

Cette grève générale a pour but de lutter contre les mesures d’austérité sociale et financière d’une brutalité sans précédent que le gouvernement hellénique a accepté d’imposer au peuple grec en échange de l’aide financière de la « troïka » Union Européenne (UE), Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI). Cette aide financière est en fait un prêt de 110 milliards d’euros sur trois ans à un taux minimum de 5 %, soit 5 fois plus élevé que le taux des emprunts de la République fédérale d’Allemagne…

Pour parvenir à un déficit public ramené hypothétiquement à moins de 3 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici à 2014, soit une coupe de 36,4 milliards d’euros en trois ans, le gouvernement Papandreou s’est engagé auprès de ses prêteurs à :

– supprimer les 13ème et 14ème salaire des employé.e.s de la fonction publique (ces salaires supplémentaires sont en fait des primes annuelles compensant partiellement le blocage des salaires mensuels les années précédentes)
– supprimer les 13ème et 14ème allocations annuelles des retraités du public et du privé
– geler les salaires et les retraites pendant trois ans
– augmenter l’âge de la retraite à 65 ans et avec une durée de cotisation minimale de 40 ans et non plus 37 ans
– suspendre l’application des conventions collectives de travail négociées entre patronat et syndicats
– modifier la loi de la sécurité sociale au détriment des ayants-droits
– modifier le code du travail afin de faciliter les licenciements en affaiblissant les dispositions légales de protection des travailleurs et en abaissant les indemnités de départ
– augmenter le taux principal de la TVA de 21 à 23 %, soit une augmentation de l’impôt indirect sur la consommation.

Ces mesures s’accompagnent à l’extérieur d’une mise sous tutelle du gouvernement grec qui devra rendre des comptes à ses bailleurs tous les trois mois qui vérifieront l’application scrupuleuse des mesures de démantèlement social.

Toutes ces mesures constituent une attaque d’une violence inouïe contre les conditions de vie de l’immense majorité du peuple grec qui se voit contraint par son gouvernement et la troïka de payer pour les riches, le patronat et les banques. En effet, l’emprunt grec ne sert en définitive qu’à honorer le service de la dette (intérêts et remboursements), c’est-à-dire…à rembourser les banques françaises et allemandes qui détiennent à elles-seules 80 % de la dette publique grecque ! De leur côté, les banques grecques ne participent en rien alors qu’elles ont reçu 28 milliards d’euros de fonds publics au titre de plan de sauvetage sans aucune contrepartie ! Quant au patronat des grandes entreprises, il a transféré ses actifs dans des sociétés off-shore à Chypre où ils ne sont imposés qu’au taux de 10 % !

Pourtant, d’autres choix sont possibles dès lors que l’on sort de la religion néo-libérale et des ukases mortifères du mal-nommé « marché » qui n’a rien d’invisible et dont les tireurs de ficelles sont connus, comme la banque d’affaires Goldman Sachs ou les fonds de placement (les Hedge funds) qui ont spéculé depuis des mois sur la dette publique grecque et sur l’euro.

Ainsi, le gouvernement grec, après avoir rendu publique la structure de la dette (qui a emprunté à qui, quand et pour quoi), pourrait :

– mette en œuvre une nouvelle fiscalité qui obligerait les particuliers et les entreprises à contribuer de manière juste et équitable aux dépenses communes
– exiger l’harmonisation d’une fiscalité européenne pour annuler les niches fiscales sur le continent
– diminuer drastiquement les dépenses militaires (plus de 9,6 milliards de dollars par an qui profitent largement aux industries d’armement états-uniennes et françaises)
– rapatrier la flotte commerciale (la Grèce en est le no 1 mondial) qui, avec 4000 navires (la plupart navigant sous pavillon de complaisance), ponctionne chaque année 6 milliards d’euros de TVA à l’Etat grec
– développer des emplois salariés dans les économies d’énergie et la sauvegarde de l’environnement largement atteint par les laisser-faire et les incuries des gouvernements précédents (que l’on songe aux feux de forêts désastreux de ces dernières années).

Contre les flibustiers de la finance internationale, contre les mesures de démantèlement social de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, déclarons notre solidarité au peuple grec, à ses syndicats, à ses organisations populaires.

Dans un premier temps, signons l’appel international, rejoignons la manifestation de soutien au peuple grec samedi 8 mai, à 14h, à la place St-Laurent à Lausanne et…allons en Grèce en vacances à la rencontre de ce peuple dont nous sommes peu ou prou les héritiers culturels !


Collectif Antigone, Case postale 196, 1000 Lausanne 6
Josef Zisyadis, conseiller national
Bruno Clément, cie du Trottoir, théâtre de rue

Réservez déjà: Mercredi 26 mai à 19h30 au Pois Chiche à Lausanne
(sous le Café de l’Ouest av. de Morges 119)
Rencontre-débat « le sens de la crise grecque » avec Pascal Franchet, vice-président du
CADTM-France (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde), syndicaliste CGT-impôts

2 réflexions au sujet de « L’UE, la BCE et le FMI soutiennent la Grèce… comme la corde soutient le pendu ! »

  1. Une nouvelle fois, l’empire capitaliste fait subir au peuple sa corruption et son impunité. Soucieux de garder ses privilèges financiers et ses profits outranciers, il décharge sur la classe populaire le poids de ses erreurs.
    Combien de temps, combien d’exemple faudra t-il à chacun pour prendre conscience que ce monde ne peut plus continuer de la sorte…

  2. Le néolibéralisme, ce système féodal machiavellique ne cesse de nous étonner. Avant il agissait dans les pays du sud comme l’Afrique avec les faux programmes d’aide au développement , dénoncés par J.Ziegler, qui détruisent les économies locales.

    Aujourd’hui ce système saigne à mort tout un peuple et lui impose de réduire son salaire de 15%, lui détruit aussi son système de sécurité sociale, réformant les pensions et les retraites et augmenter le taux de chômage à 14 ou15% comme le dénonce l’économiste grèque Yannis Dragassakis. Le contribuable grèque doit payer cette dette en lui prélevant sur son salaire, ses retraites, ses droits sociaux etc…alors que des centaines de milliards sont acheminés vers Chypre et ailleurs pour être exonérer d’impôt.

    Les taux mirobolants d’intérêt des 750 milliard accordés par l’UE à la Grèce vont surendetter l’état et condamner son peule au goute à goute des grands malades . Cette crise et cette manoeuvre financière européenne et l’intervention du FMI, appelées ( aide, prêt, secours, injection de fonds, d’argent neufs etc..) sont un prétexte pour imposer à la Grèce un nouveau modéle politico-économique néolibéral plus dur.

    Georgios Toussas, député européen grèque ( KKE ) déclare :  » La dlcsion de gouvernement à avoir recours au mécanisme de prêt UE-FMI constitue un choix d’alliance visant à servir les intérêts de la ploutocratie grèque à long terme, afin que le gouvernement ait des appuis forts pour imposer de nouvelles mesures, plus violentes, au détriment du peuple. cette décision était depuis longtemps prémédité.

    … l’allégation qu’il n’y a pas d’argent est fausse, parce qu’en même temps on offre 17,5 milliards aux banquiers et des dizaines de milliards aux industriels et aux armateurs à travers la loi de développement, on réduit les impôt pour le capital et on augmente ses privilèges. On donne des milliards pour maintenir des troupes d’occupation par-delà les frontières … Le peuple ne doit rien, on lui doit. Les sacrifices qui valent ne sont que les sacrifices de la lutte. Il n’y a qu’une solution, la socialisation des monopoles, le désengagement par les organisations impérialistes « .

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