On mérite les lasagnes au canasson !

Vache qui rit
Laissons de côté pour l’heure ceux qui ne voient pas le problème: veau, cheval, boeuf, cochon, c’est tout de la viande non ?

Laissons aussi sur le bas-côté les soudains tiers-mondistes, qui se la jouent misérabilistes: ça sentirait le richeton de se préoccuper de choix de viande.

Reprenons donc.

Tout ce qui arrive en terme de manipulation alimentaire, ingurgitée en intraveineuse ou par voie buccale n’est que la conséquence logique de la marchandisation industrielle de la nourriture. Il ne sert à rien de se lamenter. Il y a en premier les responsables de ce système agro-alimentaire, mais il y a aussi les co-responsables, les collabos que nous sommes tous devenus avec les années de cette bouffe insipide.

Nous avons appris à l’avaler sans questions, par insouciance, par manque de temps (!) ou refus de résistance.

Les scandales alimentaires qui se multiplient, exigent l’absolue priorité à la production et à la consommation alimentaire locale. Nous allons droit au mur avec cette exploitation économique qui pourrit la nourriture et dégrade l’environnement.

Au lieu de prendre plaisir à manger, la nourriture va finir par nous dévorer.

Cette logique est mortelle. Non seulement parce qu’elle provoque obésité et malnutrition sur la planète. Mais parce qu’elle détruit la petite paysannerie, qui est notre communauté nourricière.

Refusons l’opposition entre petits producteurs et consommateurs que nous distille la grande chaîne des multinationales de l’agro-alimentaire. Nos intérêts sont communs entre des producteurs qui veulent être payés au juste prix et les mangeurs qui luttent pour une nourriture qui nourrit vraiment, sans fraude, le corps et la tête.

Nous sommes confrontés à un développement monstrueux en très peu de temps, qui détruit les systèmes alimentaires locaux millénaires.

Notre résistance doit consister à constituer des chaînes courtes, des chaînes de proximité. Chaque projet d’agriculture contractuelle est un pôle de résistance. Ce qui compte, c’est que les gens nouent des liens, non pour parler seulement de vente et d’achat de produits, mais pour un projet de société commune fondée sur le respect mutuel et la préservation de la biodiversité locale.

Alors, mettons en pratique quotidiennement la souveraineté alimentaire par des actes. Au coin de la rue, il y a le mouvement associatif Slow Food,qui se développe actuellement en Suisse romande, il y a aussi les dizaines de projets d’agriculture contractuelle de proximité regroupés au sein de la FRACP, sans oublier les mouvements comme Kokoppeli pour la libération de la semence ou la Semaine suisse du Goût qui a lieu en septembre dans tout le pays.

Exigeons aussi que les pouvoirs publics, les services publics s’approvisionnent dans le cadre de l’agriculture de proximité. C’est aussi pour cela qu’il faut lutter pour que tout le réseau scolaire de la crèche aux centres de formation s’alimente à travers le réseau de l’agriculture contractuelle. C’est pour cela que nous devons promouvoir l’éducation au goût et au plaisir du goût dans toute la vie en société.

Bref, nous devons arracher au cercle de la marchandise, le bien commun que constitue la nourriture.

Sinon, nous mériterons les lasagnes au canasson !

publié sur hebdo.ch

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