Et pourquoi pas un quorum à 15% ?

trucage vote

Le Conseiller fédéral démissionnaire Pascal Couchepin ne veut pas seulement taxer les malades à 30 frs, il pense aussi taxer les votes inutiles de moins de 5%.

Il fut un temps fort lointain où le parti radical suisse, suite à un quasi coup d’Etat, occupait 7 sièges de conseillers fédéraux sur 7. 1848 est loin, mais il est resté de cette période faste et glorieuse, des démangeaisons de pouvoir absolu. Il est vrai qu’être réduit à 2 ministres et peut-être demain à plus qu’un seul… Pour le grand vieux parti qui a dirigé la Suisse, cela s’apparente à la débâcle du PC de l’Union soviétique.

C’est là qu’intervient la solution du barrage électoral à coup de cuillère à pot: un bon quorum national à 5% pour faire passer l’envie à ces « malades » qui osent encore voter pour des formations dites marginales, régionales et j’en passe. Ah, toujours les mêmes recettes, le bâton à la place de la démocratie.

Le système électoral helvétique est déjà broyeur des minorités politiques avec ses 26 circonscriptions, dont certaines n’ont qu’un seul député. Ainsi la gauche d’opposition qui fait 2% sur le plan national, là où elle ose se présenter, n’a qu’un seul député au lieu de 4. Vive la démocratie. Et certains cantons ont des forces locales sans équivalent dans d’autres Etats cantonaux, il faudrait passer leurs suffrages à la poubelle ?

Les cantons de Zürich, Schaffhouse et Argovie l’ont bien compris en allant dans un sens totalement opposé. Ils ont introduit la vrai proportionnelle ou presque, tout en ayant des circonscriptions-districts. Cela s’appelle le système du double Pukelsheim. Il permet justement la représentation des petits partis. C’est le but de mon initiative parlementaire qui sera discutée bientôt au Parlement. Les Listes Alternatives de Zürich et de Schaffhouse ont renforcé leur présence dans leurs Grands Conseils grâce à ce renforcement démocratique.

Alors, s’il faut mettre un quorum… mettons-le à 15% comme cela le parti radical finira par disparaître… des urnes. Pour les têtes, c’est autre chose.

Couchepin a juste lancé les élections de 2011

kif kif bourricot

Le coup du Conseiller fédéral Couchepin est radical: il a fait à son parti un cadeau inespéré. Alors qu’il est en perte de vitesse partout, le parti libéral-radical va pouvoir mener une pré-campagne électorale sans frais, au moment où la manne de l’UBS semble se tarir. En cette période de vache maigre, ce n’est pas négligeable de pouvoir mobiliser l’ensemble des médias, de jouer les diva par-ci et par-là.

Vous allez voir une bonne cinquantaine de candidates et de candidats monter au filet pour se vendre à qui mieux mieux, dans tous les cantons. Parions même que tous les parlementaires libéraux-radicaux qui veulent se représenter en 2011, se feront un point d’honneur d’être sur le tableau de chasse…

Et ne nous parlez pas de programme politique. Dans ce genre d’élection, tout cela est secondaire, car le programme néo-libéral est archi-connu, qu’il soit radical-libéral ou démocrate-chrétien. Ils vont juste faire semblant de ne pas en parler pour se concentrer sur des futilités, qui amuseront le peuple, enfin qui tenteront d’amuser plutôt.

Et ce ne sont pas les socialistes avec leurs petites demandes sociales et les verts avec leur « new green deal » qui ne finiront pas par tomber dans le piège que Couchepin leur a tissé. Car, quoi qu’il en soit, ils finiront par choisir un néo-libéral PDC ou un néo-libéral radical. Kif kif bourricot.

Couchepin voulait partir seul, il savait bien pourquoi. Non seulement il doit bien cela à son parti comme dernier cadeau, mais il sait très bien que c’était la seule façon de sauver le siège de sa famille politique.