La Gauche: la preuve par l’unité

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Ils l’avaient déjà enterrée, La Gauche. Enfin, ce qu’ils appellent l’extrême-gauche dans les média autorisés ou sur les camemberts politiques .

Personne n’avait rien vu ou prévu. Marc Vuilleumier était le maillon faible à Lausanne… A Genève, elle allait prendre une raclée face au MCG… Bref, c’était tout cuit d’avance, y compris pour quelques socialistes ou verts, qui aiment bien prendre leur rêve pour des réalités. Mais voilà, on progresse à Genève, Renens, Lausanne.

Bon, on va pas fanfaronner. On revient de loin. Divisions par-ci, sectarisme par là. On a sacrément labouré le terrain de notre propre déconfiture.

Il reste que ça résiste. Qu’on s’appelle La Gauche, Ensemble à Gauche, Fourmi rouge, POP-solidaritéS, Solidarité & Ecologie, les dénominations sont secondaires à l’essentiel: malgré le peu de mobilisation populaire et de mouvement social, la gauche anti-capitaliste qui veut changer la société, est une composante qui ne se laisse pas marginaliser dans la vie citoyenne.

Et à cela, il n’y a qu’une seule raison: l’unité et le partage commun du combat politique. Les hommes et les femmes qui en bavent quotidiennement, ont besoin d’espoir. Ils ont besoin d’une force qui les accompagne et sache dépasser les misérables divergences sur des points secondaires. Ils ont besoin d’un front commun ouvert et combatif.

Lorsque le Parti suisse du Travail, les sections popistes ou de solidaritéS auront pris le tournant nécessaire de l’unité dans une même formation politique. Nous pourrions bien faire des merveilles de résistance populaire.

Et pourquoi cela ne serait pas possible ? C’est impossible d’avoir des tendances différentes au sein d’un même parti ? Cela empêche d’avoir son propre journal ou périodique de courant politique ? Cela empêche le libre débat et les discussions passionnées ? A moins que cela soit ennuyeux de ne plus faire les séances à double ou à triple…

Ce parti pris de l’unité, avec tout le respect mutuel, l’amitié dans le combat, c’est la seule chose qui nous ouvrira des perspectives politiques. Cette construction patiente de la Gauche / Alternative Linke / La Sinistra est en train de faire germer l’espoir.

Dans quelques jours, nous verrons les résultats de nos camarades d’Alternative Linke dans le canton de Zürich. Nous regarderons de près les cantonales du Tessin avec une alliance inédite MPS-PC. Et le 1er mai, si tout va bien, nous lancerons notre première initiative fédérale depuis fort longtemps…

Ne piétinons pas ces jeunes pousses. Il y a assez de monde (de toute sorte) qui se chargent de les écraser.

Pourquoi je rejoins La Gauche…

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Le premier acte fondateur de La Gauche a eu lieu samedi dernier à Schaffhouse. Environ 200 militants de toute la Suisse se sont donnés rendez-vous pour créer cette nouvelle force politique nationale. Je passe en revue le travail effectué tranquillement depuis une année et je me dis que c’était un sacré pari. Une première pierre a été posée, elle a été possible parce qu’il y a fondamentalement une attente d’une vraie force de gauche éco-socialiste en Suisse.

Trois choses me frappent dans cette création:

1. Le besoin d’unité de la gauche combative et ce puissant ras-le-bol face à des virgules qui divisent pour rien… pourquoi ne pas vivre avec nos différences de pratiques et de perceptions au sein d’une même organisation démocratique ?

2. La double affiliation possible est vécue comme une libération face à des organisations qui ne veulent pas de têtes qui dépassent, qui ont l’habitude de faire de la politique en blanc-noir

3. L’affirmation nationale de notre mouvement avant les particularismes locaux, régionaux. On retrouve là aussi une attente de force nationale, qui soit en mesure de faire front à la montée de l’extrême-droite et de proposer des alternatives pour sortir du capitalisme Je suis rentré assez serein de Schaffhouse, même si les difficultés sont devant nous. Mais décidément, le sectarisme d’organisation n’est pas mort. Le Parti suisse du Travail a trouvé le moyen d’organiser une conférence de presse pour dénoncer ma participation à La Gauche… Dommage.

Mais cela me permet ainsi de faire quelques précisions. Depuis fin 2007, je ne suis plus membre du Parti suisse du Travail, le parti national donc. Je suis bien sûr membre d’un mouvement cantonal qui s’appelle POP & Gauche en mouvement vaudois, celui auquel j’ai adhéré à l’âge de seize ans.

Et pour être encore plus clair: depuis ce week-end, je suis porteur aussi au Parlement des points de vue de La Gauche/Alternative Linke/La Sinistra.

Il ne sert donc à rien au PST de me demander des comptes… J’ai pris le large. Car nous avons besoin d’ouverture et d’unité plutôt que de repoussièrage à la sauce marxiste-léniniste.