Couchepin a juste lancé les élections de 2011

kif kif bourricot

Le coup du Conseiller fédéral Couchepin est radical: il a fait à son parti un cadeau inespéré. Alors qu’il est en perte de vitesse partout, le parti libéral-radical va pouvoir mener une pré-campagne électorale sans frais, au moment où la manne de l’UBS semble se tarir. En cette période de vache maigre, ce n’est pas négligeable de pouvoir mobiliser l’ensemble des médias, de jouer les diva par-ci et par-là.

Vous allez voir une bonne cinquantaine de candidates et de candidats monter au filet pour se vendre à qui mieux mieux, dans tous les cantons. Parions même que tous les parlementaires libéraux-radicaux qui veulent se représenter en 2011, se feront un point d’honneur d’être sur le tableau de chasse…

Et ne nous parlez pas de programme politique. Dans ce genre d’élection, tout cela est secondaire, car le programme néo-libéral est archi-connu, qu’il soit radical-libéral ou démocrate-chrétien. Ils vont juste faire semblant de ne pas en parler pour se concentrer sur des futilités, qui amuseront le peuple, enfin qui tenteront d’amuser plutôt.

Et ce ne sont pas les socialistes avec leurs petites demandes sociales et les verts avec leur « new green deal » qui ne finiront pas par tomber dans le piège que Couchepin leur a tissé. Car, quoi qu’il en soit, ils finiront par choisir un néo-libéral PDC ou un néo-libéral radical. Kif kif bourricot.

Couchepin voulait partir seul, il savait bien pourquoi. Non seulement il doit bien cela à son parti comme dernier cadeau, mais il sait très bien que c’était la seule façon de sauver le siège de sa famille politique.

Blocher réélu, que ferait le PS ?

La direction du PSS déclare à tout vent qu’elle ne votera pas Blocher le 12 décembre. Bien, mais ce n’est pas le problème, ou alors ce n’est qu’une partie du problème…

Si Blocher est malgré tout réélu par la coalition UDC-radical-PDC, le PSS osera-t-il cette fois encore continuer la collaboration au Conseil fédéral comme en 2003 ?

Le silence assourdissant à cette question fondamentale dans la période pré-électorale est en train de saper la campagne socialiste.

Tout d’abord, elle donne des ailes aux Verts. Non à cause de la clarté de leur position sur cette question, mais tout simplement parce que les Verts ne sont pas à l’exécutif fédéral et jouent de leur position extérieure pour parfaire leur virginité politique, alors qu’ils rêvent de mettre le pied dans le consensus helvétique.

Ensuite, le silence de la direction du PSS sur cette affaire fait le jeu de l’UDC, qui n’hésite pas, elle, à proclamer haut et fort que la non-réélection de leur Führer les conduira dans l’opposition.

Il est grand temps que le PSS dise clairement ce qu’il va faire. C’est pour cela aussi qu’il faut que la gauche de résistance se renforce le 21 octobre. Relais des luttes, relais d’une opposition populaire, la gauche de gauche a un rôle historique à jouer dans la période tourmentée qui s’ouvre. Il se pourrait bien que ce vote-là soit utile aussi aux socialistes de gauche et aux écologistes de gauche.