S’il y a Jeunesse + Sport, il devrait y avoir Jeunesse + Gout

Liddes - les plantes aromatiques

La Confédération et les cantons devraient encourager la formation au goût et la formation aux compétences du quotidien, en particulier des enfants et des jeunes.

Les carences en matière de formation au goût ou à la sensorialité, ainsi qu’aux compétences du quotidien, la dévalorisation de la formation relative aux questions de l’alimentation, à la préparation de la nourriture et aux travaux importants dans le ménage, vont coûter d’énormes sommes à la société dans le futur.

Une alimentation diversifiée est importante pour favoriser le développement harmonieux de l’individu. Le répertoire alimentaire que l’enfant construit progressivement est une chose précieuse qui mérite d’être entretenue et développée.

Le démantèlement de l’enseignement de l’économie familiale et du travail artisanal dans les écoles va peser ultérieurement sur l’économie nationale et la santé publique.

Dans les faits, l’éducation sensorielle se rapproche de la formation musicale et de l’éducation physique. Il n’y a pas de raison particulière de traiter différemment ces trois domaines de la formation des enfants et des jeunes.

Par formation au goût, il faut entendre la prise de conscience que la bouche n’est pas une simple voie d’introduction des aliments, mais la valorisation de ses sensations et de son plaisir gustatif. Par compétences du quotidien, il faut entendre des connaissances en économie familiale en matière d’activité manuelle, de santé, d’écologie, de vie sociale, de simplicité volontaire.

J’ai déposé cette initiative parlementaire. Nous verrons si le Parlement est sensible à ces préoccupations qui proviennent de toute sorte de milieux de l’éducation, de l’agriculture, de l’alimentation et du tourisme…

Le goût fait de la résistance

Dégustation enfants 2

9ème édition pour la Semaine du Goût. Du 17 au 27 septembre, dans toute la Suisse, 1300 événements chez les producteurs, les écoles, dans les rues. La souveraineté alimentaire pointe son nez.

Parti d’une histoire de copain, la Semaine suisse du Goût est en train de prendre ampleur inattendue. Derrière les temps forts prévus, comme Delémont, Ville du Goût 2009 ou la personnalité de la vigneronne Marie-Thérèse Chappaz, Marraine de l’édition 2009, il y a une démarche associative pour promouvoir de nouvelles valeurs.

Derrière chaque produit consommé, nous oublions tous qu’il y a des hommes et des femmes. Le processus d’industrialisation de l’alimentation fait aussi disparaître le lien entre l’humain et la nature. Il s’agit donc de retisser des liens de plaisir et de curiosité: de la graine que l’on plante et qui donne un légume ou une salade quelques mois plus tard à l’artisanat de quartier ou de région qui permet de comprendre la fabrication d’un fromage ou d’une saucisse… L’objectif est de faire prendre conscience du lien fondamental entre souveraineté alimentaire et culture du goût.

Nous sommes face à un problème fondamental: celui de la mondialisation de l’alimentation et la destruction des patrimoines culinaires. La Semaine du Goût a le mérite de s’interroger sur notre alimentation par la mise en oeuvre de nouvelles valeurs: retour à la simplicité culinaire, à une traçabilité, à une relation de confiance avec les producteurs, bref à une économie locale à l’opposé des habitudes alimentaires de destruction du plaisir de manger.

1300 événements pour cette édition 2009, 1300 temps forts de résistance du goût…