Je voulais partir sur la pointe des pieds…

carte coul

Un peu comme on ferme une porte sans faire de bruit. Mais d’autres, au sein du POP vraisemblablement, en ont décidé autrement.

En 2007, j’ai quitté le parti suisse du travail (PST-POP) et j’ai demandé que mon appartenance politique au Parlement soit clairement indiquée « La Gauche / Alternative Linke / La Sinistra » pendant la législature 2007-2011. Car j’ai participé dès le début à la création de ce mouvement national, destiné à recueillir toutes les formations à la gauche des socialistes et des verts. Et je tenais à marquer que ma présence à Berne était liée à ce projet unitaire. Peu ont remarqué cette évolution.

Le 16 avril dernier j’ai adressé ma démission à la section de Lausanne du POP & Gauche en mouvement. J’imagine que les lenteurs bureaucratiques et le printemps pluvieux ont un peu assoupi la prise en compte interne de ce départ.

Je ne le cache pas: je ne reconnais plus le parti auquel j’ai adhéré à 16 ans. J’ai de la peine à supporter ce lent déclin d’un mouvement que j’ai tenté d’animer pendant 25 ans. La politique du hérisson ne correspond pas à mon tempérament de lutteur et d’activiste.

J’aime nager dans les eaux de la gauche populaire et conviviale. C’est mon terreau ici et ailleurs. D’ailleurs, comment cesser le combat volontariste pour transformer ce monde où l’argent est devenu un défoliant planétaire ?

Je continuerais donc à soutenir le projet unitaire de « La Gauche », convaincu qu’il n’y pas d’autres espoirs que d’unifier sans sectarisme toutes les composantes de la gauche alternative. Au plaisir de nous rencontrer dans les luttes.

Une première depuis 1945: un Parlement suisse sans gauche d’opposition

parlement ouvrier

Pour la première fois depuis 1945, le Parlement suisse va entamer une nouvelle législature sans la voix de la gauche d’opposition.

Si certains ont pu trouver anecdotique notre présence au Parlement fédéral, il reste que cette absence est révélatrice de l’incapacité de la gauche alternative de trouver une voix commune nationale par-delà les différences de sensibilités.

Il n’est en soi pas anodin d’être absent de la scène politique fédérale, même sur le mode du témoignage tribunicien; alors même que cette gauche, toutes tendances confondues, est présente dans plusieurs parlements cantonaux et se retrouve à l’exécutif dans des villes aussi négligeables que Genève, Lausanne, La Chaux-de-Fonds, Carouge, Delémont et même à la Mairie comme au Locle et Renens… Etrange situation.

Tout cela sur un fond de voix rassemblées en 2011 sur le plan national qui n’est pas en recul par rapport à 2007.

Alors ? Comment ce désastre est-t-il arrivé ?

J’ai parcouru les maigres bilans parus sur cet échec. Qu’ils proviennent du POP, du PST ou de solidaritéS, ils ont la même teneur commune: ce n’est pas le manque d’unité qui est la cause de l’échec. C’est la situation sociale qui nous est défavorable (!) C’est le manque de mobilisation citoyenne qui en est la cause (!) . Et nous voilà reparti pour une même rengaine qui refuse de voir la réalité en face.

Je passerais même par-dessus les objets de satisfaction de voir une tendance reculer moins que celle d’à côté… Tout cela serait risible, si les milieux populaires n’étaient pas en cause.

Je persiste à penser que la cause principale de cet échec de la gauche anti-capitaliste et d’opposition est dûe au refus de l’unité coûte que coûte, au refus d’écouter la base de ces partis et mouvements qui souhaitent que leurs responsables s’entendent et tirent à la même corde.

Alors qu’entre solidaritéS, le PST, le POP, les listes alternatives de Suisse alémanique, les différences de programme politique doivent être détectées à la loupe, le patriotisme d’organisation est devenu la clé de voûte de la pratique politique.

Nous sommes donc seuls responsables de ce qui nous arrive. Et la sortie de ce bourbier dépend uniquement de nous.

Pour ma part, elle passe par deux choses simples, mais essentielles:

1. Une seule organisation multiforme, avec droit de tendances de toutes les forces et personnes qui veulent une vraie gauche d’opposition dans ce pays. Avec des élections démocratiques internes et une presse commune. Pas très différent de ce que demande La Gauche sur le plan national…

2. Des pratiques politiques nouvelles sur le terrains des luttes sociales, qui donnent la parole aux gens et qui les aident à résister au quotidien.

Si on n’arrive pas à s’unir et agir ensemble, il faudra alors se poser la question de ce que nous avons vraiment de différent des socialistes et des verts…

Marc Vuilleumier, Syndic de Lausanne ?

Vuilleumier

Les élections lausannoises sont presque derrière. La Municipalité est au complet. Il reste encore la question de la syndicature.

Après avoir tartiner à longueur de grande analyse sur le maillon faible popiste de la Municipalité, la presse « autorisée » a dû constater sobrement la 2ème place de Marc Vuilleumier, juste à une encablure de voix du 1er, le représentant du PS.

La presse « autorisée » est toujours humble, elle n’a pas l’habitude de se poser des questions indélicates qui sortent de l’entendement du landerneau politique.

Au fond, pourquoi Marc Vuilleumier ne serait pas un syndic potentiel ?

Parce qu’il ne fait pas partie du premier parti de la Ville ? Tiens, Daniel Brélaz, non plus, ne fait pas partie du premier parti.

Parce qu’il est popiste ? de La Gauche qui s’est renforcée au sein du législatif ? Tiens donc, il y aurait alors des ostracismes inexplicables et inexpliqués.

Il y a ainsi des hypothèses qui se discutent et d’autres qu’on n’ose pas prononcer.

Je n’ai pas demandé à Marc Vuilleumier son avis sur la question. Le problème n’est pas là.

Maintenant qu’il a été élu et bien élu. L’hypothèse d’un syndic popiste, rassembleur et populaire est aussi plausible, qu’un syndic socialiste ou écologiste.

La moindre des choses serait de mettre la question sur le tapis. On peut très bien être Maire ou Syndic d’une Ville, sans être dans le grand parti majoritaire. C’est une question politique simple et simplement humaine. Au Locle et à Renens et par tournus à Genève, Carouge, c’est le cas. Alors ?

La Gauche: la preuve par l’unité

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Ils l’avaient déjà enterrée, La Gauche. Enfin, ce qu’ils appellent l’extrême-gauche dans les média autorisés ou sur les camemberts politiques .

Personne n’avait rien vu ou prévu. Marc Vuilleumier était le maillon faible à Lausanne… A Genève, elle allait prendre une raclée face au MCG… Bref, c’était tout cuit d’avance, y compris pour quelques socialistes ou verts, qui aiment bien prendre leur rêve pour des réalités. Mais voilà, on progresse à Genève, Renens, Lausanne.

Bon, on va pas fanfaronner. On revient de loin. Divisions par-ci, sectarisme par là. On a sacrément labouré le terrain de notre propre déconfiture.

Il reste que ça résiste. Qu’on s’appelle La Gauche, Ensemble à Gauche, Fourmi rouge, POP-solidaritéS, Solidarité & Ecologie, les dénominations sont secondaires à l’essentiel: malgré le peu de mobilisation populaire et de mouvement social, la gauche anti-capitaliste qui veut changer la société, est une composante qui ne se laisse pas marginaliser dans la vie citoyenne.

Et à cela, il n’y a qu’une seule raison: l’unité et le partage commun du combat politique. Les hommes et les femmes qui en bavent quotidiennement, ont besoin d’espoir. Ils ont besoin d’une force qui les accompagne et sache dépasser les misérables divergences sur des points secondaires. Ils ont besoin d’un front commun ouvert et combatif.

Lorsque le Parti suisse du Travail, les sections popistes ou de solidaritéS auront pris le tournant nécessaire de l’unité dans une même formation politique. Nous pourrions bien faire des merveilles de résistance populaire.

Et pourquoi cela ne serait pas possible ? C’est impossible d’avoir des tendances différentes au sein d’un même parti ? Cela empêche d’avoir son propre journal ou périodique de courant politique ? Cela empêche le libre débat et les discussions passionnées ? A moins que cela soit ennuyeux de ne plus faire les séances à double ou à triple…

Ce parti pris de l’unité, avec tout le respect mutuel, l’amitié dans le combat, c’est la seule chose qui nous ouvrira des perspectives politiques. Cette construction patiente de la Gauche / Alternative Linke / La Sinistra est en train de faire germer l’espoir.

Dans quelques jours, nous verrons les résultats de nos camarades d’Alternative Linke dans le canton de Zürich. Nous regarderons de près les cantonales du Tessin avec une alliance inédite MPS-PC. Et le 1er mai, si tout va bien, nous lancerons notre première initiative fédérale depuis fort longtemps…

Ne piétinons pas ces jeunes pousses. Il y a assez de monde (de toute sorte) qui se chargent de les écraser.

Les voies de l’extrême-gauche sont impénétrables

masques en bois

On essaie d’unir, de rassembler, de rabibocher. Et au moment où on se dit que c’est bon; hop, voilà le croche-patte.

Il y a quelque chose de rageant dans ce petit, tout petit monde de l’extrême-gauche. Cette soif de pureté, de refus de la diversité vivante interne ne fait du tort qu’à la population qui attend de l’espoir dans ce monde de brutes.

Ce matin, j’en ai ma dose.

Au met en place une nouvelle formation politique. La Gauche. Sur le plan national depuis plus d’un an. Lentement, mais sûrement. Il y a quelques jours la Gauche-Vaud se crée enfin. On se dit que ça avance.

Et crac. Ce matin solidaritéS-Lausanne annonce qu’elle lance deux candidats à la Municipalité de Lausanne. Comme cela, sans débat.

A croire que Marc Vuilleumier a démérité pour représenter cette gauche combative dans le travail politique de l’Exécutif lausannois. A croire que cela vaut la peine de risquer de voir un Municipal popiste être remplacé par un Municipal de la police UDC. Et cela à quelques heures d’une votation xénophobe. Quel joli signal.

Pourquoi l’extrême gauche fait liste unique en ville de Genève ou Neuchâtel à la Municipalité avec les socialistes et les verts (en plus avec des candidats de solidaritéS !) et à Lausanne ce serait insoutenable politiquement ? La gauche combative est-elle si forte pour se permettre de jouer cavalier seul ?

J’espère juste que ces candidatures sont de la mauvaise blague hivernale. Et que le peuple de gauche, celui qui veut encore voir les choses se transformer ici et maintenant, saura mettre toute son énergie pour unir au lieu de diviser. Et vite, on a pas besoin de cela.

Adieu / au revoir Sam Leresche, notre roi popiste…

Sam

Sam Leresche au congrès 2008 du POP & Gauche en mouvement à Belmont

Tu vas nous manquer Sam. Pas seulement parce que nous devions aller manger dans quelques jours les tripes aux Verrières, comme d’habitude avec Michel, Isabelle, Evelyne, Louis, Henri et les autres. Tu vas nous manquer parce que tu avais la main chaleureuse, tu avais la poignée la plus ferme de la république, mais aussi la plus caressante, la plus affectueuse. Tu savais regarder dans le fond des yeux des autres, car tu savais les respecter; tu avais appris à respecter l’histoire singulière de chacun, surtout celle des humiliés, des révoltés.

Je t’aimais bien, Sam. Tu représentais pour moi le popiste, le géant popiste qui avait une particularité, celle d’allier l’engagement limpide et l’enracinement profond dans ce pays de Vaud. Un accompagnant en quelque sorte, un compagnon culturel, un révélateur des attentes et des rêves profonds populaires. Un homme de gauche qui n’aimait pas se complaire dans la marginalité, parce qu’il savait que nous étions dans le fond majoritaires face aux puissants, enfin un jour lorsqu’il viendra…

Sam, nous étions fiers que tu sois notre roi lors de la Fête des Vignerons. Tu étais des nôtres dans les endroits où on nous snobe. Nous étions fiers d’avoir des personnalités aimantes comme la tienne dans ce monde de rats. Tu nous représentais avec la tendresse qui sied à notre monde de sans-pouvoirs.

Avec des gauchistes comme toi, nous étions sûr de décrocher la lune.

Adieu, au revoir Sam.

A trop vouloir enterrer la Gauche…

ceder capituler

Les commentateurs ne savent pas trop quoi dire sur les élections neuchâteloises. C’est vrai que c’est embêtant ces résultats, ils voulaient tellement qu’ils soient différents…

Tiens, la Gauche anticapitaliste (POP & solidaritéS) se renforce. Elle passe de 7 à 10 sièges. Les Verts passent de 10 à 14 sièges. Et les sociaux-libéraux qui ont pratiqué une politique d’austérité à l’égard des salariés les plus modestes… reculent de 5 sièges. Et, cerise sur le gâteau, l’UDC boit la tasse avec 4 sièges en moins.

Intéressant, cette première élection romande depuis la crise financière. Cela ne sert à rien de tartiner longuement sur le score de Fernand Cuche. Il n’a rien de désastreux en soi, à partir du moment que chaque parti a présenté des listes autonomes et complètes pour le Gouvernement… Non seulement la droite a perdu son pari, mais le message de la population est claire: assez d’une soit-disant gauche qui veut singer la politique de droite !

Deux commentaires annexes pour notre gauche, la gauche alternative:

1. Elle a su s’unir. Elle a proposé une alternative. Les milieux modestes l’ont entendu. Le POP & solidaritéS ont su dépasser les clivages d’appareil. Cela démontre aussi que la population souhaite une vraie force politique alternative de gauche.

2. Entre les textes absolus de congrès et la réalité politique locale militante, il y parfois de la coupe aux lèvres. solidaritéS peut bien dans son congrès déclarer refuser toute alliance… il se trouve qu’à Neuchâtel, solidaritéS est dans le même groupe que les Verts et le POP et qu’un de ses Municipaux fait partie de la majorité gouvernementale en Ville de Neuchâtel. Principe, principe, quand tu nous tiens…

En attendant la nécessaire unité de la gauche alternative dans les futures élections cantonales genevoises de cet automne, il ne nous reste plus qu’à travailler pour tisser des liens, lutter ensemble et dépasser les clivages entre tous les anticapitalistes de ce pays.

Tu nous manques Jean-Marie…

Jean-Marie

L’année militante a commencé sans lui. Jean-Marie Béguin nous a quitté un dimanche matin de décembre. Dure réalité de fin d’année.

Il avait le don de nous faire douter de nos certitudes. Il avait surtout le goût des autres, du partage. C’était un camarade unitaire, ouvert, joueur. Il donnait envie de militer. Ton sourire nous permet de tenir le coup en cette grisaille de janvier.

Rauber: nouveau secrétaire du POP vaudois ?

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André Rauber, le « grand » historien du mouvement communiste suisse et le dernier rédacteur en chef du quotidien « Voix Ouvrière » avant sa disparition définitive, est adulé depuis quelque temps par les média commerciaux.

Ce monsieur est un donneur de leçon patenté: dès qu’on lui donne l’occasion d’écrire, il se donne à coeur joie pour proposer en long et en large ses solutions sur l’avenir du POP vaudois.

C’est vrai qu’il en connaît quelque chose. Stalinien patenté pendant tout la période où il était dans les instances dirigeantes du PST-POP, il s’était particulièrement illustré dans le découragement de générations de jeunes popistes, qui n’en pouvaient plus de ses leçons politiques et de morales bréjneviennes.

Vu ses soucis personnels sur l’avenir du POP, qui l’empêchent de dormir, il devrait faire acte de candidature de secrétaire politique au prochain congrès devant ce qu’il appelle le « ras-le-bol face à la démarche égocentrique d’un dirigeant politique et du barrage qu’elle a constitué pour la promotion d’autres candidats de valeur » (Le Temps).

Il y a cependant juste deux hics: ce personnage de valeur devrait d’abord adhérer au POP et payer des cotisations et ensuite il devrait commencer à apprendre à manier le mégaphone, cela pourrait servir en cas de sortie inopinée dans la rue…

Une initiative parlementaire contre les doubles mandats

Ils sont touchants. Ils dégoulinent de bienveillance et de réflexions bien senties, sans arrières pensées… Ils ? Mais les libéraux écoeurés, les femmes radicales outrées, les socialistes effarouchés, les verts rouges de honte, les journalistes commerciaux avec la bouche en coeur…

On dirait qu’ils ont tous votés POP ! C’est tout de même fou pour un parti qui a fait moins de 5%, d’avoir autant de gens qui ont des avis sur son avenir, sa tactique, sur ses choix, sur son partage des tâches.

Allez, allez, vous allez finir par nous faire verser des larmes de crocodiles. Nous savons tous que vous avez votés Huguenin ou Zisyadis en cachette…

Mais comme toutes vos réflexions sur les doubles mandats, sur les désistements, la lourdeur des tâches sont décidément passionnantes et convaincantes, je vais déposer le 3 décembre à Berne une initiative parlementaire qui aura les objectifs suivants:

* interdiction des doubles mandats à tous les niveaux électifs
* interdiction de se présenter à plusieurs élections le même jour (Conseil des Etats et Conseil national en même temps par exemple)
* déclaration préalable des candidats sur le mandat qu’ils vont choisir en cas d’élection (par exemple un conseiller d’Etat qui devient en plus conseiller aux Etats ou un maire qui devient en plus conseiller national par exemple)

Vous m’avez convaincu. Vos remarques et vos critiques envers le POP étaient justes, louables, désintéressées. C’est pour la démocratie que vous l’avez fait. Nous serons ainsi tous à la même enseigne, les compteurs à zéro.

Je n’ai donc aucun doute que vous allez soutenir et signer cette initiative parlementaire. Vous avez eu raison de ne pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages.