Grèce: une guerre civile

Joelle Fontaine

Il n’est pas sûr que l’Histoire se répète. Cependant, le livre tout récent de l’historienne Joëlle Fontaine, « De la Résistance à la guerre civile en Grèce 1941-1946 » met le doigt sur des plaies ouvertes et souvent méconnues.

Il y a les atrocités des nazis allemands contre une population, qui a payé un lourd tribu par une destruction invraisemblable du pays. Les Grecs n’auront jamais droit à une quelconque compensation, les allemands refusant de payer leur dette de guerre.

Il y a l’écrasement de la Résistance, conduite par un parti communiste et des forces de gauche, qui a libéré seule le pays du fascisme, sans aide extérieure. Ecrasement qui se fera par les forces britanniques, qui ont ensuite passé le relais aux américains.

Joelle Fontaine explicite avec précision comment les grandes puissances ont constamment maintenu leur tutelle sur l’avenir du pays.

Une impression de « déjà vu » se dégage de ce livre, sauf qu’aujourd’hui la tutelle financière a remplacé la soumission politique. Hier, comme aujourd’hui, les élites tentent d’étouffer le mouvement populaire. Au moment de la visite de Merkel à Athènes, ce pan d’histoire revient à la surface. Enfin.

Un député grec, la main dans la culotte

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Au moment où la résistance ouvrière, paysanne et des salariés s’affirme en Grèce contre les mesures d’austérité, la crainte de la bourgeoisie européenne devient totale. Car derrière la Grèce, il y aura aussi les peuples portugais et espagnols qui pourraient intervenir rapidement, placés dans des situations identiques.

Pour l’heure, une grève générale est annoncée en Grèce le 24 février contre la baisse des salaires, l’augmentation de l’âge de la retraite, la fermeture des services publics dits « non rentables » et la suppression d’aides sociales de base.

La mise sous tutelle européenne d’un Etat indépendant au nom d’un pacte de stabilité néo-libéral pose des questions nouvelles sur les droit des peuples à décider de leur destinée au sein de l’Union européenne.

Mais quand il y a résistance, il y a aussi collaboration. Ainsi ce député double national germano-grec au Parlement européen Giorgos Chatzimarkakis (élu du parti libéral FDP allemand) qui déclare dans une interview:

« Je crois que nous sommes bien inspirés et que nous avons une chance de ramener la Grèce sur la voie de la vertu et à vrai dire, les Grecs ont été habitués au cours de leur histoire à avoir des gouvernements étrangers. Plus de 300 ans, ils ont fait partie de l’Empire ottoman et connaissent le fait d’être gouverné de l’extérieur. Je ne veux pas pavoiser là-dessus, je veux simplement exprimer que l’âme grecque connaît déjà un peu cet état et qu’elle ne sera pas trop étonnée de se retrouver dans une telle situation. »

Ben voilà. La boucle est bouclée. Les dominants ont toujours eu besoin de laquais… et celui-ci est pris la main dans la culotte du néo-colonialisme néo-libéral.

Pourquoi des socialistes veulent baisser l’impôt des riches ?

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Les 2/3 du groupe socialiste sont entrés en matière sur la baisse d’impôt proposée par Hans-Rudolf Merz. Ils ont même refusé le renvoi proposé par quelques syndicalistes du PS.

Soyons clair: les ménages qui vont profiter de cette baisse d’impôt voulue par la droite, seront ceux qui ont un revenu de plus de 150.000 frs.

Par contre, les familles qui ont un revenu moyen n’auront au plus qu’une baisse de 3 cafés par mois !

Alors de deux choses l’une: ou la majorité des députés socialistes suisses a perdu la tête, ou alors ils sont les vrais défenseurs de leur nouvelle classe, ces fameux « bobos » qui font progresser les scores de la gauche partout dans le pays…

Et 600 millions de moins dans les caisses publiques pour quoi faire ? Réduire le service public ? Baisser les aides sociales en période de crise ?
Payer la crèche et la garderie des riches ?

Dans ce pays, il y a si peu de résistance populaire organisée, que les partis qui s’affichent à gauche ne prennent même plus de gants pour cacher leur politique.

A propos des échecs répétés de la gauche

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Les échecs de la gauche ne désarçonnent pas que les militants. Dans la population, une sourde inquiétude semble poindre comme si il était automatique que la gauche se renforce au coeur de cette crise de ce système.

Il y a bien sûr la sempiternelle question de l’unité de ceux et celles qui se proclament de la transformation sociale. Mais ce n’est qu’une facette du problème.

Et si la question était: peut-on faire vivre une vraie gauche sans user, utiliser, abuser des mêmes filets et hameçons que la sociale-démocratie ?

Deux courants de la gauche combative répondent, soit par une recherche de pureté révolutionnaire, soit par une présence institutionnelle dans l’attente de temps meilleurs…

Il y a quelques années, le POP vaudois avait organisé une opération-commando destinée à voler quelques 20.000 lettres de l’Etat de Vaud qui devaient signifier des refus ou des baisses de subsides d’assurances maladie. Ces lettres se sont retrouvées le lendemain sur le bureau du Parlement. Le soutien populaire fut instinctif pour une gauche qui pour une fois cessait de se payer de mots.

Pourquoi les militants de la gauche de résistance n’ont pas tenté d’organiser une occupation des sièges de l’UBS ? Pourquoi la gauche ne bloque-t-elle pas les caisses des supermarchés pour que les exclus puissent tenir le coup les fins de mois ? Quand donc la gauche qui se dit écosocialiste bloquera les centres-villes même pour quelques heures pour en faire des centres sans voitures ?

Si une gauche devait émerger, elle ne pourra se construire que sur la base de nouvelles pratiques politiques, faites d’actions directes, de résistances symboliques et de constructions de contre-pouvoirs.

Résistance

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