Ralentissons nous-mêmes la ville !

escargot

Je persiste à penser qu’il y a des villes comme Lausanne, où les gens roulent comme des fous. Dans les quartiers d’habitation, devant les écoles. La désolidarisation, l’individualisme exacerbé, l’absence de toute courtoisie est devenue la marque de fabrique de cette société capitaliste. Au volant, cela a des conséquences directes: l’Autre n’est plus qu’un intrus, un gêneur.

En attendant que les pouvoirs publics prennent des dispositions légales et édictent un code de la rue: 30 km ou 20 km à l’heure partout, interdiction totale des centres villes aux voitures privées, pistes cyclables prioritaires… je propose par des actes citoyens de ralentir nous-même la ville. Un peu d’hygiène quotidienne pour nous rendre la vie plus bonne. Et je ne pense pas qu’aux automobilistes.

Et voici en 5 points:

1. Priorité à la marche à pied à moins de 15 minutes de trajet. Passage uniquement sur les passages piétons et appui régulier des demandes de feu rouge
2. Utilisation prioritaire des transports publics et exigence qu’ils respectent aussi les limitations de vitesse (déjà pour l’exemple…)
3. Utilisation régulière du vélo avec respect des piétons, des pistes cyclables existantes et des feux rouges (!)
4. En voiture, rouler systématiquement à moins de 45 km/h
5. Devant les écoles, rouler systématiquement à moins de 30 km/h

Souvent, dans une même journée, nous sommes à la fois automobiliste, cycliste, piéton ou utilisateur de transports publics. Si nous étions quelques milliers quotidiennement à pratiquer ces quelques actes citoyens… Il se pourrait bien que nous commencions à ralentir la ville.

Permanence publique: au revoir le 24 juin

parait qu'le josef

Depuis 20 ans, je tiens une permanence publique de député. Je l’ai faite comme une sorte de devoir envers ceux et celles qui m’ont élu, comme envers ceux qui ne l’ont pas fait. Un devoir républicain, une médiation hebdomadaire citoyenne.

Cette table ronde de la Pizzeria « Le Boccalino » (76, Avenue d’Ouchy, Lausanne, Métro Ouchy) a vu passer pas mal de monde. Des amis, des désespérés, des cassés de la société, des militants fidèles, des opposants qui voulaient toucher la main du coco. Ce fut une expérience personnelle d’amitié et de compagnonnage extraordinaire.

Je ne sais si j’ai pu aider les uns et les autres… Mais je tiens à dire merci à tous ceux et celles qui ont fait le passage par Ouchy. Car, c’est le moment de dire « au revoir ».

Venez prendre le verre de l’amitié vendredi 24 juin de 18-19H. Il y aura Serge Guidoux, le pêcheur d’Ouchy avec quelques féras fumées, un peu de chasselas de la Ville de Lausanne et des accolades.

La Gauche: la preuve par l’unité

images

Ils l’avaient déjà enterrée, La Gauche. Enfin, ce qu’ils appellent l’extrême-gauche dans les média autorisés ou sur les camemberts politiques .

Personne n’avait rien vu ou prévu. Marc Vuilleumier était le maillon faible à Lausanne… A Genève, elle allait prendre une raclée face au MCG… Bref, c’était tout cuit d’avance, y compris pour quelques socialistes ou verts, qui aiment bien prendre leur rêve pour des réalités. Mais voilà, on progresse à Genève, Renens, Lausanne.

Bon, on va pas fanfaronner. On revient de loin. Divisions par-ci, sectarisme par là. On a sacrément labouré le terrain de notre propre déconfiture.

Il reste que ça résiste. Qu’on s’appelle La Gauche, Ensemble à Gauche, Fourmi rouge, POP-solidaritéS, Solidarité & Ecologie, les dénominations sont secondaires à l’essentiel: malgré le peu de mobilisation populaire et de mouvement social, la gauche anti-capitaliste qui veut changer la société, est une composante qui ne se laisse pas marginaliser dans la vie citoyenne.

Et à cela, il n’y a qu’une seule raison: l’unité et le partage commun du combat politique. Les hommes et les femmes qui en bavent quotidiennement, ont besoin d’espoir. Ils ont besoin d’une force qui les accompagne et sache dépasser les misérables divergences sur des points secondaires. Ils ont besoin d’un front commun ouvert et combatif.

Lorsque le Parti suisse du Travail, les sections popistes ou de solidaritéS auront pris le tournant nécessaire de l’unité dans une même formation politique. Nous pourrions bien faire des merveilles de résistance populaire.

Et pourquoi cela ne serait pas possible ? C’est impossible d’avoir des tendances différentes au sein d’un même parti ? Cela empêche d’avoir son propre journal ou périodique de courant politique ? Cela empêche le libre débat et les discussions passionnées ? A moins que cela soit ennuyeux de ne plus faire les séances à double ou à triple…

Ce parti pris de l’unité, avec tout le respect mutuel, l’amitié dans le combat, c’est la seule chose qui nous ouvrira des perspectives politiques. Cette construction patiente de la Gauche / Alternative Linke / La Sinistra est en train de faire germer l’espoir.

Dans quelques jours, nous verrons les résultats de nos camarades d’Alternative Linke dans le canton de Zürich. Nous regarderons de près les cantonales du Tessin avec une alliance inédite MPS-PC. Et le 1er mai, si tout va bien, nous lancerons notre première initiative fédérale depuis fort longtemps…

Ne piétinons pas ces jeunes pousses. Il y a assez de monde (de toute sorte) qui se chargent de les écraser.

Un gouvernement féminin pour augmenter l’âge de retraite des femmes ?

touche pas

Les partis bourgeois suisses peuvent se frotter les mains. La crise du pouvoir n’est pas pour demain dans notre pays. Il faut dire qu’avec une gauche social-libérale aussi prompte à collaborer et … une gauche de résistance aussi faible, l’avenir radieux est devant nous !

Les femmes ont attendu longtemps d’être majoritaire au Conseil fédéral. C’est une belle victoire légitime pour cette majorité de la population. Victoire d’étape bien sûr lorsqu’on pense à la composition du Parlement, de l’égalité réelle des salaires, du partage des tâches… Mais enfin, on vient de loin: ce n’est tout de même que depuis 1971 que les femmes ont le droit de vote et d’éligibilité. Bien après plusieurs pays qui voilent les femmes…

Mais là où les partis bourgeois font fort, c’est que maintenant avec un Gouvernement fédéral à majorité femmes, c’est lui qui va se battre pour imposer l’augmentation de la retraite des femmes à 65 ans. Ce n’est pas une belle victoire symbolique dans les têtes ?

A moins que 50.000 femmes et quelques hommes ne se précipitent en manifestation monstrueuse dans les rues de Berne pour exiger que ce Gouvernement de femmes retire ce projet scandaleusement anti-social.

Mais je dois rêver. Et c’est cela que les partis bourgeois veulent: casser le rêve de justice sociale avec en plus des femmes au pouvoir.

C’est cela la victoire cachée du Parlement de hier..

Drôles de socialistes contre la caisse unique…

Caisse unique

Il y a deux jours, mon initiative "Libre choix cantonal. Caisse unique ou concurrence pour l’assu­rance-maladie de base" a été refusée en commission au Conseil national par 4 oui 15 non et 6 abstentions. Rien que de très normal, me direz-vous… vu l’infiltration des lobbys dans la commission de la santé.

Il reste que le plus curieux, c’est le refus de soutien de la quasi-totalité des socialistes, sauf du président de l’Union syndicale suisse. On se perd en interrogations multiples.

Car au moment même où le parti socialiste du canton du Jura veut lancer une initiative cantonale en la matière, le PS refuse la même idée en commission.

A moins que la raison soit plus prosaïque… je ne suis pas dans le bon parti. Diable que la politique politicienne est terrible pour les personnes modestes.

Caisses uniques cantonales… tiens, tiens.

caisse unique

Maintenant, ils parlent tous de la caisse unique cantonale ou régionale. C’est intéressant. J’imagine donc sans peine qu’ils vont pouvoir soutenir mon initiative parlementaire déposée en juin de l’année passée.

Elle demande que la législation de la loi sur l’assurance-maladie soit modifiée afin de permettre une dérogation lorsqu’un canton souhaite instaurer une caisse unique cantonale pour l’assurance de base.

Les primes d’assurance-maladie sont cantonales. Les assurés ont l’obligation de s’assurer dans leur canton. Les Zurichois et les Genevois ne peuvent pas choisir de s’assurer en Appenzell pour payer les mêmes primes que les Appenzellois. La Suisse a très clairement 26 systèmes de santé.

Les planifications hospitalières sont faites dans chaque canton de façon autonome. Elles ne sont pas faites au niveau fédéral. Les densités médicales et hospitalières varient fortement d’un système de santé (canton) à un autre système de santé (canton).

Il est, par conséquent, logique que chaque canton (système de santé) puisse choisir le mode de financement (prime par tête, impôt sur le revenu, etc.) et la création d’une caisse-maladie unique cantonale ou la mise en concurrence d’assureurs privés pour l’assurance-maladie de base.

Tout cela est d’une telle évidence, mais voilà… l’idée qu’ils continuent à discuter dans tous les coins de Suisse, ne vient pas du bon parti…

La nouvelle loi contre les chômeurs est un Titanic

sera-t-il-chomeur

En pleine tempête, les partis au pouvoir ont de l’imagination. Ils préfèrent jeter les canots de sauvetage plutôt que de risquer que les noyés les utilisent. Le syndrome du Titanic est à l’oeuvre.

Etrange ambiance hier et avant-hier à la Commission de l’économie du Conseil national… c’est par 24 voix contre UNE (je ne vous dirais pas laquelle…) que la commission a décidé d’entrer en matière sur la 4ème révision de l’assurance-chômage.

Des coupes et encore des coupes pour faire boire la tasse aux chômeurs, ces abuseurs, ces fainéants, cette racaille de la société.

Vous en voulez ? Florilège… contre les jeunes chômeurs, les précaires, les cantons avec fort taux de chômage…

Concernant le nombre maximum des indemnités journalières calculé selon la période de cotisation, la droite veut 260 indemnités journalières si l’assuré justifie d’une période de cotisation de 12 mois ; 400 indemnités
journalières s’il justifie d’une période de cotisation de 18 mois ; 520 indemnités journalières s’il justifie d’une période de cotisation de 22 mois et qu’il a atteint un certain âge ou qu’il touche une rente AI.

Concernant les assurés de moins de 30 ans n’ayant pas d’obligations d’entretien envers des enfants: 260 indemnités journalières au maximum; les assurés de moins de 25 ans n’ayant pas d’obligations
d’entretien envers des enfants:130 indemnités journalières au maximum !

Concernant les cantons touchés par un fort taux de chômage: impossibilité comme aujourd’hui de demander au Conseil fédéral d’augmenter de 120 le nombre maximal d’indemnités journalières.

Comment les socialistes et les verts osent entrer en matière avec des pénalisations, des attaques sociales invraisemblables de la sorte ?

Dans les cas pareils, il faut faire bloc, résister, refuser et… préparer le référendum populaire pour que le peuple donne la gifle que la droite et ces nantis méritent !

Ils se sont servis dans la caisse des collectivités publiques pour renflouer leurs banques et maintenant le petit peuple doit payer l’addition.

Où Abimi nous sert un Lausanne sans pourboire…

Apéro

Daniel Abimi vient de commettre son premier roman. Et c’est un rompol qui se dévore, on ne le lâche plus des mains.

Bien sûr, c’est à cause de Lausanne, me direz-vous… Pas seulement. C’est ciselé comme une classe sociale. Dans ce roman, on ne se mélange pas, sauf au plumard.

L’autre face de Lausanne, pas celle de Lausanne Jardins, de l’éco-quartier, des bobos, qui sentent bon le savon.

Curieusement, ici le "commissaire" Montalbano ou Pepe Carvalho, n’est pas un flic, il est de fait remplacé par un journaliste dans un grand quotidien local. Il mange, il boit aussi, mais que dans des bistrots populaires avec du gros rouge qui tâche fort. Et les mets sont lourds comme l’athmosphère. Lausanne est une vraie ville, mais de province blafarde.

Allez, je ne vous en dit pas plus.

Si: ce roman s’appelle "Le Dernier Echangeur", Daniel Abimi est son auteur et Bernard Campiche, son éditeur.

Daniel Abimi a failli être lauréat du Grand Prix Champignac de 1993 avec la phrase: «Directeur de la Sécurité sociale et de l’environnement depuis quatre ans, le socialiste Pierre Tillmanns a été confronté à une terrible hausse du nombre des chômeurs. Il a mis sur pied de nombreux chantiers d’occupation. Tout en favorisant le recyclage des déchets.» Il s’est rattrapé depuis. Son profil Facebook indique qu’il a visité la ville de Mekele en Ethiopie.

41.000 vaudois ont signé une initiative… vous le saviez ?

censure

Bizarre, non ? Pas une ligne d’info dans la presse, étrange, non ? Même si c’est un record vaudois en la matière …

Dans le Canton de Vaud, il faut 12.000 signatures pour une initiative cantonale. Hier 41.000 vaudois ont déposé une initiative, soit presque 3 fois et demi le nombre nécessaire. Et vous n’en saurez rien, parce que c’est ainsi que travaille la soit-disant presse d’information généraliste.

Hier, jeudi 10 septembre, 193.368 citoyens suisses ont déposé l’initiative populaire fédérale « Pour des jeux d’argent au service du bien commun ». Parmi eux, ces fameux 41.000 vaudois…

Cette initiative demande que les jeux d’argent en Suisse soit basés sur des principes clairs et servent le bien commun. C’est-à-dire que tous les jeux d’argent servent l’utilité publique.

De plus, Confédération et cantons doivent unir leurs forces pour coordonner leur politique en la matière et combattre l’addiction au jeu.

Enfin, il est exigé que les loteries et les paris restent de la compétence des cantons, qui devront remettre l’intégralité de leurs bénéfices à l’utilité publique culturelle, sociale et sportive.

Vous ne trouvez pas étrange qu’une véritable mobilisation populaire soit censurée totalement dans la presse dite de grande information. Vous savez cette même presse qui ne cesse de pleurer pour obtenir des tarifs préférentiels pour la distribution par la poste, des aides de la Confédération et j’en passe.

Il y a des baffes qui se perdent ! Car de tout cela vous n’en saurez rien de rien !

A propos des échecs répétés de la gauche

engrenage

Les échecs de la gauche ne désarçonnent pas que les militants. Dans la population, une sourde inquiétude semble poindre comme si il était automatique que la gauche se renforce au coeur de cette crise de ce système.

Il y a bien sûr la sempiternelle question de l’unité de ceux et celles qui se proclament de la transformation sociale. Mais ce n’est qu’une facette du problème.

Et si la question était: peut-on faire vivre une vraie gauche sans user, utiliser, abuser des mêmes filets et hameçons que la sociale-démocratie ?

Deux courants de la gauche combative répondent, soit par une recherche de pureté révolutionnaire, soit par une présence institutionnelle dans l’attente de temps meilleurs…

Il y a quelques années, le POP vaudois avait organisé une opération-commando destinée à voler quelques 20.000 lettres de l’Etat de Vaud qui devaient signifier des refus ou des baisses de subsides d’assurances maladie. Ces lettres se sont retrouvées le lendemain sur le bureau du Parlement. Le soutien populaire fut instinctif pour une gauche qui pour une fois cessait de se payer de mots.

Pourquoi les militants de la gauche de résistance n’ont pas tenté d’organiser une occupation des sièges de l’UBS ? Pourquoi la gauche ne bloque-t-elle pas les caisses des supermarchés pour que les exclus puissent tenir le coup les fins de mois ? Quand donc la gauche qui se dit écosocialiste bloquera les centres-villes même pour quelques heures pour en faire des centres sans voitures ?

Si une gauche devait émerger, elle ne pourra se construire que sur la base de nouvelles pratiques politiques, faites d’actions directes, de résistances symboliques et de constructions de contre-pouvoirs.