Où Abimi nous sert un Lausanne sans pourboire…

Apéro

Daniel Abimi vient de commettre son premier roman. Et c’est un rompol qui se dévore, on ne le lâche plus des mains.

Bien sûr, c’est à cause de Lausanne, me direz-vous… Pas seulement. C’est ciselé comme une classe sociale. Dans ce roman, on ne se mélange pas, sauf au plumard.

L’autre face de Lausanne, pas celle de Lausanne Jardins, de l’éco-quartier, des bobos, qui sentent bon le savon.

Curieusement, ici le "commissaire" Montalbano ou Pepe Carvalho, n’est pas un flic, il est de fait remplacé par un journaliste dans un grand quotidien local. Il mange, il boit aussi, mais que dans des bistrots populaires avec du gros rouge qui tâche fort. Et les mets sont lourds comme l’athmosphère. Lausanne est une vraie ville, mais de province blafarde.

Allez, je ne vous en dit pas plus.

Si: ce roman s’appelle "Le Dernier Echangeur", Daniel Abimi est son auteur et Bernard Campiche, son éditeur.

Daniel Abimi a failli être lauréat du Grand Prix Champignac de 1993 avec la phrase: «Directeur de la Sécurité sociale et de l’environnement depuis quatre ans, le socialiste Pierre Tillmanns a été confronté à une terrible hausse du nombre des chômeurs. Il a mis sur pied de nombreux chantiers d’occupation. Tout en favorisant le recyclage des déchets.» Il s’est rattrapé depuis. Son profil Facebook indique qu’il a visité la ville de Mekele en Ethiopie.

Couchepin a juste lancé les élections de 2011

kif kif bourricot

Le coup du Conseiller fédéral Couchepin est radical: il a fait à son parti un cadeau inespéré. Alors qu’il est en perte de vitesse partout, le parti libéral-radical va pouvoir mener une pré-campagne électorale sans frais, au moment où la manne de l’UBS semble se tarir. En cette période de vache maigre, ce n’est pas négligeable de pouvoir mobiliser l’ensemble des médias, de jouer les diva par-ci et par-là.

Vous allez voir une bonne cinquantaine de candidates et de candidats monter au filet pour se vendre à qui mieux mieux, dans tous les cantons. Parions même que tous les parlementaires libéraux-radicaux qui veulent se représenter en 2011, se feront un point d’honneur d’être sur le tableau de chasse…

Et ne nous parlez pas de programme politique. Dans ce genre d’élection, tout cela est secondaire, car le programme néo-libéral est archi-connu, qu’il soit radical-libéral ou démocrate-chrétien. Ils vont juste faire semblant de ne pas en parler pour se concentrer sur des futilités, qui amuseront le peuple, enfin qui tenteront d’amuser plutôt.

Et ce ne sont pas les socialistes avec leurs petites demandes sociales et les verts avec leur « new green deal » qui ne finiront pas par tomber dans le piège que Couchepin leur a tissé. Car, quoi qu’il en soit, ils finiront par choisir un néo-libéral PDC ou un néo-libéral radical. Kif kif bourricot.

Couchepin voulait partir seul, il savait bien pourquoi. Non seulement il doit bien cela à son parti comme dernier cadeau, mais il sait très bien que c’était la seule façon de sauver le siège de sa famille politique.

La gauche est pavée de donneurs de leçons

gauche

A peine lancé, l’Appel pour une vraie force politique alternative de gauche , suscite des commentaires bien intentionnés. Comme d’habitude, les plus proches concernés sont les plus méfiants.

Florilège gourmand:

"Je m’étonne du procédé. A mon avis. c’est irréalisable." dit Jean-Luc Ardite, président du Parti du Travail de Genève

Et oui, désormais, il faut déposer une demande pour pétitionner publiquement…

" Je ne suis pas sûr d’avoir vu dans l’appel lancé qu’ils sont bien anticapitalistes", révèle Jean-Michel Dolivo, de solidaritéS-Vaud.

Dame ! il y a un brevet d’anticapitalisme ? Et il s’acquiert où ?

"De prime abord, c’est plutôt séduisant. Je crains seulement qu’il ne s’agisse d’une agitation sans lendemain plutôt que d’une réelle réflexion politique." déclare avec emphase Alain Bringolf, ancien président du PST-POP

Diable, où est-ce qu’on va avec tous ces agitateurs…

"Je suis prêt à accepter leur rhétorique antisocialiste pavlovienne s’ils sont sérieux" concède Christian Levrat, chef du PSS.

Oups, on ne rigole royalement pas dans ce milieu…

On se demande presque comment la gauche d’opposition existe encore avec tant de donneurs de leçons et de rabatteurs de joie…

Je sais que c’est triste tout cela, mais le train est parti, les signatures s’accumulent, les casseurs d’espoirs ne réussiront peut-être pas à empêcher un mouvement pluriel de naître. Ce n’est pas une course contre la montre, mais une course de sens.

Ah, si toutes ces bonnes âmes, qui ont l’air de connaître leur Capital par coeur, étaient juste un peu animées du merveilleux Manifeste des intellectuels antillais "pour des sociétés post-capitalistes"… On sortirait de passéisme et on entrerait vers le possible.

Supprimer le secret bancaire avant de finir comme l’Islande

secret

Il faut arrêter de tourner autour du pot: la fraude fiscale de l’UBS et la levée forcée partielle du secret bancaire n’est pas un épiphénomène, c’est le coeur du problème.

Le maintien du secret bancaire suisse, le soit-disant «label de qualité» défendu de l’UDC au parti socialiste, doit être rapidement supprimé, plus clairement interdit dans notre Constitution fédérale.

Encore une fois, et nous le disons depuis des années sans être écouté, le secret bancaire n’a qu’un seul objectif: augmenter l’accumulation privée, au moyen de l’évasion fiscale et du détournement de fonds publics. Les seuls perdants sont les salariés et les peuples.

Si l’UBS est prête à payer, dans une simple transaction… près de 1 milliards de francs suisses (que le peuple suisse vient de lui donner !), c’est qu’elle a parfaitement compris le risque immédiat sur l’ensemble du secret bancaire suisse.

Il n’y a plus aucune raison de refuser, à l’Union européenne notamment, le contrôle de toute cette soustraction fiscale qui a fait de notre pays, le pays des recels frauduleux et du blanchiment gigantesque d’argent du monde entier.

Finalement, la politique des banques, du Conseil fédéral, des partis politiques qui le composent est en train de nous mener dans la déconfiture la plus totale. On n’a pas voulu écouter les propos anti-capitalistes que nous tenions depuis des années… Ce gouvernement ne sera rien d’autre que le fossoyeur de notre pays.

Si la population salariée ne veut pas être entraînée dans une catastrophe économique comme l’Islande, il est urgent:

1. De supprimer le secret bancaire unilatéralement et d’inscrire cette volonté de transparence dans la Constitution fédérale
2. De créer un pôle public du crédit pour un contrôle démocratique des richesses produites et des choix d’investissement

Je vais déposer en ce sens une initiative parlementaire à la prochaine Commission de l’économie et des redevances le 25 janvier prochain.

La table du Traité était un tapis volant

Table traité Lausanne

Etrange destin de table, que celle du Traité de Lausanne du 24 juillet 1923. Autour d’elle, s’étaient assis des Grecs, des Turcs, des Serbes, des Croates, des Slovènes, des Roumains et les grandes puissances de l’époque. Les Kurdes et les Arméniens y furent absents… et pour cause.

La table était propriété de l’Etat de Vaud (canton suisse dont la capitale est Lausanne), jusqu’à ce qu’un voyage présidentiel suisse tout récent en Turquie modifie cette propriété soudainement en propriété confédérale.

Le Canton de Vaud, qui devait être fier de posséder cette table historique, comme d’ailleurs de posséder (indirectement) le Château d’Ouchy, où une plaque commémorative y est apposée, s’est débarrassé de cet encombrant objet, sans sourciller.

Et voilà, la table du Traité, partie pour la Turquie, en cadeau officiel pour « consolider les relations » entre la Suisse et la Turquie.

C’est ce que la Suisse appelle la diplomatie active. Lorsqu’on signe un traité dans notre cher pays neutre, quelques années plus tard, les éléments symboliques de ce traité vont donc se retrouver chez l’un des partenaires de ce traité. A choix. En fonction des intérêts du moment.

Notre Ministre des affaires étrangères appelle cela « un contexte muséographique ». Nous, nous appelons cela de la politique du tapis volant… ou volé aux habitants de notre pays qui ont accueillis cette conférence internationale.

Et ne vous demandez pas pourquoi des Arméniens ou des Kurdes la trouvent saumâtre cette politique sélective sans respects pour les symboles les plus élémentaires…

Gaza: il n’y a pas que le blocus israélien

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Je suis rentré mercredi dans la nuit. Difficile de décrire la situation de cette prison ouverte. Les mots me manquent. Mes nuits voient défiler les visages et les instants de ce désastre humain. Un million et demi d’habitants enfermés dans une bande côtière: il faut s’imaginer toute la Suisse romande entassée entre Genève et Morges.

Nous avons réussi à casser le blocus israélien avec les 13 parlementaires. Nous avons pu apporter cette tonne de médicaments. C’était à la fois dérisoire et nécessaire. Mais la réalité sur place dépasse tout entendement.

Ce matin encore, aucune nourriture, notamment la farine, n’a pu passer les frontières. L’électricité va manquer cruellement. Bref, l’état sanitaire, social et économique de la population est en dégradation constante. Les organisations humanitaires sont dans l’incapacité de répondre aux besoins les plus élémentaires.

Il y a le blocus israélien constant, violent. Mais il y a le blocus égyptien tout aussi scandaleux. Depuis juin 2007, la frontière n’a été ouverte que trois fois à Rafah. Les autorités égyptiennes ont refusé le passage de la délégation de 53 parlementaires européennes que nous projetions, ce qui nous a obligé de partir par frégate depuis Chypre.

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Il faut voir les tunnels creuser à quelques centaines de mètres de la frontière égyptienne. Des dizaines de tunnels, parfois d’une profondeur de trente mètres. Des tunnels dangereux, instables, menaçant de s’écrouler à tout instant, parfois gazés par les militaires égyptiens. Et pourtant, c’est de ces tunnels immondes que passent une partie indispensables des vivres, des médicaments, de l’essence. Ils sont l’objet de tout un trafic noir. On parle de prix démentiels multipliés par trois pour toutes les marchandises. La vie à Gaza est désormais plus chère qu’à Genève. Je vous invite à lire le témoignage d’Eugènie Rébillard paru dans l’hebdo Politis de cette semaine.

Il y a finalement aussi le blocus inter-palestinien, celui du Fatah de Cisjordanie, qui contrôle une partie de l’aide internationale. La division entre Gaza et Ramallah ne fait que renforcer le blocus israélien. Le Monde Diplomatique d’octobre par la voix de la journaliste israélienne Amira Hass décrit avec précision cette situation de double autorité.

Certes, nous avons été accueilli à notre descente de bateau par les autorités issues du Hamas. Et alors ? Au nom de quoi, nous devrions refuser de discuter avec ceux qui ont gagné les élections dans cette partie de la Palestine. Mais je me rappelle encore de ce prêtre catholique qui nous accueilli aussi, comme des rencontres avec les représentants de la société civile, des forces de gauche. Car la vie démocratique est une constante de la Palestine, malgré ceux qui tentent de la faire taire.

Pour l’immédiat, il y a un devoir de solidarité. Pour desserrer l’étau. Quelques projets de modestes coopérations ou jumelages en matière sanitaire et scolaire entre la Suisse et Gaza pourraient se mettre en place. Inchallah.

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24 heures semble ne plus croire à la non élection de Josef

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S’il est une chose qui aura été constante durant cette campagne pour l’élection au Conseil d’Etat, c’est la détestation manifestée par 24 heures à l’égard de la candidature de Josef.

Le quotidien vaudois et ses rédacteurs politiques ont en effet décidé dès le début de soutenir la droite, et c’est bien sûr leur droit. Il y a même là une certaine logique, lorsque l’on songe que l’essentiel des revenus du journal provient de la publicité, une publicité dont les deniers sortent en grande partie des poches de ceux pour qui travaillent politiquement monsieur Leuba et madame De Quattro.

Mais ce qui aura été amusant, c’est de voir 24 heures user parfois de méthodes jusque là peu courantes dans les colonnes politiques du journal.

L’autre jour, Michel Pont se transformait ainsi en comportementaliste pour vanter la droite et dénigrer la gauche, allant même jusqu’à inviter dans sa page un très amusant, quoiqu’un peu ridicule, «expert en communication».

Aujourd’hui, ne sachant décidément plus comment faire passer son message électoraliste, le même Michel Pont revêt le turban de la divination et fait parler sa boule de cristal: «Au terme d’un marathon électoral, les Vaudois aspirent au statu quo» – et pour la Loterie à numéros, quelles sont les prévisions?

Surtout, faisant l’inventaire des qualités (pour la droite) et des défauts (pour la gauche) des candidats du deuxième tour, le journaliste politique de 24 heures lit non plus dans sa boule magique, mais directement dans les entrailles de Josef: «le popiste semble ne plus croire en ses chances depuis le premier tour».

Arrivé là — à ce niveau d’analyse — soit Michel Pont voit dans ses rêves le candidat A gauche Toute! lui faire des confidences, soit 24 heures, n’arrivant plus à croire rationnellement à la non élection de Josef, s’est mis à la méthode Coué.

C’est pas tous les jours facile…

pmg

Débat à 24 heures, suite…

Vous le savez, vendredi après-midi avait lieu un débat dans les locaux du quotidien vaudois, entre Philippe Leuba et Josef Zisyadis, débat animé par les journalistes Michel Pont et Laurent Busslinger. L’article qui allait en résulter devait paraître le lendemain, soit samedi. Mais finalement, la parution de ce débat dans 24 heures a été reportée à lundi.

En attendant, voilà d’autres images de la rencontre entre le candidat libéral et Josef.

Débat à 24 heures

Cet après-midi, a eu lieu dans les locaux de 24 heures un débat entre Philippe Leuba et Josef Zisyadis qui paraîtra demain dans le quotidien vaudois.

Pour l’instant, les journalistes Laurent Busslinger et Michel Pont sont toujours en train de rédiger leur article. Mais le Z-blogue vous présente en avant-première quelques image de la rencontre. La suite demain.