Manger est un acte agricole

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Lancée par des passionnés du goût, soutenue par des chefs-cuisiniers du territoire, rejointe par des producteurs authentiques du pays, la Semaine suisse du Goût est devenue depuis 16 ans une fête populaire du partage de la nourriture.

Chaque année, elle s’affirme comme plateforme nationale de la nourriture « bonne, propre et juste ». Petit-à-petit, les partenariats se tendent la main.

Quel sens donner à toute cette fête ? Rien de moins que l’appropriation de notre nourriture quotidienne que l’industrie agro-alimentaire s’est accaparée, souvent par notre passivité.

Que mangerons-nous en 2030 ? Certains ont l’objectif de nous faire ingurgiter des alicaments, des OGM, de la nourriture individualisée et standardisée. Bref, un programme de négation non seulement de la biodiversité alimentaire et culinaire, mais aussi du plaisir du goût.

Les moyens d’inverser ce système productiviste sans âme existent. La « famine au sud et la malbouffe au nord » n’est pas inscrit dans nos gênes. Ce modèle agro-alimentaire est arrivé à ses limites.
Par bonheur, nous avons les possibilités citoyennes de revoir cette copie médiocre, faite de pesticides dans les aliments, d’animaux gavés de soja OGM importé ou d’épidémie d’obésité.

Nos solutions ont pour nom : lutte contre le gaspillage alimentaire, plateforme de circuits courts, agro-écologie, ceinture verte autour des agglomérations, plus de légumineuses, de fruits et légumes et moins de viande robotisée. Et surtout : des producteurs de la communauté qui nous nourrit, payés à leur juste prix !

Prenez le temps de voyager dans le pays avec convivialité pendant cette Semaine du Goût 2016 !

De la nourriture électorale

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Le débat sur l’avenir de notre nourriture ne semble pas passionner les commentateurs des élections fédérales. Et pourtant, la Suisse va vivre dans les 4 ans qui viennent, un débat assez unique au monde, celui de son alimentation.

Elles sont 4 initiatives à se bousculer au portillon. Certaines ont déjà abouti (Pour la sécurité alimentaire de l’Union suisse des paysans, Contre la spéculation sur les denrées alimentaires des Jeunes socialistes), d’autres sont sur les rails (Pour des aliments équitables des Verts et Pour la souveraineté alimentaire du syndicat paysan Uniterre).

Unique au monde ce débat, parce que la population suisse, qui vit l’industrialisation de la nourriture dans son quotidien, jusqu’à la nausée … va pouvoir ajouter son grain de sel. Ailleurs, malgré les initiatives citoyennes pour sortir du supermarché, les décisions sont l’appropriation stricte à défaut des gouvernements, des multinationales de l’agro-alimentaire qui imposent leur libre-échangisme mondial.

Une petite enquête toute récente sur environ 600 candidats 2015 dans toute la Suisse donne la mesure des sommes folles que va devoir engager, sans tarder, le secteur de la malbouffe pour nous convaincre du contenu de « leur » assiette.

Bizarrement, les 4 initiatives passent la rampe des 600 consultés. Certes, avec des différences, mais toutes, pour l’heure ! En tête celle de l’USP, mais très vite derrière celle d’Uniterre. Bien sûr, avec une Romandie plus favorable que le reste du pays. Et la ligne de démarcation traverse les clivages gauche-droite, avec des candidats de droite qui doivent montrer leur inquiétude sur la destruction exponentielle de la paysannerie.

On verra… Et les sommes colossales qui vont être engagées (prises sur notre nourriture, comme pour les caisses maladies) et la résistance du bon sens populaire face aux affameurs climatiques.

Personne ne parle de ce débat qui s’annonce. Raison de plus pour signer toutes les initiatives qui restent. Les surprises ne sont pas exclues. Il est grand temps de pouvoir choisir la sauce que nous voulons manger.

in L’Hebdo

La joie du court-circuit

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Quinze ans déjà que la Semaine du Goût s’étend dans tout le pays. Cette fête de la nourriture « bonne, propre et juste » selon Slow Food, est un rendez-vous des  gastronomes du quotidien. C’est l’affirmation que notre nourriture nous appartient, malgré la volonté de l’industrie agro-alimentaire de nous en déposséder.

Dans tout le pays, vous allez retrouver des initiatives locales,associatives, de passionnés. Elles ont pour point commun de remettre la nourriture au centre de notre vie quotidienne. Prendre le temps de manger en famille, en commun, c’est du temps gagné. C’est le temps de la joie et de l’amitié partagée.

Savez-vous que la majorité de la nourriture que nous allons manger la semaine prochaine, n’est pas encore arrivée au pays ? L’industrie agro-alimentaire, c’est la « gestion des flux tendus »: les céréales,les fruits et les légumes font des centaines, des milliers de kilomètres.

A la Semaine du Goût, nous voulons privilégier la production locale, nous voulons faire vivre une communauté de producteurs, qui se bat pour nous nourrir. C’est tout l’enjeu de la souveraineté alimentaire. Vivement que les trois initiatives populaires de l’Union Suisse des Paysans, des Verts et d’Uniterre soit soumises à la discussion populaire, avant que la Suisse ne devienne un désert alimentaire.

Alors un grand merci à tous ces producteurs, restaurateurs, enseignants,cuisiniers, qui nous proposent des événements « fait maison » (comme le label qui va naître cet automne). Ils mettent un point d’honneur à travailler avec les artisans de l’économie locale, celle qui permet de vivre et travailler au pays.

Tous nos partenaires fidèles, et les nouveaux qui nous rejoignent,remplissent un rôle particulier, celui de la défense du goût. Avec Paolo Basso,meilleur sommelier du monde, Parrain de la manifestation, et Locarno, la Ville suisse du Goût 2015, vous avez en main tous les épices de cette Semaine du Goût. Prenez le temps de vivre la joie du court-circuit !

Rendre au peuple grec ce qui est au peuple grec !

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APPEL CITOYEN à l’attention du Conseil Fédéral

Tout comme le fisc étasunien pour ses citoyens, le peuple grec et son gouvernement ont le droit de savoir qui cache son argent en Suisse.

Depuis 2008, le peuple grec est soumis à une cure d’austérité sans précédents. Aujourd’hui, une partie considérable de la population, parmi laquelle un très grand nombre d’enfants, n’a plus accès à une nourriture en quantité et qualité suffisantes ni aux soins médicaux de base.

Le niveau de vie de la majorité de la population a été drastiquement réduit par des coupes successives dans les salaires et les retraites. De même, l’accès à l’éducation est réduit aussi bien par les coupes budgétaires massives que par la pauvreté qui oblige les enfants à travailler pour aider financièrement les familles à faire face à la situation.

Cet appauvrissement favorise le développement de forces politiques propageant la haine raciale et la violence, ce qui rappelle les heures les plus sombres de l’histoire européenne récente, celle du 20ème siècle.

Ces souffrances sont imposées au peuple grec par la troïka formée de l’Union européenne, l’UE, de la Banque centrale européenne, la BCE et du Fonds monétaire international, le FMI. En échange de versements au pays pour rembourser la dette auprès des banques européennes, ce sont des sacrifices toujours plus grands que la troïka exige depuis six ans.
Le 25 janvier dernier, le peuple grec a décidé démocratiquement de se doter d’un gouvernement de rupture avec l’austérité, avec les mémorandums, avec les diktats de la troïka. Depuis, le gouvernement d’Alexis Tsipras a déjà pris une série de mesures pour alléger les souffrances de la population.

Cependant, c’est au nom de la dette que l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international maintiennent leurs exigences : en essayant d’imposer leur volonté au peuple grec c’est la réalisation du programme sur lequel le gouvernement de Syriza a été élu qu’ils rendent impossible.

Or, la dette publique de la Grèce n’est pas le fait d’une prétendue fainéantise des Grecs: elle résulte de toute une série de choix politiques et de facteurs économiques parmi lesquels l’évasion fiscale.

A elle seule, d’après le journal allemand Die Zeit, l’évasion fiscale représentait en 2010 l’équivalent de deux fois et demie le PIB du pays. Aujourd’hui, le montant des avoirs échappant au fisc grec est unanimement estimé à plusieurs centaines de milliards d’euros.

De fortes chances existent qu’une partie de cet argent repose dans les coffres des banques suisses.

Il y a quelques années seulement, le Conseil fédéral a transmis au fisc des Etats-Unis la liste des plusieurs milliers de citoyens étasuniens disposant de comptes dans les banques suisses. Ceci pour sauver les activités d’UBS aux Etats-Unis.

Aujourd’hui, nous demandons solennellement au gouvernement de la Suisse d’en faire de même pour permettre au gouvernement grec de réaliser le programme pour lequel il a été démocratiquement élu.

Ainsi, nous demandons au Conseil fédéral de transmettre le plus rapidement possible au gouvernement de la Grèce la liste des citoyens grecs détenteurs de comptes dans les banques suisses.

Premières et premiers signataires:
Albert Anor, Genève, Isabelle Aparicio, Prilly, Ernest Badertscher Orbe, Jean Batou, Genève Christophe Béguin, L’Abergement, Anne-Marie Bergdol, Chexbres, Bernard Borel, Aigle, Enrico Borelli, Lugano, Claire Bozonet, Genève, Elisabeth Brindesi, Lausanne, Michel Buhler, L’Auberson, Gerardo Callisto, Lausanne, Claude Calame, Lausanne, Manuela Cattani, Genève, Franco Cavalli, Bellinzona, Patrice Charpentier, Lausanne, Bruno Clément, Genève, Joseph Daher, Lausanne, Davide De Filippo, Genève, Helena De Freitas, Genève, Pierre Dekkers, Meyrin, Erika Deuber-Ziegler, Genève, Willy Eberle, Zürich, Claude Desimoni, Savigny, Michel Favre, Tramelan, Pierluigi Fedele, Delémont, Claudine Fischer Payerne, Christophe Gallaz, Genève, Giovanni Galli, Locarno, Elisabeth Gaudin, Genève, Paolo Gilardi, Genève, Luc Gilly, Genève, Martial Gottraux, Villarimboud, Stéphane Guex-Pierre, Genève, Jean-Pierre Guignard, Lausanne, Jocelyne Haller, Genève, Franz Hohler, Zürich, Thierry Horner, Genève, Nago Humbert, Cortaillod, Dominique Isperian, Martigny, Pierre Jeanneret, Grandvaux, Annick et Jean-Pierre Keller-James, Présinge, Daniel Künzi, Genève, Maillard Philippe, Lausanne Janine Massard, Lausanne, Jean-Marie Meilland, Martigny, Claire Martenot, Genève, Jean-François Musy, Turin, Oggier Claudine, Troistorrents, Magali Orsini, Genève, Albert Nahory, Genève, Vasco Pedrina, Zürich, Katharina Prelicz-Huber, Zürich, Albert Stolz, Aarau, Rita Schiavi, Bern, Tobia Schnebli, Genève, Sabrina Scardua, Tartegnin, Carlo Sommaruga, Genève, Anna Spillmann, Genève, Willy Streckheisen, Lussy-sur-Morges, Pierre Strauss, Genolier, Michel Thévoz, Lausanne, Christos Tiphticoglou, Genève, Melina Tiphticoglou, Genève, Micheline Tiphticoglou, Genève, Christian Tirefort, Genève, Ursi Urech, Aarau, Nicolas Verdan, Chexbres, Eric Voruz, Morges, Bernard Voutat, Lausanne, Salika Wenger, Genève, Cédric Wermuth, Baden, Angelo Zanetti, Bellinzona, Marco Zappa, Bellinzona, Jean Ziegler, Genève, Josef Zisyadis, Lausanne, Zürcher Ernst, Biel.

signatures: avoirs-grecs@hotmail.com

Appel suisse « Changer la Grèce »

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Changer la Grèce,  Changer l’Europe, Changer pour toutes et tous !

La possible victoire de Syriza aux prochaines élections en Grèce constitue un enjeu considérable pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent que l’Europe change de chemin. Une telle victoire serait l’expression de l’exigence de dignité et de justice, de l’espoir. Les pressions et menaces exercées  par les dirigeants de l’UE, la Troika et les milieux financiers cherchant à peser sur le mouvement social et le choix des électeurs grecs sont inadmissibles.

Partout en Europe, nous allons défendre le droit du peuple grec de choisir librement, de rompre avec l’austérité, de dire non à la crise humanitaire qui sévit dans le pays, d’ouvrir la voie à une méthode radicalement différente, à une réorientation sociale et démocratique, à une perspective nouvelle pour la Grèce.

Alors que la plupart des forces politiques grecques ont choisi de courber l’échine devant la troïka, Alexis Tsipras et Syriza  en ayant décidé de suivre la voie inverse ont su créer,  en étroite coopération avec les nombreux mouvements sociaux,  un large rassemblement, une dynamique qui pourrait devenir majoritaire. Ainsi  est-il proposé d’affronter immédiatement la crise humanitaire, de restaurer les conventions collective et la législation du travail, d’instaurer un système fiscal juste, de démocratiser le système politique. Un futur gouvernement Syriza veut faire  de la Grèce un interlocuteur crédible qui  ouvrira les négociations en posant comme condition préalable la survie du pays et du peuple. Il veut engager le pays sur une voie nouvelle, loin de la corruption et du clientélisme, en faveur d’un nouveau type de développement dans l’intérêt général. Il proposera une conférence européenne  sur la dette  afin que l’annulation d’une partie de la dette et les modalités du remboursement de ce qui reste puissent permettre de relancer l’économie via un grand programme d’investissement public (qui ne devrait pas être comptabilisé par le Pacte de stabilité et de croissance), et la réponse aux besoins sociaux urgents. Il proposera au niveau européen un “European New Deal” pour le développement humain et la transition écologique. Partout en Europe, nous avons besoin de rompre avec la logique qui détruit le commun en Europe et favorise une influence dangereuse au nationalisme et populisme de droite, nous avons besoin  d’un projet nouveau nommé développement solidaire, coopération, démocratie.

Partout en Europe, nous considérons qu’avec un tel changement en Grèce ne se jouera pas seulement l’avenir du peuple grec. Une victoire de Syriza permettra de sortir la Grèce de la situation catastrophique actuelle, mais constituera aussi le début du changement en Europe. La rupture avec les politiques d’austérité menées par les institutions européennes et les gouvernements  serait un signal, un espoir pour les peuples qui cherchent à redresser la tête. En même temps, si les urnes accordent à Syriza les responsabilités du pouvoir, le futur gouvernement grec aura besoin d’un soutien massif des peuples européens, contre toutes les pressions des marchés financiers et des forces politiques qui redoutent une rupture avec les cadres désuets de la mondialisation capitaliste.

Acteurs politiques et sociaux, syndicaux et associatifs, intellectuels, chercheurs, artistes, femmes et hommes de culture, nous n’acceptons pas les pressions qui veulent empêcher le peuple grec de choisir librement. Ceux qui  exercent cette pression aujourd’hui sont co-responables de l’action de la Troika et des choix du gouvernement en place, de la pérennisation des structures de pouvoir à juste titre critiquées  et souhaitent à tout prix poursuivre la néfaste ‘thérapie de choc’.

C’est partout en Europe que nous nous allons prendre nos responsabilités, soutenir les forces qui luttent, modifier les rapports de force, mener la bataille des idées, rassembler toutes celles et tous ceux qui veulent bâtir, avec le peuple grec, une Europe sociale, écologique, démocratique. Nous nous placerons aux côtés du peuple grec parce que son combat est le nôtre.

Les premiers signataires suisses : Christian MARAZZI |Scuola universitaria professionale, Constantin SAYEGH, Docteur, Jean ZIEGLER, Sociologue, ancien parlementaire suisse, Josef ZISYADIS, théologien, ancien parlementaire suisse, Niklaus SCHERR, Gemeinderat AL, Zürich, Pierluigi FEDELE, membre du Comité directeur du syndicat Unia, Marianne HUGUENIN, médecin, Syndique de Renens, ancienne parlementaire suisse, Marc VUILLEUMIER, conseiller municipal de Lausanne,  Walter ANGST, Gemeinderat AL Zürich, Frédéric CHARPIE, secrétaire national de La Gauche suisse,  Nago HUMBERT, président fondateur de Médecins du Monde Suisse, professeur faculté de médecine, Claude MURET, scénariste,  Claude CALAME, Helléniste, EHESS, Paris, Prof. hon. UNIL,  Christian TIREFORT, écrivain, Patrick MORIER-GENOUD, éditeur et auteur, Barbara LANTHEMANN, Députée suppléante Alliance de Gauche Valais, Eduard GUGGENHEIM, Architekt, Planer FH; Gemeinderat AL Stadt Zürich, Pierre Louis PERRENOUD, retraité, Aline GABUS, infirmière, Elisabeth BRINDISI, journaliste, Isabelle LAMM, animatrice socioculturelle, Claire ANKEN, employée de commerce, Anne ROUYET, photographe, Ernest BADERTCHER, ancien député VD, Alain DUPRAZ, ingénieur, Alain CLERC, conseiller international, Alain PESSE, dessinateur de machines et membre d’UNIA, Anne- Marie BERGDOL, médecin, Christiane LAVANCHY, assistante médicale, Giorgio ROMANO, medico, Andrea EGGLI, travailleuse sociale, Jacqueline ROUYET, retraitée, Diane GILLIARD, journaliste, Christophe GALLAZ, chroniqueur et écrivain, Dominique ROUYET,  enseignante, Caterina MARTINI, étudiante, Jérôme MEIZOZ, écrivain,  Stefan WYSS, Vorstandsmitglied AL Zürich, Francis REUSSER,  cinéaste, Jean-Luc CHRISTINAT, travailleur social, Philippe BECK, formateur d’adultes, coach,  Federico FIORITO, giornalista, Fabrizio FIORITO,  psychologue-psychothérapeute, Corrado BEE, professeur, Claudine OGGIER, infirmière, Véronique BARRAS, responsable de projet OSEO Valais, ancienne députée, Christian BARRAS, formateur d’adultes, ancien conseiller municipal de Sierre, Liliane HODEL, femme de théâtre et enseignante, Dominique ISPERIAN, Jean-Marie MEILLAND, enseignant, Marcelo VALLI, chargé de recherche, Mathias HUGUENIN, libraire, Christophe BEGUIN, artiste naturopathe, Sengül KÖKER, institutrice primaire, Philippe MAILLARD,  géographe, Michèle MAILLARD, photographe, David PAYOT, travailleur social, conseiller communal, Patrice CHARPENTIER, responsable éducatif, Catherine HARDTKE, responsable pédagogique, Michel THEVOZ,  professeur honoraire Unil, Richard BLAETTLER,  Soziologe, Raymond BURKI, dessinateur de presse, Stavros RANTAS, medico, Willy STRECHEISEN, agronome, Cécile STRECKEISEN, enseignante, Pascale HOFFMEYER Pascale, ludothécaire, coordinatrice pour la Suisse du Conseil Mondial pour la Nature, Maurice REY, pédopsychiatre et psychanalyste, José SANCHEZ, ingénieur en télécommunication, Pierre GUEX, retraité, Jean et Jacqueline CHEVALEY  enseignants retraités, Alain BOVARD, juriste, Yves GIROUD, dessinateur de presse, Christine LAVANCHY, artiste, Antoine TRAD, Didier DVORNE, député au Grand Conseil vaudois, Mireille AUBERT, Députée, Présidente de la Commission des Visiteurs du Grand Conseil, Claire BOZONET, retraitée, Georges BOCHUD, conseiller en personnel, Claudine FISCHER,  humaniste,  jeune retraitée, Jcques A. BADOUX, retraité, Giovanni GALLI, psicologo, psicopedagogista, Marika ZISYADIS, graphiste & travailleuse agricole, Sébastien CUNENOD, étudiant HEP, Sol BEHAR, employée de commerce, Catherine GAILLARD, conteuse, Maria-Carla Grandjean, Intendnante Maison de l’Elysée, Fabienne TSCHANZ,  animatrice socioculturelle, Sali BISLMI,  traducteur, Anastasia PANAYOTIDIS, politologue, Françoise ORIOLI, éducatrice de la petite enfance, Emmanuelle de RIEDMATTEN, réalisatrice, Johan PAIN, retraité Transports Publics, Antoinette ROMANENS, MICHEL FAVRE, enseignant retraité.


„Change Greece – Changing Europe – Change4all!“

Der mögliche Sieg von SYRIZA bei den kommenden Wahlen in Griechenland geht alle an, die einen Richtungswechsel in Europa anstreben. Er wäre Ausdruck der Forderung nach Menschenwürde, Gerechtigkeit und Hoffnung. Die Drohungen und der Druck, die  seitens der der Staats- und Regierungschefs der EU, der Troika und der Finanzinstitutionen ausgeübt werden, um die Wahl des griechischen Volks zu beeinflussen, sind unakzeptabel.

Wir werden überall in Europa das Recht des griechischen Volks verteidigen, sich frei zu entscheiden; mit der Austeritätspolitik zu brechen; Nein zu sagen zur Austeritätspolitik, die das Land verwüstet; den Weg einer realen Alternative für Griechenland und eine demokratische und soziale Neuorientierung freizulegen.

Die Mehrheit der politischen Kräfte in Griechenland geht vor der Troika in die Knie. Alexis Tsipras und SYRIZA haben sich für das Gegenteil entschieden. Gemeinsam mit den sozialen Bewegungen haben sie einen breiten Zusammenschluss geschaffen, dessen Dynamik die Mehrheit gewinnen könnte. SYRIZA und ihre Verbündeten setzen sich gegen die humanitäre Krise zur Wehr, wollen die Kollektiv- und Tarifverträge wiederherstellen, ein faires Steuersystem einführen und das politische System demokratisieren.

Eine SYRIZA-Regierung wird Griechenland zu einem verlässlichen Partner machen und das Überleben des Landes und der Bevölkerung zum Ausgangspunkt in allen Verhandlungen machen. Die Regierung wird das Land auf einen neuen Weg jenseits von Korruption und Patronage führen und sich für ein neues Entwicklungsmodell im Interesse aller entscheiden.

Die SYRIZA-Regierung wird eine europäische Schuldenkonferenz vorschlagen, mit dem Ziel die Schulden teilweise zu streichen und die Zahlungsmodalitäten für den Rest so festzulegen, dass eine wirtschaftliche Erholung ermöglicht wird. Das dazu erforderliche Programm öffentlicher Investitionen und zur Befriedigung dringender sozialer Bedürfnisse soll aus dem europäischen Stabilitäts- und Wachstumspakt ausgenommen werden.

Auf europäischer Ebene wird eine SYRIZA-Regierung einen Europäischen „New Deal » für menschliche Entwicklung und ökologischen Wandel vorschlagen. In ganz Europa müssen wir mit der Logik brechen, die Europas soziale Errungenschaften zerstört und Nationalismus und Rechtspopulismus verstärkt. Wir brauchen ein neues Projekt inklusiver Entwicklung, Zusammenarbeit und Demokratie.

Wir sind davon überzeugt, dass eine solche Veränderung in Griechenland nicht nur die Zukunft des griechischen Volks betrifft. Wenn SYRIZA siegt, wird nicht nur Griechenland aus der katastrophalen aktuellen Situation ausbrechen können, sondern die Möglichkeit eines Wechsels in Europa entstehen. Der Bruch mit der Austeritätspolitik wäre Signal und Hoffnung für diejenigen, die sich nicht beugen wollen.

Eine SYRIZA-Regierung  wird angesichts des massiven Drucks der Finanzmärkte und der politischen Kräfte, die jedes Abweichen vom gescheiterten Rahmen der kapitalistischen Globalisierung fürchten, massive Unterstützung der europäischen Völker brauchen.

Wir, Menschen aus allen Teilen der Gesellschaft, aus einem breiten sozialen und politischen Spektrum und aus zahlreichen Organisationen akzeptieren den Druck nicht, der ausgeübt wird, um das griechische Volk an seiner freien Entscheidung zu hindern. Diejenigen, die diesen Druck ausüben, nehmen die Verantwortung dafür auf sich, dass die schädliche „Schocktherapie“ um jeden Preis fortgesetzt wird.

Unsere Verantwortung ist es, überall in Europa diejenigen zu unterstützen, die für eine Veränderung der Kräfteverhältnisse kämpfen, die den Kampf der Ideen aufnehmen und alle vereinigen, die gemeinsam mit dem griechischen Volk ein soziales, ökologisches und demokratisches Europa aufbauen wollen.

Wir stehen an der Seite des griechischen Volks, weil sein Kampf der unsere ist.

Le goût des autres

Obésité au nord, faim au sud, malnutrition partout. Et si notre problème était la solitude alimentaire, qui nous a fait perdre l’amour de la nourriture ?

Sans aucun doute l’industrie agro-alimentaire a ses programmes planifiés sur les aliments que la planète consommera dans les années futures. Il n’y a pas de doute aussi que la destruction des modes de vie, la mobilité et les horaires de travail ont mis au rencart la question de la nourriture quotidienne, dernier poste du budget des familles…

Le plus grave de tout cela, c’est que nous avons perdu le goût des autres.

Le goût de la communauté, paysans ou éleveurs qui nous nourrissent toute l’année. Le goût du manger ensemble autour d’une belle tablée et de regards partagés. Le goût de la cuisine, comme alternative quotidienne au prémâché standardisé. Et aussi le goût de la transmission de valeurs à nos enfants.

Mais il n’y a pas de fatalité à cela ! Et surtout, cela ne sert à rien de se lamenter contre des acteurs financiers, qui font leur beurre certes, mais dont nous sommes pour l’instant les meilleurs alliés de la destruction de la biodiversité culinaire. Malgré nous.

Au fond, nous avons un pouvoir sur cette situation. Alors, prenons-nous en main ! Devenons maîtres de notre nourriture !

La Semaine du Goût, c’est d’abord cela. Prendre le temps de se poser de bonnes questions et prendre des résolutions pour soi-même, sa famille, ses amis, tout en voyageant au rythme des découvertes dans le pays et ses régions. Bref, une plateformes joyeuse d’amitiés culinaires.

publié sur Hebdo.ch

Disco Soupe, comme plat de résistance

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C’est parti d’Allemagne, une sorte d’interprétation de la Vokü (Volksküche) et le spectre s’étend sur tous les continents.

Collectif, solidaire et convivial, tout un programme. La Disco Soupe, comme acte de résistance festif à une société de gaspillage généralisé. L’acte de gratuité par essence, basé sur la récupération de légumes ou fruits non conformistes des grands groupes alimentaires, qui eux-même excluent les produits hors-normes de la communauté qui nous nourrit.

Eplucheurs au poing, la population est invitée à faire bouillir la marmite et à la déguster en dansant, comme pied de nez à la solitude alimentaire qui nous a envahi.

Slow Food est en train d’en faire sa marque de fabrique dans plusieurs pays. Il y a du retour du collectif là-dedans, de la nostalgie des grandes tablées, qui rythmaient le quotidien avec des produits de simplicité gustative. Un spontanéisme bienvenu et volontariste contre le gaspillage alimentaire.

Car, avec près de 40% de nourriture jetée dans notre pays, le propre-en-ordre a transformé les dates de péremption en ordre de marche militaire sans jugeote. Finalement, le pendant de cette bouffe insipide, sans valeur qui ne nourrit plus son homme ou sa femme, prend le chemin direct de la poubelle. La nourriture trop bon marché fait le lit de la disparition programmée de la paysannerie. Le consommateur d’Europe ou d’Amérique du Nord gaspille entre 95 et 115 kg de bouffe par an, alors que le reste du monde en est « encore » entre 6 et 11kg… Mais le progrès tant attendu viendra, pas d’inquiétude.

Alors, le mouvement de résistance est lancé.

La prochaine Disco Soupe aura lieu à Lausanne le 10 avril entre 15 et 19H à la Place de l’Europe. Pas besoin de réserver, mais de passer.

publié sur hebdo.ch

La tiers-mondisation de la Grèce est programmée

J’ai reçu cette lettre d’analyse. Je ne résiste pas à vous la communiquer. Elle est précise, elle montre l’ampleur du désastre social aux pays du dogmatisme néo-libéral. Elle est longue, mais moins que les souffrances quotidiennes du peuple grec…

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« Oui, moi aussi je suis fatiguée par ce bombardement incessant de mauvaises nouvelles, en provenance de Syrie, d’Ukraine, de la NSA, de Suisse. Alors, encore la Grèce par-dessus tout ça ? On n’en parle plus beaucoup…

De divers côtés, j’entends dire que ça irait « un peu mieux », ce qui découle des rares informations des médias. En réalité, ça ne va pas bien du tout, et le silence, ou la désinformation, sont une injustice face à la Grèce, mais nous privent aussi nous-mêmes de points de repères objectifs. Mon message est peut-être un peu long, mais ne vous en prenez pas à moi, mais au gouvernement grec et à la Troïka !

« Ça va un peu mieux »: ceci correspond à l’affirmation du gouvernement grec qui a semble-t-il obtenu un petit excédent de recettes. Mais comment y est-il parvenu? Tout simplement en privant les citoyens de prestations pour lesquelles ils ont payé toute leur vie, et paient encore par des impôts toujours plus élevés. Et il ne faut pas croire le cliché qui veut que « les Grecs n’ont jamais payé d’impôts » : les salariés du secteur publique, et les rentiers AVS paient la plus importante partie de leurs impôts « à la source », ils leur sont prélevés de leur salaire ou de leur rentes, comme pour nous les cotisations AVS et LPP.

Le domaine dans lequel cette situation est la plus criante est celui de la santé.

En Grèce le système de santé correspond un peu au système français de la Sécu, la caisse-maladie de base est l’affaire de l’Etat, et le droit aux prestations, payées par les impôts, est ancré dans la constitution. Les policliniques publiques dispensent des soins gratuits, ou plutôt en dispensaient jusqu’à tout récemment. Actuellement, environ 3,5 millions de Grecs n’ont plus droit à aucune prestation de santé (sur 11 millions d’habitants, et sans compter les immigrés clandestins) ! Et pourquoi ? Parce qu’ils sont au chômage depuis plus d’une année ou parce que, petits indépendants , ils ne peuvent plus payer leurs cotisations; à ce moment, les membres de leur famille perdent eux aussi leur droit aux prestations de santé. Toutes ces personnes ne peuvent plus compter que sur les diverses organisations de bénévoles, dont p.ex. les Médecins du Monde, des professionnels bénévoles qui réussissent à maintenir des policliniques gratuites, mais sont de plus en plus débordés , malgré l’aide de l’église qui dispense aussi des médicaments gratuits. Mais ces organismes ne peuvent bien sûr pas dispenser des soins intensifs et d’urgence, des opérations, des dialyses rénales, des traitements de radiothérapie pour des cancéreux, ni des investigations radiologiques poussées. Ils font alors de grands efforts pour obtenir l’hospitalisation de leurs patients- qui théoriquement devraient payer leur traitement hospitalier de leur poche, mais bien sûr ne sont pas en mesure de le faire: le coût leur est alors compté comme arriérés d’impôts. On verra plus tard quelles en sont les conséquences.

Mais les Grecs qui sont toujours affiliés à la caisse-maladie ne sont pas pour autant bien soignés. Le gouvernement procède à ce qu’on est obligé d’appeler un démantèlement accéléré du système de santé publique, ceci dans la précipitation, sans concertation aucune avec les responsables médicaux de ce système. A Athènes et Thessalonique, plusieurs hôpitaux ont été fermés en quelques jours, dont des services spécialisés (dialyses rénales, radiothérapie p.ex.). Ceci a occasionné un engorgement des hôpitaux restants, et un fonctionnement chaotique, en permanence à la limite des possibilités humaines: des médecins doivent travailler jusqu’à 80, voire 90h par semaine, et le personnel soignant de même. Les lits s’entassent dans les couloirs, encombrés aussi par les familles, qui doivent être présentes pour donner l’aide de base aux malades (toilettes, repas). Dans tout le pays il existe un grand manque de médecins et de soignants: ceux qui sont partis en retraite ou se sont expatriés, n’ont pas été remplacés, d’autres ont été licenciés, et le ministre de la santé annonce d’autres licenciements. Il existe aussi un manque criant de médicaments et d’équipement. Et le budget des hôpitaux déjà diminué en 2013, l’est encore d’un tiers environ en 2014 ! Les responsables médicaux et politiques de toutes les régions lancent des cris d’alarme au gouvernement, en vain jusqu’à présent.

Voici quelques exemples. L’hôpital publique de Sparte, chef-lieu d’une région de 100 000 habitants, devra très probablement fermer le service de médecine interne, ainsi que la policlinique, parce qu’il n’y aura plus de médecin; pour l’instant il y a encore 2 chirurgiens, 2 pédiatres et 1 radiologue. Volos, une ville de 144 000 habitants, au centre de la Thessalie (752 000 habitants), n’a pour ainsi dire plus de service pédiatrique publique: des 18 pédiatres actifs par le passé, il en reste … 2, pour l’hôpital et la policlinique. Le Maire de l’île de Tinos a porté plainte contre le ministre de la santé, qui n’engage pas de nouveaux médecins: l’île ne compte plus qu’un médecin qui exerce un stage pratique après la fin de ses études, alors que l’île compte 10 000 habitants et accueille 1 million de touristes et pèlerins par an.

Donc hors des grandes villes, les patients doivent souvent être transportés sur de longues distances, attendre trop longtemps des traitements qui seraient urgents. Le frère d’un ami, souffrant d’un infarctus, a été véhiculé ici et là, mais les services de garde avaient été fermés. Il a été transporté sur 120 km dans une ambulance sans personnel soignant et sans équipement, alors que le traitement devrait commencer pendant le transport déjà, et sans climatisation (en été), pour finalement mourir à son arrivée à l’hôpital. Et pourtant il ne vivait pas dans une petite île isolée, ou dans un lointain village de montagne, mais au centre du Péloponnèse.

Aux médecins du service de santé publique on a imposé un plafond tellement bas quant au nombre de consultations et d’ordonnances qu’ils ont le droit d’effectuer chaque mois, que ce plafond est souvent atteint déjà au milieu du mois. Les patients doivent alors se lancer dans une course folle pour essayer de trouver un médecin qui n’a pas déjà épuisé son quota !

Aux dernières nouvelles, le Ministre de la santé ordonne, d’un jour à l’autre, la fermeture des Policliniques publiques de toute la Grèce, sans que des solutions de rechange soient encore organisées. Le Ministre promet des policliniques beaucoup plus rares et plus petites pour dans un mois, mais personne ne peut croire que ce délai sera respecté. Les médecins et les soignants refusent cette fermeture et font appel à la justice. Les médecins ont à de nombreuses reprises cherché à discuter avec le Ministre, en vain. Celui-ci a une attitude incroyable dans un état démocratique: la plupart du temps il hurle, insulte ses interlocuteurs – devant les caméras de la TV; il exprime sans pudeur ni langue de bois son crédo: « L’Etat ne peut pas se préoccuper de la santé de tous les citoyens! », alors que ceux-ci paient justement pour leur système de santé ! Imaginez qu’ici les caisses-maladie déclarent tout à coup « qu’elles ne peuvent, ma foi, pas s’occuper de la santé de tous les assurés ! »

On ne s’étonnera donc pas que l’espérance de vie ait chuté de 3 ans depuis 2009 !

Dans la revue médicale « Lancet » , l’une des plus reconnues au niveau international, est paru un article émanant de spécialistes des Universités d’Oxford et de Cambridge. Les auteurs constatent les faits suivants:

– la Grèce a le budget de santé le plus faible de la zone euro
– les malades sont dans une impossibilité croissante d’avoir accès aux soins et aux médicaments nécessaires
– on observe une grande augmentation des cas de maladies infectieuses
– et une augmentation de la mortalité des nourrissons de 43%
– la péjoration de la santé psychique est générale, le nombre des dépressions a été multiplié par 2,5 et les suicides ont augmenté de 45%, lors que le financement des soins dans ce domaine a été réduit de 55% déjà en 2012
– le paludisme est réapparu après 40 ans, parce que le gouvernement a stoppé l’éradication des moustiques vecteurs de cette maladie dans certaines régions marécageuses.
– les amputations du budget de la santé en Grèce sont les plus importantes en Europe à l’époque contemporaine.

Encore dans ce domaine : les enfants des gens qui ne sont plus affiliés à la caisse-maladie n’ont plus droit aux vaccins de base gratuits, et les parents ne peuvent pas les payer. Ce sont les « Médecins du Monde Grèce » qui remplissent maintenant cette tâche de santé publique, tout en soulignant qu’ils suppléent à un devoir qui incombe à l’Etat, comme ils le faisaient autrefois dans le tiers-monde.

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Le gouvernement applique une politique clairement néo-libérale,

A un rythme accéléré, et ne s’en cache pas. Le vice-premier Ministre Venizelos a déclaré dans un discours télévisé: « Nos créanciers sont néo-libéraux et nous imposent leur programme néo-libéral ». Le premier ministre ne cache pas sa détestation du service public et favorise en toutes circonstances les très grandes entreprises, grecques ou étrangères. Le Ministre de la santé, dont il a été question plus haut, crie à la TV:  » Je représente le secteur privé ! ». En effet , le système de santé doit être en grande partie privatisé. De même dans l’éducation, les élèves du degré secondaire devront à peu près obligatoirement prendre des cours d’appui dans des écoles privées; la formation professionnelle passe en bonne partie au secteur privé. On se demande qui seront les  » clients  » de toutes ces entreprises privées, étant donné l’appauvrissement de la classe moyenne. L’OCDE constate que les salaires grecs sont revenus ces toutes dernières années à leur niveau de 1998 et que, le coût de la vie ayant augmenté de 70%, les Grecs ont donc perdu 70% de leur pouvoir d’achat.

Beaucoup de Grecs de la classe moyenne sont propriétaires de leur logement, en général modeste. Avant la crise ils ont été fortement « motivés » par les banques (plusieurs amis grecs m’ont dit avoir été harcelés à domicile par des appels téléphoniques de banques leur proposant des prêts). Mais tout a changé. Maintenant, comment les 1,5 mio de chômeurs qui touchent une très petite allocation pendant un an, puis plus rien, peuvent-ils payer des intérêts hypothécaires, en plus d’impôts fonciers fortement augmentés ? Et ceux, nombreux, qui travaillent, mais ne sont plus payés depuis des mois ? Et ceux dont le salaire a diminué au minimum légal -480 €- ou plus bas ? Ils sont menacés de la saisie de leur appartement, la Troïka (FMI, UE, BCE) faisant pression sur le gouvernement grec pour qu’il autorise ces saisies. Et l’Etat veut lui aussi saisir les biens, entre autres immobiliers, des citoyens ayant des arriérés d’impôts. Certains estiment que 60% des propriétaires sont en situation de voir leur appartement saisi. Finalement, un accord a été trouvé avec les banques: les propriétaires d’un logement peu cher, et n’ayant qu’un petit salaire, ne paieront que 30% de leur revenu en intérêts hypothécaires. Mais le fisc est plus dur: Une retraitée a vu son logement saisi pour un arriéré d’impôts de…540€! Dans des cas semblables, des propriétaires ont recouru avec succès auprès des tribunaux. Mais encore faut-il avoir les moyens de le faire. Par ailleurs, tout citoyen qui a un arriéré d’impôts ou de cotisations à la caisse-maladie et de retraite de plus de 5000 € doit être arrêté et passer devant un tribunal. On parle d’une femme de 90 ans atteinte d’Alzheimer qui est ainsi restée incarcérée deux jours. Et d’autres perspectives se précisent: bientôt le fisc pourra prélever des sommes à partir des comptes privés des contribuables, sans que ceux-ci soient avertis au préalable, de manière à ce qu’ils ne puissent pas retirer leurs fonds!

Un grand nombre d’indépendants sont dans l’incapacité de payer leurs contributions à la caisse de retraite et à la caisse-maladie, et sont donc en situation de subir une saisie express. Un phénomène sans doute unique en son genre: les cadres du fisc ont manifesté contre la diminution du nombre de leurs employés, au moment même où de nombreuses modifications du code fiscal viennent s’ajouter en permanence; ils ont indiqué qu’il serait donc impossible de contrôler toutes les déclarations d’impôts, ceci alors que l’Etat a déclaré vouloir augmenter ses rentrées fiscales. Les experts-comptables eux aussi ont manifesté contre cette prolifération de nouveaux articles du code fiscal, rédigés…en anglais (!), et parfois traduits en grec , mais avec des erreurs. Ils protestaient aussi contre la pénalisation insensée des contribuables : p.ex. une dette oubliée de 8 € peut se transformer après un an en une pénalité de plusieurs milliers d’€ !

Un expert indépendant de l’ONU, au terme d’une mission d’observation des conséquences des mesures d’austérité en Grèce, constate lui aussi que le service de santé publique est inaccessible à un nombre toujours plus important de citoyens. Il souligne que la Grèce est le seul pays de la zone euro qui ne possède pas de mécanisme d’assistance sociale servant de filet de sécurité en dernière instance- telle que l’aide sociale ici, c’est pourquoi p.ex. les chômeurs après un an au plus n’ont plus droit à rien. Il souligne encore que les conditions imposées par les bailleurs de fonds internationaux « risquent d’empêcher de garantir un niveau de vie conforme aux normes des droits de l’homme » pour un nombre considérable de Grecs.

Encore un dernier sujet, les privatisations, imposées par la Troïka. Tous les biens publiques doivent être privatisés: l’eau, l’électricité, les télécommunications, les transports, les ports, les aéroports, les ressources naturelles, les entreprises d’Etat. Ces biens sont vendus pour des prix très bas, et les gains qui en résultent ne vont pas au peuple grec, mais directement dans une caisse qui sert exclusivement au paiement des intérêts de la dette, ou de dettes arrivées à échéance. Comme ces ventes rapportent relativement peu, elles ne changent pratiquement rien à l’importance de la dette, qui reste non viable. Les grands bénéficiaires sont les acheteurs, grecs ou étrangers.

Encore brièvement, un nouveau chapitre s’ouvre. La police enquête auprès de la direction des écoles pour savoir quels élèves ont soutenu leurs enseignants qui protestaient contre les licenciements de masse dans l’enseignement – ceci à l’intérieur des écoles. Des élèves du secondaire ont été menacés: s’ils étaient ainsi « fichés », ils n’auraient pas le droit de se présenter aux examens d’entrée de l’université ou d’écoles professionnelles !

La télévision ERT (ancienne TV publique), indépendante et bénévole, continue, huit mois après la fermeture de la TV publique, de diffuser des informations. C’est en partie grâce à ces combattants acharnés de l’information que je peux vous donner des nouvelles. Enfin, des blogs et des journaux on-line sont aussi précieux.

Avec mes amicaux messages. Anne-Marie Bergdol. »

Manger bon, ne coûte pas cher

Monsieur carotte

La récente annonce de la création d’un label volontaire pour les restaurants qui ont un cuisinier aux fourneaux, semble avoir créé pas mal d’émoi contradictoire dans les chaumières comme dans les bistrots.

La sempiternelle question du prix revient à la surface. Comme s’il était normal d’acheter ou d’ingurgiter des produits de très basses qualités… Comme s’il était logique, pour remédier à nos problèmes de budget, de mettre dans notre assiette et celle de notre famille, des aliments nocifs et mauvais.

Non, mangez bon ne coûte pas cher ! Encore faut-il se donner le « luxe » de prendre le temps. C’est aussi simple que cela. Cela vaut bien 2-3 heures devant une morne télévision ou des heures de surf sur un portable insipide.

Alors pour la bonne bouche, voici 10 gestes de base pour manger hors des circuits mornes de l’industrie agro-alimentaire.

1. Fêtez les saisons ! Non, il n’y a pas d’asperges ou de fraises toute l’année dans nos contrées. Chaque trimestre, le programme change pour le plus grand plaisir des papilles.

2. Mangez local et varié ! A quoi, cela sert d’avoir dans son assiette des produits de l’autre bout de la planète, alors qu’ils existent au coin du pays. En plus, vous soutenez une production locale, une agriculture paysanne de proximité qui est en train de disparaître à vue d’œil.

3. Mangez quelque chose que vous cultivez. Mais oui, même sur son balcon, on peut faire pousser des tomates, du persil, quelques tiges d’oignons. De la semence à la mini-production, c’est un geste qui relie à la communauté nourricière.

4. Cessez de faire de votre frigo, la succursale de l’industrie agro-alimentaire. Achetez au jour le jour avec une liste de commission.

5. Mangez des produits non transformés. L’industrie a réussi à ce que 80% des aliments sur notre table soient transformés avec des additifs, des colorants, des irradiations. La salade, on prend le temps de la couper. Une purée de pommes se fait maison.

6. Court-circuitez à tout va. La rencontre avec un producteur, change la vie. Vous mettez un visage sur une nourriture, vous reprenez confiance. Marchés paysans, paniers de l’agriculture contractuelle, artisans de quartier. Revenez à un canal historique.

7. Cuisinez en permanence vous-même et avec vos enfants. Prenez le temps de vivre autour de la table, de déguster, de partager vos goûts.

8. Choisissez avec soin vos aliments animaux ou poissons. Demandez-vous d’où ils viennent, comment ils sont nourris. A l’herbe ? En liberté ? 2 fois dans la semaine, c’est largement suffisant.

9. Jouez avec les restes et faites des conserves pour l’hiver ! Le gaspillage alimentaire atteint des records en Suisse : près de 40%. Les repas les plus goûteux se font avec les restes.

10. Retrouvez les cuissons longues, les plats mijotés. L’obsession du filet perce le portemonnaie.

Au lieu d’acheter le dernier portable, dénichez une bonne casserole et un bon couteau. Vous ferez des économies. C’est manger mauvais, qui coûte cher. Sinon, livrez-vous pieds et poings liés à l’industrie alimentaire… Elle n’attend que cela.

paru dans 24 Heures du 7 octobre 2013

Je voulais partir sur la pointe des pieds…

carte coul

Un peu comme on ferme une porte sans faire de bruit. Mais d’autres, au sein du POP vraisemblablement, en ont décidé autrement.

En 2007, j’ai quitté le parti suisse du travail (PST-POP) et j’ai demandé que mon appartenance politique au Parlement soit clairement indiquée « La Gauche / Alternative Linke / La Sinistra » pendant la législature 2007-2011. Car j’ai participé dès le début à la création de ce mouvement national, destiné à recueillir toutes les formations à la gauche des socialistes et des verts. Et je tenais à marquer que ma présence à Berne était liée à ce projet unitaire. Peu ont remarqué cette évolution.

Le 16 avril dernier j’ai adressé ma démission à la section de Lausanne du POP & Gauche en mouvement. J’imagine que les lenteurs bureaucratiques et le printemps pluvieux ont un peu assoupi la prise en compte interne de ce départ.

Je ne le cache pas: je ne reconnais plus le parti auquel j’ai adhéré à 16 ans. J’ai de la peine à supporter ce lent déclin d’un mouvement que j’ai tenté d’animer pendant 25 ans. La politique du hérisson ne correspond pas à mon tempérament de lutteur et d’activiste.

J’aime nager dans les eaux de la gauche populaire et conviviale. C’est mon terreau ici et ailleurs. D’ailleurs, comment cesser le combat volontariste pour transformer ce monde où l’argent est devenu un défoliant planétaire ?

Je continuerais donc à soutenir le projet unitaire de « La Gauche », convaincu qu’il n’y pas d’autres espoirs que d’unifier sans sectarisme toutes les composantes de la gauche alternative. Au plaisir de nous rencontrer dans les luttes.