Notre nourriture, notre première médecine

Notre nourriture, notre première médecine

En 50 ans, l’industrie agro-alimentaire a révolutionné le contenu de nos assiettes. Elle a réussi à ce que 80% des aliments sur notre table soient transformés. Ils ont reçu des additifs, des colorants, des OGM, des pesticides. Ils ont subi des irradiations. Ils ont été assaisonnés d’acides trans et des graisses hydrogénées. Ils ont été farcis de sucre ajouté et de sel caché.

Ce programme est simple : la bouffe doit aller vers la zéro préparation, zéro vaisselle, zéro mastication, zéro calorie. Et vous verrez bientôt arriver sur le marché les premiers logements sans cuisine…

Mais il n’y a aucune fatalité à cet horizon obscure. Car, cela résiste de partout. Un nouveau modèle agricole est en marche avec l’agro-écologie. De leur côté, les mangeurs veulent retrouver le chemin de la cuisine et du circuit court. La meilleure preuve de l’avenir du bien manger : ceux et celles qui ont quitté les autoroutes de la malbouffe … ne reviennent jamais en arrière !

Ils veulent faire disparaître le lien entre l’humain et la nature ? Retissons des liens de plaisir et d’humanité avec les hommes et les femmes qui font la nourriture au quotidien.

Prenons le pain, le pain artisanal, le pain maison qui sera à l’honneur cette année pendant la Semaine du Goût. Abandonner le pain industriel, mou, précuit-surgelé avec son cortège d’allergies est un réflexe pour le mangeur exigeant. Y compris au restaurant ! Retrouver le geste simple millénaire du pétrissage à la maison avec ses enfants est un instant de bonheur qui devrait s’enseigner à l’école dès le plus jeune âge.

Justement, l’éducation au goût à l’école fait enfin son irruption au Parlement fédéral. L’initiative populaire du mouvement Slow Food « Jeunesse + Goût » a été déposée au Conseil national par le Syndic de la Ville suisse du Goût 2019. Tout un symbole et le débat ne fait que commencer.

Nous ne gagnerons pas avec les remèdes du moralisme, du diététisme et de l’interdiction. Notre ambition est de faire monter l’exigence du droit à l’alimentation, du plaisir du goût pour tous sans apartheid social. Ce chantier pourrait parfaitement commencer par les lieux de restaurations collectives, notamment ceux du service public.

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