Marc Vuilleumier, Syndic de Lausanne ?

Vuilleumier

Les élections lausannoises sont presque derrière. La Municipalité est au complet. Il reste encore la question de la syndicature.

Après avoir tartiner à longueur de grande analyse sur le maillon faible popiste de la Municipalité, la presse « autorisée » a dû constater sobrement la 2ème place de Marc Vuilleumier, juste à une encablure de voix du 1er, le représentant du PS.

La presse « autorisée » est toujours humble, elle n’a pas l’habitude de se poser des questions indélicates qui sortent de l’entendement du landerneau politique.

Au fond, pourquoi Marc Vuilleumier ne serait pas un syndic potentiel ?

Parce qu’il ne fait pas partie du premier parti de la Ville ? Tiens, Daniel Brélaz, non plus, ne fait pas partie du premier parti.

Parce qu’il est popiste ? de La Gauche qui s’est renforcée au sein du législatif ? Tiens donc, il y aurait alors des ostracismes inexplicables et inexpliqués.

Il y a ainsi des hypothèses qui se discutent et d’autres qu’on n’ose pas prononcer.

Je n’ai pas demandé à Marc Vuilleumier son avis sur la question. Le problème n’est pas là.

Maintenant qu’il a été élu et bien élu. L’hypothèse d’un syndic popiste, rassembleur et populaire est aussi plausible, qu’un syndic socialiste ou écologiste.

La moindre des choses serait de mettre la question sur le tapis. On peut très bien être Maire ou Syndic d’une Ville, sans être dans le grand parti majoritaire. C’est une question politique simple et simplement humaine. Au Locle et à Renens et par tournus à Genève, Carouge, c’est le cas. Alors ?

Socialisme calimero

calimero

Le tango ministériel helvétique n’a en soi rien d’exceptionnel. Il est courant dans tous les pays.

L’exceptionnel tient essentiellement, et c’est un élément de nouveauté, à la volonté d’une fraction politique (Libéraux-radicaux + PDC + PBD), représentant au plus 30% de l’électorat votant, d’imposer ses vues sans aucune gêne particulière, avec le soutien explicite du vrai pouvoir, de l’économie.

Là encore rien d’exceptionnel. Surtout à une année des élections générales. En Suisse, on aimait prendre jusqu’ici quelques pincettes pour faire avaler la potion aux socialistes utiles.

Le parti socialiste nous apprend qu’il avait négocié avant, avec les partis bourgeois pour ne pas recevoir de départements croupions. Et voilà qu’ils n’ont pas joué le jeu de la concordance souhaitée. C’est fou comme les bourgeois sont inconvenants !

En 1953, le PS avait au moins su quitter le Conseil fédéral pour se faire respecter. Mais lorsqu’on n’a d’autre stratégie politique que l’occupation des fauteuils laissés vacants par la droite, on doit s’attendre à subir encore d’autres humiliations.

Etre sevré en permanence à la collégialité ne fait malheureusement pas un programme politique. Derrière la soumission du PS, il y a bien plus grave, ce sont les intérêts populaires immédiats qui sont en jeu.

Et lorsque nous verrons ce Conseil fédéral de droite défendre sa politique de sécurité, de l’asile, de l’immigration, de la retraite des femmes à 65 ans, de la construction de centrales nucléaires et j’en passe… avec des socialistes dedans ! Le spectacle sera accompli.

Pendant ce temps l’UDC peut jouer le rôle de l’opposition, de la défense de la veuve et de l’orphelin des villes et des champs, avec l’argent du milliardaire. Le tapis est déroulé.

Longue vie au socialisme calimero !

Drôles de socialistes contre la caisse unique…

Caisse unique

Il y a deux jours, mon initiative "Libre choix cantonal. Caisse unique ou concurrence pour l’assu­rance-maladie de base" a été refusée en commission au Conseil national par 4 oui 15 non et 6 abstentions. Rien que de très normal, me direz-vous… vu l’infiltration des lobbys dans la commission de la santé.

Il reste que le plus curieux, c’est le refus de soutien de la quasi-totalité des socialistes, sauf du président de l’Union syndicale suisse. On se perd en interrogations multiples.

Car au moment même où le parti socialiste du canton du Jura veut lancer une initiative cantonale en la matière, le PS refuse la même idée en commission.

A moins que la raison soit plus prosaïque… je ne suis pas dans le bon parti. Diable que la politique politicienne est terrible pour les personnes modestes.

Europe: Déroute des socio-démocrates

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Les élections européennes consacrent un véritable camouflet pour les socialistes-libéraux. La droite et l’extrême-droite sortent vainqueurs. La désunion de la gauche radicale est partout un handicap.

Bon, il n’y a pas de quoi pavoiser. Les résultats de l’élection au Parlement européen sont un désastre pour les intérêts populaires et les exclus du Capital. La droite gagne partout du terrain et l’extrême-droite xénophobe et fascisante acquiert une respectabilité au centre de l’Europe-forteresse.

Qui pait le prix de cette secousse en pleine crise économique ? Essentiellement les forces sociales-libérales qui n’ont fait qu’accompagner les intérêts du capitalisme financier.

Le désintérêt populaire pour cette consultation (moins de 50% de participation) n’est qu’un élément supplémentaire de désapprobation de forces politiques qui ne sont que les pâles copies de la droite. Il est de notoriété publique que 80% des votes ont vu le consensus du PSE (européen) et du Parti populaire européen (droite majoritaire) !

Il se confirme que les Verts sont en passe de concurrencer sérieusement le PSE sur le terrain de la nouvelle régulation capitaliste. La « sortie de crise » par le capitalisme vert a plus d’impact au coeur des inquiétudes climatiques, que la vielle réthorique poussive socialiste sur le pouvoir d’achat.

Et la gauche anti-capitaliste dans tout cela ? Quelques soubresauts, quelques avancées aussi marginales qu’inaudibles. Ce qui frappe encore et toujours: l’incapacité de cette gauche de s’unir, de travailler ensemble dans les différences, de donner un élan unitaire à tant d’attentes populaires orphelines. Il aurait suffit de s’unir et une dynamique s’enclanchait. Encore raté, caramba !

A trop vouloir enterrer la Gauche…

ceder capituler

Les commentateurs ne savent pas trop quoi dire sur les élections neuchâteloises. C’est vrai que c’est embêtant ces résultats, ils voulaient tellement qu’ils soient différents…

Tiens, la Gauche anticapitaliste (POP & solidaritéS) se renforce. Elle passe de 7 à 10 sièges. Les Verts passent de 10 à 14 sièges. Et les sociaux-libéraux qui ont pratiqué une politique d’austérité à l’égard des salariés les plus modestes… reculent de 5 sièges. Et, cerise sur le gâteau, l’UDC boit la tasse avec 4 sièges en moins.

Intéressant, cette première élection romande depuis la crise financière. Cela ne sert à rien de tartiner longuement sur le score de Fernand Cuche. Il n’a rien de désastreux en soi, à partir du moment que chaque parti a présenté des listes autonomes et complètes pour le Gouvernement… Non seulement la droite a perdu son pari, mais le message de la population est claire: assez d’une soit-disant gauche qui veut singer la politique de droite !

Deux commentaires annexes pour notre gauche, la gauche alternative:

1. Elle a su s’unir. Elle a proposé une alternative. Les milieux modestes l’ont entendu. Le POP & solidaritéS ont su dépasser les clivages d’appareil. Cela démontre aussi que la population souhaite une vraie force politique alternative de gauche.

2. Entre les textes absolus de congrès et la réalité politique locale militante, il y parfois de la coupe aux lèvres. solidaritéS peut bien dans son congrès déclarer refuser toute alliance… il se trouve qu’à Neuchâtel, solidaritéS est dans le même groupe que les Verts et le POP et qu’un de ses Municipaux fait partie de la majorité gouvernementale en Ville de Neuchâtel. Principe, principe, quand tu nous tiens…

En attendant la nécessaire unité de la gauche alternative dans les futures élections cantonales genevoises de cet automne, il ne nous reste plus qu’à travailler pour tisser des liens, lutter ensemble et dépasser les clivages entre tous les anticapitalistes de ce pays.

PS: Bodenmann met le doigt là où ça fait mal…

PS

La lettre ouverte de Peter Bodenmann, ancien président du PSS, à Christian Levrat met le doigt sur les récentes défaites successives des sociaux-démocrates suisses.

La direction du PSS se démène pour se montrer la plus compétente, la plus rapide, la plus efficace dans les solutions à la crise. Des plateaux médiatiques de choix sont servis à cet effet, mais rien n’y fait. La crise ne dope pas le PS. Bien, au contraire, ce sont encore et encore, les Verts et l’UDC qui continuent leur lent grignotage.

Bodenmann a raison de mettre en cause la stupidité de la défense du secret bancaire et la politique environnementale ridicule poursuivie par le PSS au Conseil fédéral. Sans parler de l’envoi de troupes suisses à l’étranger.

Il reste cependant l’essentiel, la ligne totalement sociale-libérale poursuivie derrière les effets de manche médiatique. Pourquoi choisir le PSS sur le marché électoral, si d’autres remplissent à merveille ses parts de programme ?

Politique sécuritaire ? Ils cliquent sur UDC
Anti-militarisme de base, pacifisme, ils cliquent sur les Verts
Ecologie ? ils cliquent sur les Verts
Refus du secret bancaire ? ils cliquent sur les Verts

Pourquoi choisir la copie à l’original ? Pour l’instant, élections après élections, ce sont les courants de fond observés.

Et ils sont déterminés largement par le fait que le PS est un parti du système, intégré au consensus politique, adaptateur de politique sociale-libérale, participant actif à un gouvernement de droite et d’extrême-droite.

Tout le reste n’est que gesticulations pour la galerie. Lorsque les gens veulent voter anti-système au coeur de cette crise financière et de valeurs, ils choisissent Verts ou UDC. cela fait mal, mais c’est ainsi.

Et la gauche de la gauche dans tout cela ? Absente, nationalement inexistante, enfermée dans son sectarisme d’organisation. Au moment où tous les remises en questions fondamentales du système capitaliste reviennent sur le devant de la scène, la gauche alternative et d’opposition se met aux abonnés absents, sans aucune volonté de travail unitaire comme « Die Linke » en Allemagne ou le « Front de Gauche » en France.

Il n’est cependant pas impossible que de ce désastre de perspectives, sorte quelques propositions qui redonnent de la voix à une Gauche anti-libérale… Urgence, il y a, encore faut-il avoir envie de la porter dans les milieux populaires.

Oui, j’aime le Matin…

vote électricité Parlement

… de ce jour, lorsqu’il nous sort une de ces pages simple, directe, coup de poing comme des dizaines de journalistes curieux devraient produire quotidiennement.

C’est pourtant pas compliqué de montrer tous ces socialistes et tous ces verts qui se plaignent de la hausse de l’électricité et qui ont voté unanimement pour la libéralisation. Comme pour la poste il y a quelques années, comme pour Swisscom.

Ah, s’il y avait une vraie gauche, "La Gauche" dans notre pays, on ne serait pas dans cette déconfiture.

Conseil des Etats: la gauche a un tournant ?

Il n’y a pas que le pari de la droite qui est risqué avec l’élimination de la composante du parti libéral dès les 1er tour et le choix préférentiel du radicalisme de s’allier avec la droite blochérienne.

A gauche, la multiplication des candidatures (6 !) cache un autre enjeu non moins décisif: les Verts brûleront-ils la politesse au PS en le dépassant pour la première fois dans cette échéance difficile pour une « gauche » minoritaire au vu des élections cantonales toutes récentes.

Il y a 4 ans en 2003, la radicale Langenberger était arrivée en tête avec 29.8 % des voix, suivie du libéral Ruey avec 26.6 % et l’UDC de Bugnon se voyait gratifiée de 19,8 %.

A gauche, Michel Béguelin faisait un score de 24,6 %, score conforme au PS et loin devant les deux Verts de l’époque (Ménetrey à 12,7 % et Recordon à 12 %). Le POP se retrouvait juste derrière avec Zisyadis à 11,3% et Huguenin à 8,7%.

Comme l’appétit vient en mangeant, il semble que les Verts tentent de jouer avec le feu. Ils espèrent dépasser les socialistes ou pour le moins forcer la gauche dans son ensemble à vouloir un ticket genre « tripes à la neuchâteloise », soit un ticket vert-PS.

Là où le bât blesse, c’est que cette stratégie louable cache un autre enjeu somme toute inquiétant pour la gauche: devenir le 1er parti à gauche et éjecter les socialistes du Sénat.

Afin que les choses soient dites: en cas de ticket Savary-Recordon pour le 2ème tour, l’électorat bourgeois fera ce qu’il a toujours fait dans ce cas de figure: il choisira le nouveau centriste vert Recordon. Comme lors de l’élection au Conseil d’Etat vaudois… où les l’électorat bourgeois a bien choisi de faire la peau du popiste au profit du vert.

Cependant, il faudra juste, avant de choisir cette stratégie d’un double ticket PS-Vert, prendre en compte l’électorat qui se reportera au 1er tour sur le POP et A Gauche toute !

Pas sûr que cette électorat se laisse amadouer par des opérations de recomposition centriste qui finiront par éjecter la gauche du 2ème tour.

Clairement: mieux vaut une candidature unique de la gauche avec toutes les ambigüités que cela peut comporter, plutôt qu’un doublet qui va jeter aux oubliettes pour 4 ans les préoccupations sociales de la gauche.

Joint venture A Gauche toute !-San Pellegrino

Je vais vraisemblablement me faire tuer par mes camarades, mais je suis obligé de l’avouer: la campagne électorale a été l’occasion de la conclusion d’une joint venture internationale entre la boîte San Pellegrino (Nestlé ?) et le mouvement A Gauche toute ! (AGT pour les intimes). Cette boisson dénommée « Chino » (aucune rapport avec une tendance maoïste interne au POP et aucun rapport avec le quartier de Barcelone cher à Montalban), cette boisson donc, est en passe de devenir la boisson de ralliement de la caravane électorale obligée de suivre des sentiers tortueux entre « nez rouge » et contrôles inopinés de la gendarmerie.

Chino sera disponible en quantité suffisante à la Fête de A Gauche toute ! de samedi 10 février à la Maison du Peuple (TPEL), surtout aprés les 3 discours fleuve des candidats au Gouvernement de la liste PS-AGT ou AGT-PS (selon le point de vue majoritaire).

Z CHINO