La contre-proposition Franz Hohler pour les criminels suisses et étrangers

Franz Hohler

Le cabarettiste et écrivain zürichois Franz Hohler a lancé à la discussion publique cette proposition de modification de la Constitution suisse:

La Constitution suisse est modifiée comme suit:

Art. 121, al. 3-5 (nouveau)

I

3 Sachant que sans eux notre pays:

a. n’aurait ni maisons, ni rues, ni tunnels,

b. ne pourrait assurer le fonctionnement de ses hôpitaux, homes, hôtels et restaurants,

c. ne saurait garantir le nettoyage, la collecte des ordures, les transports et les services informatiques,

la Confédération exprime sa profonde gratitude à toutes les étrangères et à tous les étrangers qui travaillent sur son territoire. Elle se félicite que les activités qu’ils exercent permettent à notre pays d’exister ; elle les remercie de leur coopération et forme le vœu qu’ils partagent notre existence à part entière.

4 Elle nourrit l’espoir qu’ils sauront se familiariser avec les coutumes de notre pays, sans devoir renier leurs origines.

5 Si l’un d’eux venait à commettre un délit, il serait soumis aux mêmes dispositions pénales que n’importe quel citoyen suisse.

II

Dispositions transitoires:

La validité de la présente contre-proposition ne dépend pas de la sanction du peuple. A compter du moment où un citoyen reconnaît cette validité, les dispositions des al. 3 à 5 s’appliquent à lui.

L’UDC prépare un coup d’Etat légal

temps de cerveau

La victoire de l’initiative anti-minaret n’est qu’en apparence un coup de tonnerre. C’est une victoire d’étape de l’extrême-droite suisse.

D’ici 2011, date des prochaine sélections fédérales, l’UDC va occuper le terrain politique avec un maximum d’efficacité sur des thèmes de société les plus triviaux. Des thèmes susceptibles d’être à chaque fois des décrochages auprès des divers électorats traditionnels, tant de la droite radicale-PDC que des socialistes.

L’accumulation des forces est à ce prix. Car l’objectif est bel et bien de devenir majoritaire au Parlement ou presque majoritaire avec quelques idiots utiles de quelques formations politiques subalternes, pour prendre le pouvoir.

Ceux qui imaginaient que la progression à près de 30% de la formation d’extrême-droite était un sommet électoral difficilement renouvelable n’ont jamais mesuré les talons d’Achille de la démocratie helvétique.

Nous avions déjà une économie de casino bancaire au coeur de l’Europe, qui fait de la Suisse un paradis fiscal pour tous les riches réfugiés économiques.

L’utilisation de la cascade d’initiatives va permettre une prise de pouvoir correspondant à une nuit de cristal modernisée. Elle permet non seulement de ratisser plus largement que le vote partidaire, mais surtout d’utiliser l’une des plus grandes faiblesses de la Suisse: son système politique basé sur la faiblesse de la démocratie représentative, rythmé par les votations populaires successives.

Ces votations permettent une débauche de pognon sans contrôle des budgets et sans plafonnement des dépenses. Une autoroute à cinq pistes du fric, offerte à des manipulateurs de temps d’antenne, donc de temps de cerveau. Les tribunes médiatiques sont prêtes à recevoir les initiants UDC. Il s’agit ni plus ni moins du développement d’un suffrage censitaire.

Sans réaction à la fois politique et institutionnel, cela va aboutir à un coup d’Etat légal. Déjà ce soir, il était pathétique de voir tous les partis, du PS aux libéraux-radicaux, trouver des excuses et des raisons à l’inquiétude exprimée dans les urnes. L’ensemble du corps politique dérive dangereusement à droite et à une vitesse exceptionnelle.

Nous sommes entrés dans une autre phase du développement du fascisme alpin et il ne suffira pas de faire de simples appels à la raison.

Nous avons besoin de formes de résistance nouvelles, comme une grève de tous les exclus et stigmatisés de l’extrême-droite: immigrés, handicapés, chômeurs, naturalisés, doubles nationaux, sans-papiers, exclus, licenciés, minorités religieuses.

Sur le plan institutionnel, il faudrait suspendre le droit d’initiative tant qu’il n’y a pas de réglementation sur l’usage de fonds de campagne et leur transparence. C’est un électro-choc minimum.

Il faut faire vite, avant qu’il ne soit trop tard, pour nous tous.

Dans quelques heures, les chômeurs seront fixés sur leur sort

chomdu

C’est aujourd’hui mardi 27 octobre que la commission de l’économie du Conseil national va boucler la révision de la loi sur l’assurance-chômage.

Au moment où la population apprend avec stupeur le gaspillage de près de 800 millions de francs pour l’informatique militaire, la tournure des débats sur l’assurance-chômage, uniquement centrés sur des économies sur les plus précaires, est un véritable scandale politique. Les mêmes UDC qui ont jetés l’argent du contribuable par la fenêtre se retrouvent aux premières loges pour casser la vie quotidienne des victimes économiques du système.

Le radical Pierre Maudet, président de la commission fédérale de la jeunesse a beau jeu de se lamenter dans son journal du dimanche sur la situation de péjoration des jeunes, c’est son parti qui est le protagoniste principal pour réduire les prestations des jeunes chômeurs.

La population en a assez de ces doubles jeux électoraux de passe-passe !

Les chiffres sont là: la 4ème révision de la loi sur l’assurance-chômage est un gigantesque report de charges sur les cantons et les communes de l’ordre de 250 millions. Concrètement, il s’agit de rejeter des ayants droit aux indemnités directement à l’assistance publique.

La révision de la loi sur l’assurance-chômage en période de crise aigüe est une volonté politique punitive à l’égard des plus faibles de la société, au nom d’une idéologie dogmatique d’économies. Il suffirait d’augmenter les cotisations paritaires à 2,5% sans baisser les prestations et tout serait réglé ! Il y a quelques années le taux était de 3% sans aucun problème…

J’imagine que je ne serais pas seul à refuser cette loi… comme pour l’entrée en matière. J’imagine…

Préparez vos stylos pour le référendum, on va les gifler ces incompétents !

Après le ouf du 1er juin, choisissez l’ECOFOOT

Ecofoot

S’il y a une leçon à tirer de ce week-end de votation du 1er juin, c’est que les millions de l’UDC ne sont pas suffisants pour formater l’opinion du peuple suisse… Ils en ont déversé de la saleté sur les enfants d’immigrés, ils ont tenté de criminaliser toute diversité du pays,dans le plus pur style fasciste. Il y a en un moment où cela ne passe plus.

Ouf, de soulagement donc pour ce week-end. Nous avons réussi à empêcher le pire en matière de droit à la naturalisation pour ce million et demi d’immigrés qui vivent et construisent ce pays. Nous avons réussi à mettre un cran d’arrêt à la privatisation de la santé, voulue par ces mêmes fanfarons à la solde des caisses.

Bon, c’est avec le coeur plus léger que nous allons pouvoir faire la fête du foot. Rien n’aurait été pire que d’offrir des fumets nauséabonds à la face de la planète à quelques jours de l’Eurofoot.

Justement, parlons-en des lieux de rassemblement collectif des futures soirées. J’ai beau habiter près de Bellerive, je vous invite à aller à Malley au grand écran alternatif de l’ECOFOOT: par cohérence, par choix délibéré, pour soutenir les artisans au lieu des « hedge funds« .

Après le pied de nez à l’UDC, choisissez le pied de nez à l’arrogance bancaire ! Et puis 3000 places pour faire la fête du foot tout en respectant les petits artisans et tout en valorisant les produits du terroir et les produits recyclables, cela ne se discute pas…

La gauche qui aime faire le jeu de l’UDC

pologne je t'attends

Au Parlement les socialistes et les verts vont se battre pour ficeler le débat populaire. C’est ce genre d’incohérence qui fait le jeu de l’UDC-SVP.

La reconduction de la libre circulation des personnes est une chose; et l’extension de cet accord à la Roumanie et la Bulgarie, bien que logique, une autre chose.

Jusqu’ici les politiciens de tous bords avaient donné des assurances au peuple, qu’il aurait le droit de se prononcer pour toutes les étapes. Tout ce qui les intéresse, c’est la guillotine du débat.

La « combinazione » a passé au Conseil des Etats et nous allons voir tout soudain au Conseil national nos socialistes et verts venir défendre un paquet ficelé pour escamoter le débat démocratique et tenter d’empêcher une décision en toute indépendance.

Au final, des comportements politiciens de la sorte ne font que renforcer la droite extrême qui peut brandir sans souci le droit à l’indépendance. Joie annexe pour une gauche bien-pensante: cela permet aussi d’escamoter le vrai débat, celui des salaires, des privatisations, bref des mesures d’accompagnement qui font cruellement défaut pour empêcher le dumping social.

N’attend-on pas vu le SECO (Secrétariat à l’Economie) proposer dans un document secret (ah bon !) que les travailleurs des entreprises étrangères qui obtiennent des marchés soient payés selon le salaire de leur pays d’origine ?

Morges: la Grande Table du Goût était un pied de nez

Morges 2002

Coluche avait raison: « il y a trop d’étrangers sur Terre ».

Finalement, ce n’était pas si anodin que cela de tenir la 4ème Grande Table du Goût au centre de Morges ce dimanche 25 mai, à une semaine du vote sur les naturalisations sauce UDC…

Il y avait un parfum de revanche, un fumet de fierté culinaire. La commission suisses-étrangers de Morges avait bien fait les choses pour cette 4ème édition. Je rappelle juste que cette Grande Table a vu le jour en 2002 pendant la Semaine du Goût (à l’époque elle avait lieu au printemps), faisant ainsi de Morges la 1ère Ville suisse du Goût.

Derrière la rencontre internationale des cuisines du monde, il y a une leçon de choses pour des milliers de personnes réunies.

Les gens de toutes les traditions, de toutes origines sont fiers de leurs cultures. Ils sont heureux de les faire partager. Imaginez un stand des vins de Morges aux côtés d’un poulet africain, d’une sardine portugaise. Et côte-à-côte, un stand grec, un stand turc, un stand macédonien, un stand kosovar. C’est pas beau ça ? C’est pas faire à la nique à ces gouvernements qui opposent tant de peuples entre eux ?

Finalement, derrière les visages joyeux, il y avait une démonstration de force, un sacré pied de nez à tous ces ronchons xénophobes.

De la germanisation de la vie politique

Trois questions pour planter le décor:

1. En 2003 lors des élections nationales quel était le plus important parti romand ?

2. En 2003 lors des élections nationales, quel était le plus important parti romand de droite ?

3. En 2003 lors des élections nationales, quel était le parti romand à égalité avec les Verts romands ?

Eh bien voici les réponses:

1. Le PS avec 23,1 %
2. Le PDC avec 18,5% (12,4% en Suisse alémanique)
3. Le parti libéral avec 8,3% (0,3% en Suisse alémanique)

J’aurais pu vous posez d’autres questions comme par exemple: quel était le score romand de la gauche de la gauche (5%), mais je me suis abstenu par pudeur politique…

Il n’y a rien qui vous choque après des semaines de matraquage germanophone majoritaire repris allègrement par les média, les sondeurs, les commentateurs romands ?

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Blocher réélu, que ferait le PS ?

La direction du PSS déclare à tout vent qu’elle ne votera pas Blocher le 12 décembre. Bien, mais ce n’est pas le problème, ou alors ce n’est qu’une partie du problème…

Si Blocher est malgré tout réélu par la coalition UDC-radical-PDC, le PSS osera-t-il cette fois encore continuer la collaboration au Conseil fédéral comme en 2003 ?

Le silence assourdissant à cette question fondamentale dans la période pré-électorale est en train de saper la campagne socialiste.

Tout d’abord, elle donne des ailes aux Verts. Non à cause de la clarté de leur position sur cette question, mais tout simplement parce que les Verts ne sont pas à l’exécutif fédéral et jouent de leur position extérieure pour parfaire leur virginité politique, alors qu’ils rêvent de mettre le pied dans le consensus helvétique.

Ensuite, le silence de la direction du PSS sur cette affaire fait le jeu de l’UDC, qui n’hésite pas, elle, à proclamer haut et fort que la non-réélection de leur Führer les conduira dans l’opposition.

Il est grand temps que le PSS dise clairement ce qu’il va faire. C’est pour cela aussi qu’il faut que la gauche de résistance se renforce le 21 octobre. Relais des luttes, relais d’une opposition populaire, la gauche de gauche a un rôle historique à jouer dans la période tourmentée qui s’ouvre. Il se pourrait bien que ce vote-là soit utile aussi aux socialistes de gauche et aux écologistes de gauche.

Faite tomber Blocher le 12 décembre

Le milliardaire Christoph Blocher et son parti mènent aujourd’hui, à coups de millions de source non déclarée, une campagne de type plébiscitaire autour de la personne de leur chef, axée sur la présence «indispensable» de celui-ci au Conseil fédéral.

Xénophobie et racisme, sordide fond de commerce de l’UDC, s’étalent outrageusement dans ses campagnes d’affichage à gros budget.

Dans ce contexte, l’éviction de Christoph Blocher du Conseil fédéral est devenu un enjeu symbolique et politique réel, même si celle-ci ne suffira pas, ni à affaiblir durablement l’UDC, ni à «déblocheriser» ce pays.

Relever ce défi-là passe en effet par la reconstruction, dans la durée, de nouvelles solidarités sur tous les terrains, contre toutes les formes d’exploitation, d’exclusion ou d’oppression. C’est le seul contre-feu réel à la désignation incessante et abusive de boucs émissaires: étrangers-ères, réfugié-e-s, sans-papiers, salarié-e-s au chômage, personnes handicapées… comme prétendus responsables de la précarité croissante générée par ce système et renforcée par la politique économique et antisociale de la droite, dont l’UDC est un des principaux moteurs.

Néanmoins, dans l’immédiat, les trois élu-e-s de la gauche de la gauche, qui ont combattu tout au long de la législature la politique antisociale de l’UDC et des ses acolytes, majoritaires au parlement, ont décidé de rendre public l’engagement suivant:

Lorsque sera soumis à l’Assemblée fédérale la réélection du Conseiller fédéral Christoph Blocher, nous voterons – sans condition – pour tout candidate ou candidat susceptible de lui barrer la route du gouvernement.

C’est sans illusions aucunes que nous voterons y compris pour une candidature émanant de partis qui reprennent, au quotidien, de larges pans du programme UDC.

Il y a 4 ans, nous avons refusé d’apporter nos suffrages à la coalition qui aurait dû, sur le papier faire réélire Ruth Metzler au Département fédéral de justice et police, contre Blocher. Aujourd’hui, nous sommes prêts à apporter nos suffrages à tout candidat-e susceptible de lui barrer la route.

Nous appelons par contre tous les partis et tous les candidat-e-s aux élections en cours à avoir le courage et l’honnêteté politique de prendre clairement et publiquement position aujourd’hui sur cette question, comme nous le faisons ici. Sans attendre les tractations de coulisse au Palais fédéral en décembre. Sans se réfugier derrière cet inadmissible «vote secret», qui a permis à Blocher d’être élu il y a 4 ans, grâce aux défections dans le camp soutenant officiellement la candidate PDC qui lui était opposé.

Les citoyen-ne-s de ce pays ont le droit de savoir aujourd’hui :

* Quel parti osera présenter une candidature au Conseil fédéral contre Christoph Blocher?

* Quels futures élu-e-s s’engagent à voter contre lui?

Josef Zisyadis avec ses deux collègues Marianne Huguenin et Pierre Vanek