Les bourgeois jouent au foot comme des pieds… mais c’est pour mieux voter l’accord UBS-USA

OUI-OUI

Oui, bien sûr, la Chambre du peuple vient de voter le refus de l’accord et même un éventuel référendum facultatif. Mais, n’est qu’un plaisir volatile.

Que les bourgeois se rassurent tout va rentrer dans l’ordre dans quelques heures.Vous êtes bien majoritaires dans les deux chambres, non ? Vous avez toujours défendu le secret bancaire, non ? Vous avez toujours réussi à faire peur sur les conséquences économiques incalculables du refus du soutien étatique à « notre » grande UBS, y compris chez les socialistes et les verts, au nom de l’intérêt national, non ?

Il y aura accord UBS-USA. Et il n’y aura pas de référendum possible.

C’est la suite logique, car le vote passager ne repose sur aucun accord fondamental de principe, juste une petite acnée passagère. Qui rentrera dans l’ordre, car elle sera soignée ces prochaines heures.

Tous les partis ont peur d’une chose face aux USA: le démantèlement de l’UBS et la nécessité de véritable réforme du système bancaire, qui ne peut être que la remise à la société entière des activités de crédit.

Le problème de notre pays, c’est que l’on peut se trouver en prison pour un vol de plaque de chocolat, alors que pour avoir fraudé, détourné, soustrait des milliards de francs au nez des collectivités publiques, internationales ou suisses, ces délinquants majeurs de notre société sont par contre en liberté.

Le Conseil fédéral a réussi à trouver en quelques heures les milliards de francs nécessaires pour sauver l’UBS et ses bonus indécents, sans que le peuple puisse donner son avis. L’accord UBS avec les USA est constitué de la même veine: sauver l’institution bancaire suisse la plus importante, au plus vite, sans engager une quelconque réforme fondamentale dont le pays a besoin pour sortir de la monoculture bancaire et de son rôle de receleur mondial.

Tant que la distinction entre évasion fiscale et fraude fiscale est maintenue dans les relations avec toutes les autorités fiscales étrangères et qu’il n’y a pas d’échanges automatiques en la matière, tant que cette distinction est maintenue pour les autorités fiscales suisses, tant que les banques peuvent accepter des fonds sans attestation fiscale, l’accord UBS-USA est de la poudre aux yeux.

Une fois de plus, le gouvernement suisse, la majorité politique qui le compose, joue un rôle de bouclier pour sauver une banque privée qui est aujourd’hui menacée à l’étranger, alors qu’elle-même, cette banque, se moque du peuple suisse, sauf lorsqu’il s’agit de lui demander de passer à la caisse.

Pendant ce temps, la politique de démantèlement social peut continuer: démantèlement de l’assurance-chômage, augmentation de l’âge de l’AVS et économies dans tous les secteurs publics, sabordage de l’AI et augmentation de la TVA. Depuis quand les intérêts privés d’une banque suisse fraudeuse sont-ils supérieurs aux intérêts de l’immense majorité des honnêtes gens qui forment notre pays ?

Les grandes banques ont été tirées du gouffre à coup de milliards sur l’ensemble de la planète; 11 400 milliards de dollars ont été trouvés immédiatement pour sauver des banques comme UBS. Et que font-elles ? Elles utilisent maintenant l’énorme masse de liquidités mise à leur disposition gratuitement pour spéculer contre les Etats qui les ont sauvées.

Que l’UBS explose enfin ! Pour que l’on puisse trouver les seules mesures qui s’imposent: la création d’un pôle public du crédit et du prêt hypothécaire, pour mettre enfin la finance au service de la collectivité et séparer tout ce qui concerne les affaires et la spéculation du bien commun.

Il faut couper les vivres à UBS et qu’elle se débrouille sans paravent étatique, facile et complaisant.

L’UE, la BCE et le FMI soutiennent la Grèce… comme la corde soutient le pendu !

PIGS

Aujourd’hui, mercredi 5 mai, une grève générale se déroule dans toute la Grèce à l’appel de l’Union syndicale des fonctionnaires (ADEDY) et de la Confédération générale des travailleurs (GSEE).

Cette grève générale a pour but de lutter contre les mesures d’austérité sociale et financière d’une brutalité sans précédent que le gouvernement hellénique a accepté d’imposer au peuple grec en échange de l’aide financière de la « troïka » Union Européenne (UE), Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI). Cette aide financière est en fait un prêt de 110 milliards d’euros sur trois ans à un taux minimum de 5 %, soit 5 fois plus élevé que le taux des emprunts de la République fédérale d’Allemagne…

Pour parvenir à un déficit public ramené hypothétiquement à moins de 3 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici à 2014, soit une coupe de 36,4 milliards d’euros en trois ans, le gouvernement Papandreou s’est engagé auprès de ses prêteurs à :

– supprimer les 13ème et 14ème salaire des employé.e.s de la fonction publique (ces salaires supplémentaires sont en fait des primes annuelles compensant partiellement le blocage des salaires mensuels les années précédentes)
– supprimer les 13ème et 14ème allocations annuelles des retraités du public et du privé
– geler les salaires et les retraites pendant trois ans
– augmenter l’âge de la retraite à 65 ans et avec une durée de cotisation minimale de 40 ans et non plus 37 ans
– suspendre l’application des conventions collectives de travail négociées entre patronat et syndicats
– modifier la loi de la sécurité sociale au détriment des ayants-droits
– modifier le code du travail afin de faciliter les licenciements en affaiblissant les dispositions légales de protection des travailleurs et en abaissant les indemnités de départ
– augmenter le taux principal de la TVA de 21 à 23 %, soit une augmentation de l’impôt indirect sur la consommation.

Ces mesures s’accompagnent à l’extérieur d’une mise sous tutelle du gouvernement grec qui devra rendre des comptes à ses bailleurs tous les trois mois qui vérifieront l’application scrupuleuse des mesures de démantèlement social.

Toutes ces mesures constituent une attaque d’une violence inouïe contre les conditions de vie de l’immense majorité du peuple grec qui se voit contraint par son gouvernement et la troïka de payer pour les riches, le patronat et les banques. En effet, l’emprunt grec ne sert en définitive qu’à honorer le service de la dette (intérêts et remboursements), c’est-à-dire…à rembourser les banques françaises et allemandes qui détiennent à elles-seules 80 % de la dette publique grecque ! De leur côté, les banques grecques ne participent en rien alors qu’elles ont reçu 28 milliards d’euros de fonds publics au titre de plan de sauvetage sans aucune contrepartie ! Quant au patronat des grandes entreprises, il a transféré ses actifs dans des sociétés off-shore à Chypre où ils ne sont imposés qu’au taux de 10 % !

Pourtant, d’autres choix sont possibles dès lors que l’on sort de la religion néo-libérale et des ukases mortifères du mal-nommé « marché » qui n’a rien d’invisible et dont les tireurs de ficelles sont connus, comme la banque d’affaires Goldman Sachs ou les fonds de placement (les Hedge funds) qui ont spéculé depuis des mois sur la dette publique grecque et sur l’euro.

Ainsi, le gouvernement grec, après avoir rendu publique la structure de la dette (qui a emprunté à qui, quand et pour quoi), pourrait :

– mette en œuvre une nouvelle fiscalité qui obligerait les particuliers et les entreprises à contribuer de manière juste et équitable aux dépenses communes
– exiger l’harmonisation d’une fiscalité européenne pour annuler les niches fiscales sur le continent
– diminuer drastiquement les dépenses militaires (plus de 9,6 milliards de dollars par an qui profitent largement aux industries d’armement états-uniennes et françaises)
– rapatrier la flotte commerciale (la Grèce en est le no 1 mondial) qui, avec 4000 navires (la plupart navigant sous pavillon de complaisance), ponctionne chaque année 6 milliards d’euros de TVA à l’Etat grec
– développer des emplois salariés dans les économies d’énergie et la sauvegarde de l’environnement largement atteint par les laisser-faire et les incuries des gouvernements précédents (que l’on songe aux feux de forêts désastreux de ces dernières années).

Contre les flibustiers de la finance internationale, contre les mesures de démantèlement social de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, déclarons notre solidarité au peuple grec, à ses syndicats, à ses organisations populaires.

Dans un premier temps, signons l’appel international, rejoignons la manifestation de soutien au peuple grec samedi 8 mai, à 14h, à la place St-Laurent à Lausanne et…allons en Grèce en vacances à la rencontre de ce peuple dont nous sommes peu ou prou les héritiers culturels !


Collectif Antigone, Case postale 196, 1000 Lausanne 6
Josef Zisyadis, conseiller national
Bruno Clément, cie du Trottoir, théâtre de rue

Réservez déjà: Mercredi 26 mai à 19h30 au Pois Chiche à Lausanne
(sous le Café de l’Ouest av. de Morges 119)
Rencontre-débat « le sens de la crise grecque » avec Pascal Franchet, vice-président du
CADTM-France (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde), syndicaliste CGT-impôts

Un après la guerre, le ghetto de Gaza

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Vivre dans ce territoire, c’est mourir à petit feu, prisonnier dans un camp à ciel ouvert, comme a pu le constater une délégation européenne en visite ce week-end.

A chaque voyage vers Gaza, le doute me tenaille: encore une délégation parlementaire… y aller, ne pas y aller? J’y suis parti en bateau avec «Free Gaza» à partir de Chypre en novembre 2008 avant l’invasion israélienne, pour rompre le blocus. Puis, avec une délégation de quatre parlementaires suisses, en janvier 2009, sur les tas de gravats encore fumants.

Et aujourd’hui, un an après. Ces officialités peuvent paraître fastidieuses. Mais à chacun de mes retours, j’ai l’intime conviction qu’il est indispensable que les habitants de Gaza et les Palestiniens en général ne se sentent pas abandonnés. Les responsables et les habitants que nous rencontrons nous le disent à chaque fois: «Votre présence est une bouffée d’oxygène.» Egalement du voyage, le chanteur vaudois Michel Bühler a la même réaction: «Nous avons pu organiser un petit concert dans une école de musique. Les élèves et moi-même avons interprété quelques chansons. Une fois de plus, il était très important de montrer qu’ils n’étaient pas tout seuls. Leur grande crainte est que tout le monde les oublie.»

Dans les faits, ces intrusions de parlementaires dans le ghetto de Gaza sont des actes officiels de solidarité. Elles constituent une pression sur les autorités israéliennes et aussi égyptiennes, ne l’oublions pas, tous les deux responsables du blocus.

Alors que la «Marche internationale pour la liberté de Gaza», rassemblant 1’400 personnes a été bloquée au Caire pendant une semaine, avec des encerclements policiers permanents, le régime égyptien a dû céder à la pression internationale à la dernière minute et permettre l’entrée des 60 parlementaires européens (lire ci-dessous).

Israël soutient que le blocus de Gaza, en vigueur depuis juin 2007, répond aux attaques à la roquette que des groupes armés palestiniens ont menées sur le sud d’Israël à partir de la bande de Gaza. Le fait est qu’au lieu de viser des groupes armés, ce blocus punit toute la population en imposant des restrictions aux livraisons de nourriture, de médicaments, de fournitures scolaires et de matériaux de construction.

L’opération «Plomb durci» menée par l’armée israélienne du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009 n’a fait qu’accentuer à l’extrême, l’isolement et le dénuement de la bande de Gaza où vivent près d’1,5 millions d’habitants, ce qui en fait le territoire le plus peuple de la planète. Comme le rapporte clairement Amnesty International, «le blocus asphyxie la population, dont plus de la moitié est constituée d’enfants, dans pratiquement tous les aspects de la vie quotidienne. On ne peut laisser se poursuivre l’isolement et la souffrance dans lesquels elle est de plus en plus plongée.»

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Israël a beau rejeter les conclusions d’Amnesty international et refuser de prendre en compte le rapport Goldstone, la réalité de l’invasion, c’est 5’300 blessés, 1’400 morts, dont parmi eux moins de 250 étaient des combattants. Le plus incompréhensible, face à la brutalité israélienne permanente, c’est la longue retenue palestinienne. Car le rapport Goldstone est formel: bien sûr qu’il fait le décompte des crimes de guerre commis par les autorités de Gaza, comme les tirs de roquettes sur les civils israéliens, mais il fait surtout la longue liste de ceux commis par l’armée israélienne… Notamment, des «détails» qui tuent: la mission de l’ONU rapporte clairement que certains soldats israéliens se sont servis de civils comme de boucliers !

Face à tous ces blocages institutionnels internationaux, les exigences des parlementaires suisses sont claires. La Suisse doit s’engager sur le plan international avec force pour que le blocus que subit Gaza soit immédiatement levé sans conditions, que sur la base du rapport Goldstone, les dommages matériels et la reconstruction promise soit assumée par les responsables du conflit, que les résultats des élections démocratiques de 2006 soient reconnus, que toutes les parties palestiniennes deviennent des interlocuteurs sans exclusive et enfin que cesse toute collaboration militaire avec Israël.

La Suisse officielle a une position particulière dans le conflit. D’une part, elle a maintenu l’essentiel de son dispositif humanitaire et de coopération dans le ghetto de Gaza, sans concentrer toute son aide en Cisjordanie, comme la plupart des pays occidentaux. Elle maintient d’autre part des contacts avec toutes les parties palestiniennes, y compris le Hamas.

Malgré la votation sur les minarets, la Suisse conserve une image de confiance chez tous les interlocuteurs. La délégation helvétique l’a fortement ressenti de la part du gouvernement du Hamas. Car, qu’on le veuille ou non, c’est bien là, un élément essentiel de la situation politique. Les résultats des élections démocratiques de 2006 ont donné une victoire du Hamas; ce mouvement que la plupart des chancelleries occidentales continuent à faire figurer sur la liste des organisations terroristes.

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Même Robert Malley, ancien conseiller du président Clinton pour le Proche-Orient salue la diplomatie suisse et sa volonté de maintenir le dialogue avec toutes les parties: «Cette ouverture est essentielle, alors que le paysage politique des deux parties est plus émietté que jamais. On ne peut plus privilégier certains interlocuteurs comme le Fatah, puisqu’ils ne sont plus en mesure de conduire les événements sur le terrain.» Et Robert Malley insiste sournoisement: «La continuation du blocus alimente le mécontentement populaire. Mais il renforce l’emprise du Hamas sur la bande de Gaza. A force d’assécher les échanges économiques et commerciaux, le monopole retombe dans les mains de ceux-là même qu’on cherche à affaiblir, soit le Hamas.»

La délégation a donc longuement rencontré le premier Ministre appartenant au Hamas, Ismaël Haniyeh, ainsi que d’autres membres du gouvernement. L’objectif est de casser les exclusives, d’ouvrir des perspectives de dialogue en vue d’une réconciliation inter-palestinienne, indispensable à la reprise d’un processus de paix.

Toutes ces actions parlementaires ne seraient finalement rien sans les actions citoyennes de solidarité avec le peuple palestinien menées dans tous les pays, et surtout sans une amplification de la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanction) à l’égard de l’Etat d’Israël, comme autrefois dans la campagne anti-apartheid sud-africaine.

Composition de la délégation européenne

La délégation européenne était composée de plus de 60 députés représentant 15 pays. Organisée par la «Campagne européenne pour mettre fin au blocus de Gaza», elle a passé, dans les faits, 48 heures dans Gaza même, après l’autorisation de dernière minute des autorités égyptiennes. Elle s’est rendue au siège du Conseil législatif palestinien et visité les locaux bombardés par l’occupation israélienne. Elle a eu des entretiens avec la commission chargée d’archiver les crimes de guerre, les ONG de Gaza, l’ONU. Elle a visité des quartiers, des écoles, durement éprouvés par le blocus arbitraire. Elle a eu enfin des rencontres avec le secrétaire général de la Ligue Arabe, le ministre égyptien des Affaires étrangères et le président du Parlement de ce pays.

La délégation suisse était composée de Geri Müller (Les Verts), Jean-Charles Rielle (PS), Josef Zisyadis (POP / La Gauche), ainsi que du chanteur Michel Bühler. Elle était aussi accompagnée de Ender Demirtas et Anouar Gharbi, militants de l’association genevoise Droits pour tous.

L’UDC prépare un coup d’Etat légal

temps de cerveau

La victoire de l’initiative anti-minaret n’est qu’en apparence un coup de tonnerre. C’est une victoire d’étape de l’extrême-droite suisse.

D’ici 2011, date des prochaine sélections fédérales, l’UDC va occuper le terrain politique avec un maximum d’efficacité sur des thèmes de société les plus triviaux. Des thèmes susceptibles d’être à chaque fois des décrochages auprès des divers électorats traditionnels, tant de la droite radicale-PDC que des socialistes.

L’accumulation des forces est à ce prix. Car l’objectif est bel et bien de devenir majoritaire au Parlement ou presque majoritaire avec quelques idiots utiles de quelques formations politiques subalternes, pour prendre le pouvoir.

Ceux qui imaginaient que la progression à près de 30% de la formation d’extrême-droite était un sommet électoral difficilement renouvelable n’ont jamais mesuré les talons d’Achille de la démocratie helvétique.

Nous avions déjà une économie de casino bancaire au coeur de l’Europe, qui fait de la Suisse un paradis fiscal pour tous les riches réfugiés économiques.

L’utilisation de la cascade d’initiatives va permettre une prise de pouvoir correspondant à une nuit de cristal modernisée. Elle permet non seulement de ratisser plus largement que le vote partidaire, mais surtout d’utiliser l’une des plus grandes faiblesses de la Suisse: son système politique basé sur la faiblesse de la démocratie représentative, rythmé par les votations populaires successives.

Ces votations permettent une débauche de pognon sans contrôle des budgets et sans plafonnement des dépenses. Une autoroute à cinq pistes du fric, offerte à des manipulateurs de temps d’antenne, donc de temps de cerveau. Les tribunes médiatiques sont prêtes à recevoir les initiants UDC. Il s’agit ni plus ni moins du développement d’un suffrage censitaire.

Sans réaction à la fois politique et institutionnel, cela va aboutir à un coup d’Etat légal. Déjà ce soir, il était pathétique de voir tous les partis, du PS aux libéraux-radicaux, trouver des excuses et des raisons à l’inquiétude exprimée dans les urnes. L’ensemble du corps politique dérive dangereusement à droite et à une vitesse exceptionnelle.

Nous sommes entrés dans une autre phase du développement du fascisme alpin et il ne suffira pas de faire de simples appels à la raison.

Nous avons besoin de formes de résistance nouvelles, comme une grève de tous les exclus et stigmatisés de l’extrême-droite: immigrés, handicapés, chômeurs, naturalisés, doubles nationaux, sans-papiers, exclus, licenciés, minorités religieuses.

Sur le plan institutionnel, il faudrait suspendre le droit d’initiative tant qu’il n’y a pas de réglementation sur l’usage de fonds de campagne et leur transparence. C’est un électro-choc minimum.

Il faut faire vite, avant qu’il ne soit trop tard, pour nous tous.

Pour l’instant, la loi contre les chômeurs est en panne

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La situation est pour l’instant cocasse, pour ne pas dire plus.

Au départ, j’ai proposé seul en commission de l’économie du Conseil national de ne pas entrer en matière sur cette loi de pénalisation des chômeurs.

Au final, après plusieurs jours de commission, le vote révèle une fracture à droite qui permet à la position du refus de devenir majoritaire… Finalement donc 8 voix contre (POP, Verts, PS) 7 voix pour (PDC et radicaux) et 10 abstentions (UDC et radicaux).

Et du coup, je me retrouve (pour l’instant) rapporteur de majorité au Parlement, contre cette loi… Il y a parfois quelques retournements étranges.

Que comprendre de tout ce mic-mac ?

L’extrême-droite et la droite la plus dure (vous savez, celle qui préfère foutre les millions par la fenêtre comme avec l’informatique militaire…) veut encore plus d’économie sur le dos des chômeurs, des précaires et des jeunes. Son jeu consiste à faire pression sur le Conseil fédéral et ses partis pour qu’ils aillent plus loin dans la casse de l’assurance-chômage.

Donc pas de triomphalisme… Dès qu’ils auront réussi à s’entendre dans les coulisses, tout rentrera dans l’ordre des choses du capitalisme.

Finalement, c’est le peuple qui devra trancher, car nous serons bel et bien obligé de lancer un référendum.

La seule chose qui devrait faire réfléchir certains, c’est qu’il vaut mieux dès le début refuser d’entrée en matière, car c’est la seul position de résistance.

Dans quelques heures, les chômeurs seront fixés sur leur sort

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C’est aujourd’hui mardi 27 octobre que la commission de l’économie du Conseil national va boucler la révision de la loi sur l’assurance-chômage.

Au moment où la population apprend avec stupeur le gaspillage de près de 800 millions de francs pour l’informatique militaire, la tournure des débats sur l’assurance-chômage, uniquement centrés sur des économies sur les plus précaires, est un véritable scandale politique. Les mêmes UDC qui ont jetés l’argent du contribuable par la fenêtre se retrouvent aux premières loges pour casser la vie quotidienne des victimes économiques du système.

Le radical Pierre Maudet, président de la commission fédérale de la jeunesse a beau jeu de se lamenter dans son journal du dimanche sur la situation de péjoration des jeunes, c’est son parti qui est le protagoniste principal pour réduire les prestations des jeunes chômeurs.

La population en a assez de ces doubles jeux électoraux de passe-passe !

Les chiffres sont là: la 4ème révision de la loi sur l’assurance-chômage est un gigantesque report de charges sur les cantons et les communes de l’ordre de 250 millions. Concrètement, il s’agit de rejeter des ayants droit aux indemnités directement à l’assistance publique.

La révision de la loi sur l’assurance-chômage en période de crise aigüe est une volonté politique punitive à l’égard des plus faibles de la société, au nom d’une idéologie dogmatique d’économies. Il suffirait d’augmenter les cotisations paritaires à 2,5% sans baisser les prestations et tout serait réglé ! Il y a quelques années le taux était de 3% sans aucun problème…

J’imagine que je ne serais pas seul à refuser cette loi… comme pour l’entrée en matière. J’imagine…

Préparez vos stylos pour le référendum, on va les gifler ces incompétents !

Gauche de gauche, le retour ?

Die Linke

Coup sur coup, les élections législatives nationales allemandes et portugaises indiquent une montée de la gauche anti-capitaliste.

En Allemagne, Die Linke fait un bond à 12,8%, dépasse les Verts sur le plan national et envoit aux Bundestag 78 députés (40 femmes et 38 hommes !).

Au Portugal, la gauche anti-capitaliste dans son ensemble (Bloc de Gauche et Parti communiste) font un score de 17,7%. Le Bloc de gauche, qui appartient au Parti de la Gauche européenne, dépasse pour la première fois le PC.

Ce léger frémissement est symptomatique de l’attente des milieux populaires, qui tentent de résister partout à la crise du système.

Trois constatations rapides:

1. La social-démocratie est en pleine déconfiture pour avoir épousé très vite les thèses néo-libérales.
2. Les Verts deviennent de plus en plus les promoteurs d’un capitalisme vert, qui leur fait perdre leur aura de contestation du système.
3. La Gauche de gauche se recompose, elle devient nettement éco-socialiste et s’ouvre sur de nouvelles pratiques sociales.

Il y a de l’espoir dans tout cela, y compris dans notre petite Suisse, si nous savons nous unifier, sortir du sectarisme d’organisation.

Deux échéances à suivre prochainement: les résultats des élections cantonales genevoises et la première rencontre nationale de « La Gauche / Linke Alternative / La Sinistra le 21 novembre à Schaffhouse.

Europe: Déroute des socio-démocrates

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Les élections européennes consacrent un véritable camouflet pour les socialistes-libéraux. La droite et l’extrême-droite sortent vainqueurs. La désunion de la gauche radicale est partout un handicap.

Bon, il n’y a pas de quoi pavoiser. Les résultats de l’élection au Parlement européen sont un désastre pour les intérêts populaires et les exclus du Capital. La droite gagne partout du terrain et l’extrême-droite xénophobe et fascisante acquiert une respectabilité au centre de l’Europe-forteresse.

Qui pait le prix de cette secousse en pleine crise économique ? Essentiellement les forces sociales-libérales qui n’ont fait qu’accompagner les intérêts du capitalisme financier.

Le désintérêt populaire pour cette consultation (moins de 50% de participation) n’est qu’un élément supplémentaire de désapprobation de forces politiques qui ne sont que les pâles copies de la droite. Il est de notoriété publique que 80% des votes ont vu le consensus du PSE (européen) et du Parti populaire européen (droite majoritaire) !

Il se confirme que les Verts sont en passe de concurrencer sérieusement le PSE sur le terrain de la nouvelle régulation capitaliste. La « sortie de crise » par le capitalisme vert a plus d’impact au coeur des inquiétudes climatiques, que la vielle réthorique poussive socialiste sur le pouvoir d’achat.

Et la gauche anti-capitaliste dans tout cela ? Quelques soubresauts, quelques avancées aussi marginales qu’inaudibles. Ce qui frappe encore et toujours: l’incapacité de cette gauche de s’unir, de travailler ensemble dans les différences, de donner un élan unitaire à tant d’attentes populaires orphelines. Il aurait suffit de s’unir et une dynamique s’enclanchait. Encore raté, caramba !

« La politique de l’oxymore » de Méheust

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Encore un décroissant me direz-vous… Eh oui, ce philosophe se situe dans ce courant des objecteurs de croissance. Le titre a l’air rébarbatif, mais il se lit aisément. Il est surtout décapant pour décoder les propos des nouveaux capitalistes verts.

Vous en voulez des oxymores ? De celles qui sont dans la bouche des média, des nouveaux penseurs du « green deal » et du pouvoir institutionnel ?

Agriculture raisonnée ? C’est touchant

Développement durable ? C’est entré dans nos crânes

Marché civilisationnel ? Jouissif

Moralisation du capitalisme ? Féérique

Flexisécurité ? Envoûtant

Il y a dans ce livre donc une part de décodage de ces formules qui ont envahi notre quotidien. Ces « outils de mensonges » déstinés à désorienter et à rendre inapte à penser.

Mais Bertrand Méheust a un constat clinique ferme: la cirrhose néolibérale est incurable. « En moins d’un siècle, le marché, couplé à la technologie, en instrumentalisant et en artificialisant les désirs, aura stérilisé tout ce qui donnait aux hommes le goût de vivre depuis des millénaires. »

Il n’y a pas d’autre issue planétaire que de sortir de la marchandisation du monde. Un livre à mettre entre toutes les mains.

La mixité est un leurre

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Cela fait plusieurs semaines que cette évidence me saute aux yeux. J’ai longtemps cru que la mixité des transports en ville était un mal inéluctable. Bien sûr, je me suis toujours battu pour que les transports publics prennent une place prioritaire face aux transports individuels.

Mais la réalité évolue très vite: il faut mettre un terme à la mixité des transports en zone urbaine. Croire encore qu’on peut se permettre la circulation des automobiles privés et des transports collectifs est un oxymore (Je reviendrais bientôt sur le livre remarquable de Bertrant Méheust « La politique de l’oxymore »).

En fait, il y a plusieurs raisons à mon changement de perception:

1. L’espace public est de plus en plus restreint, laisser encore une place à des véhicules automobiles privés est un gaspillage d’argent public et de temps.

2. Les conducteurs d’aujourd’hui ont changé, parce que l’individualisme et la montée de l’égo sans horizon sont devenus la base de la conduite quotidienne. Ce n’est pas seulement une question de vitesse hallucinante en ville ou devant les écoles (quotidiennement j’observe des vitesses de 70 km/h !), mais aussi la perte du respect mutuel. La société néo-libérale a produit une somme de dégâts conséquents sur les comportements humains. Ils ne sont pas retrouvables à moyen terme.

3. Les piétons, les cyclistes ne peuvent pas avoir un espace reconnu avec des véhicules qui sont l’anti-thèse de la reconnaissance de la mixité des transports.

Le capitalisme est en train de tuer la voiture individuelle en ville, sans le vouloir. Trop de voitures, tue la voiture.

Il vaut mieux miser sur le grand chambardement, il est au fond inéluctable. Recréons des villes sans voitures, avec des transports publics performants et gratuits ! Laissons libre le développement des vélos, créons des bornes gratuites pour les vélos électriques ! Assurons des Pédibus pour nos enfants !
Dans un premier temps, il faut généraliser le 30 km/h partout en ville et le faire respecter par les automobilistes. Devant les écoles les zones à 20Km/h devraient être la règle.

Ensuite, libérons nos villes de cette civilisation de la croissance automobile. Nous libérerons nos têtes aussi.