Où Abimi nous sert un Lausanne sans pourboire…

Apéro

Daniel Abimi vient de commettre son premier roman. Et c’est un rompol qui se dévore, on ne le lâche plus des mains.

Bien sûr, c’est à cause de Lausanne, me direz-vous… Pas seulement. C’est ciselé comme une classe sociale. Dans ce roman, on ne se mélange pas, sauf au plumard.

L’autre face de Lausanne, pas celle de Lausanne Jardins, de l’éco-quartier, des bobos, qui sentent bon le savon.

Curieusement, ici le "commissaire" Montalbano ou Pepe Carvalho, n’est pas un flic, il est de fait remplacé par un journaliste dans un grand quotidien local. Il mange, il boit aussi, mais que dans des bistrots populaires avec du gros rouge qui tâche fort. Et les mets sont lourds comme l’athmosphère. Lausanne est une vraie ville, mais de province blafarde.

Allez, je ne vous en dit pas plus.

Si: ce roman s’appelle "Le Dernier Echangeur", Daniel Abimi est son auteur et Bernard Campiche, son éditeur.

Daniel Abimi a failli être lauréat du Grand Prix Champignac de 1993 avec la phrase: «Directeur de la Sécurité sociale et de l’environnement depuis quatre ans, le socialiste Pierre Tillmanns a été confronté à une terrible hausse du nombre des chômeurs. Il a mis sur pied de nombreux chantiers d’occupation. Tout en favorisant le recyclage des déchets.» Il s’est rattrapé depuis. Son profil Facebook indique qu’il a visité la ville de Mekele en Ethiopie.

« Pâques » de Julie Delaloye

Delaloye

Mais le ciel a mûri ce printemps, me dites-vous,

au-delà de toute douleur, toute oraison.

Plus que l’essaim épars et

la lumière mouillée de midi.

Ici, toujours près d’ici,

sur la pierre claire, soleil

rougi à la sève de ses lèvres,

les citrons guérissent l’image

et le temps épris de souvenirs

se dissipe !

Plus rien, que sa voix qui

sonne encore et gagne la mer.

Julie Delaloye

Née en 1979 à Lausanne. Diplomée de l’Université de Lausanne. Boursière du FNRS, elle prépare un doctorat en sciences bio-médicales. Avec son premier livre publié « Dans un ciel de février » aux Editions Cheyne, elle a reçu le Prix de poésie de la Vocation.

solidaritéS: comme un déficit de fraternité…

thumb_Bronca

solidaritéS sera en congrès national avec ses 4 sections (Genève, Bâle, Vaud et Neuchâtel) dans quelques jours. Le parti suisse du travail-POP le fut aussi il y a quelques mois.

Comme le militant que je suis, partage une histoire commune depuis 2003, celle de "A Gauche toute !", je me suis plongé avec curiosité sur les textes de mes camarades de chambrée.

Pas beaucoup de surprise sur l’analyse du capitalisme helvétique et mondial. Nous avons de larges convergences sur la résistance à ce système, même si tout cela est dit de manière assez traditionnelle. Le seul élément rafraîchissant est l’apparition d’un discours sur la décroissance dans le cadre d’une réflexion sur l’écosocialisme…

Non, l’élément de surprise principal… c’est la large convergence de stratégie entre solidaritéS et le PST-POP sur l’identité, la recherche de pureté révolutionnaire, bref sur la solitude d’une extrême-gauche passablement marginalisée.

Bizarrement entre les responsables du PST-POP, qui rêvent de s’appeler bientôt "parti communiste suisse" et les responsables de solidaritéS qui veulent devenir le seul parti anticapitaliste, il y a comme un parallélisme: celui du "regroupez-vous autour de moi, je suis dans le vrai…"

Depuis 2003 pourtant, un espoir était né, celui de regrouper dans la diversité, toutes les composantes de la gauche de résistance en Suisse. Du chemin a été parcouru. Pas facile lorsqu’on connaît l’attachement de cette gauche à marquer à la culotte la moindre divergence de détail, sans parler des egos des militants.

Vous ne trouverez rien, rien de rien, dans l’analyse de cette période 2003-2009. Une sorte de trou noir. Dans le canton de Vaud, ce fut des innombrables assemblées communes, des congrès, des commissions de travail, des programmes communaux et cantonaux communs. Et même des élus communs ! Tout cela est passé à l’as, sans analyse même critique sur ce passé récent.

A Gauche toute ! / Linke Alternative est une histoire close apparemment. Mais le plus étrange, tant pour le PST-POP que pour solidaritéS, cela se fait en passant comme chat sur braises, comme pour ne pas devoir débattre.

Or le débat essentiel est celui du travail en commun, de la militance commune dans une même force anti-capitaliste nationale avec une vie démocratique plurielle à l’interne. C’est le seul enjeu qu’attendent tant de femmes et d’hommes authentiquement à gauche, qui en ont ras-le-bol des divisions sectaires et du repli sur soi. Et tout cela au coeur d’une crise financière et écologique du système. C’est aussi de cela que débattent nos camarades en Grèce, au Portugal, en France, en Allemagne.

sectarisme

Les uns cherchent leur Besancenot sexagénaire, les autres leurs faucilles et leurs marteaux; la gauche est dans de beaux draps avec des configurations pareilles.

Il y a quelque chose qui manquera décidément toujours, c’est un peu de fraternité et de modestie dans nos combats. Cela ferait tellement de bien.

Il ne reste plus qu’à espérer que les unitaires de toutes les formations de la gauche de transformation sociale s’insurgent et refusent les murs que certains s’évertuent à élever pour la survie de leurs chapelles ! On verra…

UBS, fossoyeur de la souveraineté suisse

kurer

Le culot de la direction de l’UBS n’a de commune mesure que sa suffisance et son incompétence.

Heures après heures, il se révèle que MM. Kurer et Rohner non seulement étaient au courant des méthodes de gangsters utilisés aux Etats-Unis, mais en étaient vraisemblablement même le cerveau.

Et ils osent nous jouer le refrain de la protestation anti-impérialiste avec des trémolos sur la souveraineté suisse maltraitée par d’odieux cow-boys.

Avec le Conseil fédéral que nous avons, composé de forces politiques qui ont toutes sacralisé le secret bancaire, il n’est pas étonnant que l’UBS cherche une issue vers l’union sacrée pour sauver ses meubles.

Décidément, il n’était pas besoin de consacrer annuellement près de 4 milliards à la défense nationale armée. De l’argent jeté par la fenêtre ! En deux coups de cuillère à pot, les méthodes de gangsters financiers de l’UBS sont en train de mettre à genou la Suisse, qui n’a eu de confiance que dans la monoculture de la spéculation financière.

Il est grand temps de tourner la page, d’abandonner le secret bancaire et de faire le changement de cap vers le bien commun. Une autre Suisse est possible, que diable !

L’hiver: au chaud à l’Hôtel de la Gare à Lucens

Image-1DEEAFD6C6FA11D9.jpg-thumb_269_202

L’hiver est là, la neige s’installe, mais aussi l’envie d’être chouchouté avec quelques bons produits. Il suffit de passer le Chalet-à-Gobet, la Broye vous attend, à quelques encablures de Moudon. C’est une gare, une vraie, celle de Lucens. En plus, c’est ici que le premier syndic popiste du canton de Vaud fut élu dans les années 50… C’est dire.

Pierrick Suter tient cette auberge, l’Hôtel de la Gare, en deux combinaisons (bistro et restau) depuis 1994. C’est une valeur sûre, avec des plats du jour reconnus loin à la ronde.

J’ai mangé (avant qu’un premier ministre d’une république voisine se rapplique à l’impromptu) une chasse d’une cuisson magnifique. Le chamois était tendre. Les spätzlis, nature, aux épinards et/ou à la tomate étaient craquants. Les choux de bruxelles étaient épatants et les marrons étaient juste relevés à souhait. Je ne vous parle pas de la raviole de lièvre servie en dégustation… La carte des vins contient quelques merveilles du terroir lémanique. Que vouloir de plus ?

Avant de prendre le train, comme de bien entendu, vous demanderez la fameuse berudge du patron. Eh oui, cela se fait encore de se laisser tenter par un pousse-café de derrière les fagots, de la campagne fribourgeoise toute proche.

Et dire que certains ne pensent qu’à fuir l’arrière-pays, alors que l’aventure est au coin du district.

Infiltration Securitas: Vaud savait depuis février 2004

infiltration

En réponse à ma question de hier au Conseil fédéral sur les pratiques d’infiltration de Securitas et surtout sur ma demande de la date à laquelle la Police fédérale a informé le canton de Vaud sur ces pratiques… le Conseil fédéral répond avec une clarté absolue:

La police fédérale a averti la police cantonale vaudoise en février 2004.

Dès lors, il s’agit maintenant de clarifier qui ment ou fait semblant de ne pas savoir:

1. la police cantonale vaudoise ?
2. le Conseil d’Etat vaudois ?
3. la police fédérale ?
4. le Conseil fédéral ?

Sans aucun doute, nous saurons très bientôt…

Et si Brabeck avait raison…

eau qui tombe du ciel

Je ne parle pas de l’infiltration et du flicage sous-traité à Securitas… mais de cette phrase anodine:

« L’Afrique du Sud a mis en place un bon système: les autorités attribuent gratuitement 25 litres d’eau par personne et par jour, 5 litres pour boire 20 litres pour l’hygiène basique, et le reste doit être payé. »

Si je comprends bien Peter Brabeck, le président de Nestlé dans cet article paru dans l’AGEFI, il faut étendre les zones de gratuité et donc taxer le mésusage.

Concrètement: il faut que la gratuité de l’eau pour la vie basique soit reconnue comme une sorte de droit de l’homme sur toute la planète, tandis que remplir sa piscine privée doit être taxé de manière forte.

Allons un peu plus loin: et si le gaz, l’électricité, le toit/le logement, les transports publics étaient gratuits pour tous les êtres humains jusqu’à une certaine limite d’usage et que le mésusage de tous ces moyens soient renchéris lorsque cette limite est dépassée ?

Plus loin encore: Si nous adoptions le principe d’un revenu inconditionnel pour tous, on pourrait alors mettre en place un revenu maximum autorisé.

C’est bien cela que vous avez voulu dire M.Brabeck ?

Registre national des puces biométriques ?

rfid

Je viens de que proposer que le Conseil fédéral institue un registre national des puces de la technologie RFID utilisées dans le pays, qu’elles soient permanentes ou temporaires.

Ce registre national doit être accessible au public, il doit comporter toutes les informations de base permettant aux citoyens et à leurs associations, de connaître l’existence et l’activité de ces puces.

La radio-identification (usuellement abrégé RFID), est une méthode pour stocker et récupérer des données à distance en utilisant des marqueurs appelés « radio-étiquettes ». Les radio-étiquettes sont de petits objets, tels que des étiquettes autoadhésives, qui peuvent être collées ou incorporées dans des objets ou produits et même implantées dans des corps humains.

Vu leur généralisation sera massive dans les années à venir (passeport biométriques et cartes d’identité, Migroop, etc…), les citoyens doivent pouvoir disposer d’instrument de contrôle et de droit de regard. Non ?

Le Conseil fédéral patauge dans la vinasse avec copeaux

copeaux de bois dans le vin

Il y a quelques semaines j’ai proposé que le Conseil fédéral interdise l’utilisation des copeaux de bois pour aromatiser les vins.

Et ceci uniquement dans les différentes AOC suisses… Rassurez-vous donc, lorsque vous boirez des vins suisses non estampillés AOC, vous aurez encore la joie de déguster une aromatisation aux copeaux.

Je confesse que j’ai eu le culot de penser que les vins suisses, issus d’un milieu géographiquement délimité et qui leur a conféré une notoriété particulière, doivent avoir une image de marque nationale et internationale. Ainsi, les Appellations d’Origine Contrôlée (AOC) cantonales devraient avoir sur ce point une unification des pratiques oenologiques, sous peine de mettre en danger l’image de tous les vins AOC de notre pays qui veulent respecter les terroirs et une vinification traditionnelle.

Eh bien c’est niet du Conseil fédéral. Il ne veut pas intervenir. Ce sera la jungle pour le vignerons respectueux des traditions et pour nous les consommateurs. J’espère que le Parlement saura remettre l’église au milieu du village. A suivre avec la lutte légitime de l’Association des vignerons-encaveurs suisses.

Heureux pays et grosse commission

actionnaires

Depuis ce début d’année, je fais partie de deux commissions du Conseil national (Parlement suisse): la commission des institutions politiques (CIP) et la commission de l’économie et des redevances (CER). Il paraît que la commission CER (WAK en allemand) est une grosse commission, prestigieuse, recherchée et tout et tout. Je veux bien, mais…

C’est assez bizarre comme impression d’ensemble après une première mise en bouche de session de cette commission en ce début de semaine.

Je ne parle pas du rapport des forces gauche-droite sans surprise pour tous les sujets, genre 8 à 17 bloqué… Normal, quoique insipide, parce que tellement traditionnel.

Je parlerai plutôt d’un fait anodin. Le mois prochain, en février, cette fameuse grosse commission ne se réunira pas, car elle n’a pas de sujet à se mettre sous la dent.

Ainsi va la Suisse en pleine crise boursière, financière, économique. Circulez, il n’y a rien à discuter. Le pouvoir est ailleurs. Les élus du peuple reviendront siéger en temps voulu. Ce pays est heureux. Enfin presque.