La Suisse, terre bénie des sociétés de négoce de matières premières

Matière première

Parmi les plus grandes sociétés de Suisse, près de la moitié sont des sociétés de négoce, qui ont un chiffre d’affaire supérieur au PIB des pays où sont prélevés les matières premières avec lesquelles elles font de la spéculation effrénée.

La Suisse est devenue une terre bénie pour ce type de société de trading depuis quelques années.

Ces sociétés sont caractérisées par une absence totale de transparence, par des violations des droits humains, des dommages à l’environnement. Elles se sont spécialisées dans la soustraction fiscale au détriment des pays riches en matières naturelles.

Dans une motion déposée cette semaine, je demande que le Conseil fédéral soit chargé de mettre en place une régulation des sociétés de négoce de matières premières dont leur siège ou leur filiale est en Suisse.

Cette régulation doit prendre les formes suivantes:

1. Les sociétés de négoce de matières premières doivent être considérées comme des intermédiaires financiers et soumises à la loi fédérale sur le blanchiment d’argent.

2. Les liens de propriété des sociétés doivent être publiés dans les registres cantonaux du commerce, afin de rendre publique les propriétaires de toutes les sociétés et la chaîne de construction juridique entre eux et leurs entreprises.

3. Ces sociétés doivent publier les informations concernant leurs collaborateurs, leurs chiffres d’affaires, leurs bénéfices, les coûts de leurs financements et leurs factures fiscales par filiales et par pays.

Payer au juste prix son alimentation ou son natel ?

Vente directe aux Jardins d'Ouchy

Passionné de souveraineté alimentaire, initiateur de cercles d’agriculture contractuelle dont les célèbres Jardins du Flon , le président des « Jardins d’Ouchy », le conseiller national Josef Zisyadis, a bien voulu répondre à nos questions.

Prometerre infos : Qu’est-ce qui vous pousse, vous parlementaire de gauche, plutôt voué à la défense syndicale, à vous intéresser à l’agriculture et aux agriculteurs ?

Josef Zisyadis : Je suis passionné depuis longtemps par deux questions qui me paraissent essentielles:

1. Le repositionnement de l’économie dans des structures autonomes décentralisées les unes des autres. Donc le développement de l’économie sociale et solidaire.

2. La standardisation de la nourriture et l’uniformisation du goût pour l’ensemble de la population de la planète, avec ce que cela induit comme impérialisme culturel et donc économique.

La communauté qui nous nourrit quotidiennement exige de notre part de la cohérence. Ou nous voulons un avenir préparé par les multinationales agro-alimentaires ou nous voulons une agriculture paysanne.

L’agriculture contractuelle peut-elle jouer un rôle significatif dans le développement du secteur agricole ?

Elle joue un double rôle. Un rôle de rapprochement entre ville et campagne, par la prise en charge décentralisée de processus de vente directe. Elle joue aussi un rôle économique certain par la nature des échanges entre des « consomm’acteurs » et des producteurs. La proximité et la saisonnalité intervient, mais aussi la fixation de prix justes, corrects avec une liberté de proposition du producteur. C’est tout de même un changement complet de perspective, si on y réfléchit bien. Le paysan est payé à l’avance, comme un loyer ; c’est lui qui propose le contenu du panier. Nous mettons en route économiquement un tout autre rapport avec la nourriture. Elle reprend une place centrale dans notre vie.

Il faut miser sur une augmentation de ce type d’initiative, à condition qu’elles restent à taille humaine et qu’elles permettent toujours une autogestion du processus. L’avenir dira si l’agriculture contractuelle prendra une très grande ampleur. En tout cas, les initiatives lancées cartonnent. Si j’avais le temps, j’en lancerais 10 à Lausanne…

Quelle est votre appréciation de la situation de l’agriculture en Suisse aujourd’hui ?

La mondialisation est en train de produire une prise de conscience des limites de la planète, face à l’impérialisme de la techno-science. C’est nouveau et en complète contradiction avec le vieux slogan du développement sans fin.

L’agriculture suisse est à la croisée des chemins : soit elle se bat contre sa liquidation voulue par l’OMC, soit elle redécouvre un fait essentiel : être la communauté nourricière de la Suisse demande de l’ensemble de la société la préservation de son agriculture et la reconnaissance de son statut de service public. Il faut la sortir de la marchandisation généralisée et faire appliquer le principe de souveraineté alimentaire.

Quelles perspectives voyez-vous pour l’agriculture suisse dans les prochaines années ?

La réalité aujourd’hui, c’est que l’alimentation est suffisamment bon marché et que si elle le devient encore plus, c’est pour se soumettre aux diktats des industries multinationales agro-alimentaires. Il n’y a aucune raison d’accepter le futur qu’ils nous préparent: être pauvres et obèses avec une nourriture de mauvaise qualité. Il faut simplement payer au juste prix le travail agricole. Mais pour cela, il faut que les intermédiaires cessent de s’en mettre plein les poches.

L’agriculture suisse avec ses 60.000 exploitations doit être protégée. La Suisse doit se battre pour faire émerger sur la scène internationale le concept de souveraineté alimentaire et sortir l’agriculture du processus de libéralisation. De leur côté, les producteurs doivent tout miser sur la qualité et la promotion de produits authentiques qui parlent aux consommateurs.

Quel regard portez-vous sur l’action de la défense professionnelle agricole en Suisse et dans le canton de Vaud en particulier ?

Nous avons la chance d’avoir, à côté d’un secteur de défense professionnelle «traditionnelle», un syndicalisme combatif et imaginatif lié à Via Campesina . Tout cela fait un cocktail intéressant de défense du monde paysan, notamment dans le canton de Vaud qui garde une perception forte de la campagne. Cependant, les organisations professionnelles doivent redoubler d’effort pour nouer et maintenir des contacts tous azimuts dans les années difficiles qui viennent, afin de faire comprendre que les problèmes du monde paysan sont ceux de l’ensemble de la société.


Les propos complets recueillis par J.-L. Kissling pour Prometerre Infos

Où Abimi nous sert un Lausanne sans pourboire…

Apéro

Daniel Abimi vient de commettre son premier roman. Et c’est un rompol qui se dévore, on ne le lâche plus des mains.

Bien sûr, c’est à cause de Lausanne, me direz-vous… Pas seulement. C’est ciselé comme une classe sociale. Dans ce roman, on ne se mélange pas, sauf au plumard.

L’autre face de Lausanne, pas celle de Lausanne Jardins, de l’éco-quartier, des bobos, qui sentent bon le savon.

Curieusement, ici le "commissaire" Montalbano ou Pepe Carvalho, n’est pas un flic, il est de fait remplacé par un journaliste dans un grand quotidien local. Il mange, il boit aussi, mais que dans des bistrots populaires avec du gros rouge qui tâche fort. Et les mets sont lourds comme l’athmosphère. Lausanne est une vraie ville, mais de province blafarde.

Allez, je ne vous en dit pas plus.

Si: ce roman s’appelle "Le Dernier Echangeur", Daniel Abimi est son auteur et Bernard Campiche, son éditeur.

Daniel Abimi a failli être lauréat du Grand Prix Champignac de 1993 avec la phrase: «Directeur de la Sécurité sociale et de l’environnement depuis quatre ans, le socialiste Pierre Tillmanns a été confronté à une terrible hausse du nombre des chômeurs. Il a mis sur pied de nombreux chantiers d’occupation. Tout en favorisant le recyclage des déchets.» Il s’est rattrapé depuis. Son profil Facebook indique qu’il a visité la ville de Mekele en Ethiopie.

La gauche est pavée de donneurs de leçons

gauche

A peine lancé, l’Appel pour une vraie force politique alternative de gauche , suscite des commentaires bien intentionnés. Comme d’habitude, les plus proches concernés sont les plus méfiants.

Florilège gourmand:

"Je m’étonne du procédé. A mon avis. c’est irréalisable." dit Jean-Luc Ardite, président du Parti du Travail de Genève

Et oui, désormais, il faut déposer une demande pour pétitionner publiquement…

" Je ne suis pas sûr d’avoir vu dans l’appel lancé qu’ils sont bien anticapitalistes", révèle Jean-Michel Dolivo, de solidaritéS-Vaud.

Dame ! il y a un brevet d’anticapitalisme ? Et il s’acquiert où ?

"De prime abord, c’est plutôt séduisant. Je crains seulement qu’il ne s’agisse d’une agitation sans lendemain plutôt que d’une réelle réflexion politique." déclare avec emphase Alain Bringolf, ancien président du PST-POP

Diable, où est-ce qu’on va avec tous ces agitateurs…

"Je suis prêt à accepter leur rhétorique antisocialiste pavlovienne s’ils sont sérieux" concède Christian Levrat, chef du PSS.

Oups, on ne rigole royalement pas dans ce milieu…

On se demande presque comment la gauche d’opposition existe encore avec tant de donneurs de leçons et de rabatteurs de joie…

Je sais que c’est triste tout cela, mais le train est parti, les signatures s’accumulent, les casseurs d’espoirs ne réussiront peut-être pas à empêcher un mouvement pluriel de naître. Ce n’est pas une course contre la montre, mais une course de sens.

Ah, si toutes ces bonnes âmes, qui ont l’air de connaître leur Capital par coeur, étaient juste un peu animées du merveilleux Manifeste des intellectuels antillais "pour des sociétés post-capitalistes"… On sortirait de passéisme et on entrerait vers le possible.

solidaritéS: comme un déficit de fraternité…

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solidaritéS sera en congrès national avec ses 4 sections (Genève, Bâle, Vaud et Neuchâtel) dans quelques jours. Le parti suisse du travail-POP le fut aussi il y a quelques mois.

Comme le militant que je suis, partage une histoire commune depuis 2003, celle de "A Gauche toute !", je me suis plongé avec curiosité sur les textes de mes camarades de chambrée.

Pas beaucoup de surprise sur l’analyse du capitalisme helvétique et mondial. Nous avons de larges convergences sur la résistance à ce système, même si tout cela est dit de manière assez traditionnelle. Le seul élément rafraîchissant est l’apparition d’un discours sur la décroissance dans le cadre d’une réflexion sur l’écosocialisme…

Non, l’élément de surprise principal… c’est la large convergence de stratégie entre solidaritéS et le PST-POP sur l’identité, la recherche de pureté révolutionnaire, bref sur la solitude d’une extrême-gauche passablement marginalisée.

Bizarrement entre les responsables du PST-POP, qui rêvent de s’appeler bientôt "parti communiste suisse" et les responsables de solidaritéS qui veulent devenir le seul parti anticapitaliste, il y a comme un parallélisme: celui du "regroupez-vous autour de moi, je suis dans le vrai…"

Depuis 2003 pourtant, un espoir était né, celui de regrouper dans la diversité, toutes les composantes de la gauche de résistance en Suisse. Du chemin a été parcouru. Pas facile lorsqu’on connaît l’attachement de cette gauche à marquer à la culotte la moindre divergence de détail, sans parler des egos des militants.

Vous ne trouverez rien, rien de rien, dans l’analyse de cette période 2003-2009. Une sorte de trou noir. Dans le canton de Vaud, ce fut des innombrables assemblées communes, des congrès, des commissions de travail, des programmes communaux et cantonaux communs. Et même des élus communs ! Tout cela est passé à l’as, sans analyse même critique sur ce passé récent.

A Gauche toute ! / Linke Alternative est une histoire close apparemment. Mais le plus étrange, tant pour le PST-POP que pour solidaritéS, cela se fait en passant comme chat sur braises, comme pour ne pas devoir débattre.

Or le débat essentiel est celui du travail en commun, de la militance commune dans une même force anti-capitaliste nationale avec une vie démocratique plurielle à l’interne. C’est le seul enjeu qu’attendent tant de femmes et d’hommes authentiquement à gauche, qui en ont ras-le-bol des divisions sectaires et du repli sur soi. Et tout cela au coeur d’une crise financière et écologique du système. C’est aussi de cela que débattent nos camarades en Grèce, au Portugal, en France, en Allemagne.

sectarisme

Les uns cherchent leur Besancenot sexagénaire, les autres leurs faucilles et leurs marteaux; la gauche est dans de beaux draps avec des configurations pareilles.

Il y a quelque chose qui manquera décidément toujours, c’est un peu de fraternité et de modestie dans nos combats. Cela ferait tellement de bien.

Il ne reste plus qu’à espérer que les unitaires de toutes les formations de la gauche de transformation sociale s’insurgent et refusent les murs que certains s’évertuent à élever pour la survie de leurs chapelles ! On verra…

Le M2 fait sa fête du blé et du pain à… Nantes

pain

Bon, c’est public maintenant. Même si cela fait des mois qu’on le savait sous le manteau de farine. La seule boulangerie dans le futur M2 sera une boulangerie française, Paul, qui fera venir son pain à des milliers de kilomètres pour le conditionner ici. De Nantes exactement, c’est la porte à côté, non ? Sans oublier que là-bas, les ouvriers boulangers sont payés 900 euros par mois.

Parce que chez nous, il n’y a pas de bons boulangers. C’est une évidence. En fait, ils ne sont pas assez bon pour les usagers M2, qui auront la chance d’être dans le métro automatique le plus en pente du monde et qui ont droit donc de déglutir la pâte la plus exotique… Oh, je sais, cela aurait pu être pire: faire venir le pain de Pologne ou de Tchéquie.

Bref, dans toute cette affaire il y a deux questions fondamentales:

1. Les pouvoirs publics, les services publics ont-ils une cohérence ?

2. Les pouvoirs publics, les services publics sont-ils gérés de manière démocratique ?

Il n’y a aucune cohérence à vouloir inaugurer un nouveau transport public, sensé remodeler les habitudes de transport des citoyens et se ficher de la souveraineté alimentaire des usagers. En plus pour une Municipalité de gauche…

Il n’y a pas de démocratie lorsque des boulangers de chez nous font des offres de prestation et qu’on ne leur répond même pas et qu’ils apprennent par voie de presse qu’ils n’ont pas été choisis…

Au fait qui a choisi ce boulanger Paul ? Sur la base de quels critères ? Quelle instance démocratique a été consultée ou associée à ce choix scandaleux qui jette le discrédit sur toute une profession locale ?

Pour un canton de Vaud plus solidaire et plus écologiste

Les dix mesures prioritaires définies par A Gauche Toute!, le Parti Socialiste et les Verts pour le programme de législature 2007-2012

10. Fiscalité

– **Introduire une déduction forfaitaire par enfant sur le revenu imposable à la place du quotient familial qui favorise les familles aisées.**

– **Aligner la taxation vaudoise à forfait des riches étrangers sur celle du canton de Genève.**

Les 10 mesures

Pour un canton de Vaud plus solidaire et plus écologiste

Les dix mesures prioritaires définies par A Gauche Toute!, le Parti Socialiste et les Verts pour le programme de législature 2007-2012

9. Santé

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– **Former et engager des professionnel-le-s de la santé en nombre suffisant.**

– **Pour le bien-être de nos ainé-e-s et des personnes malades, développer les soins à domicile, soutenir les alternatives à l’hébergement en EMS, moderniser et renforcer le réseau d’EMS.**

Retrouvez tous les jours une de ces mesures sur le blogue et n’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires

Pour un canton de Vaud plus solidaire et plus écologiste

Les dix mesures prioritaires définies par A Gauche Toute!, le Parti Socialiste et les Verts pour le programme de législature 2007-2012

8. Intégration et égalité des droits

AGT 3

– **Introduire le droit de vote et d’éligibilité des migrant-e-s au niveau cantonal dans la Constitution vaudoise aux mêmes conditions que sur le plan communal.**

– **Pénaliser les employeurs et les réseaux qui exploitent illégalement la main d’œuvre étrangère. Utiliser le contingent de «permis L» cantonal pour favoriser la régularisation de travailleuses et travailleurs sans statut légal.**

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