Le silence de l’eau fait peur

Musique sous l'eau

Petit passage à la piscine du quartier l’autre jour pour emmener un enfant à un cours de natation. J’en vois un, j’en vois une et des autres tout plein. Ils mettaient des espèces d’écouteurs sur la tête avec des bonnets. Je me suis dit qu’ils devaient être souffrants pour devoir ainsi mesurer leurs pulsations; mais ils étaient tellement nombreux, que cela devait être contagieux…

Question posée à un brave malade potentiel: « C’est pourquoi faire ces écouteurs ? » « Mais c’est pour la musique ! C’est tellement monotone de nager ! »

Un monde de dingues ! Même cet espace de silence fait désormais peur.

Jardins d’Ouchy: encore 20 places libres !

JDO

Les Jardins d’Ouchy ont démarré en septembre 2009 à la Maison de Quartier sous-gare de Lausanne . Et ils cartonnent, puisque c’est maintenant près de 180 familles qui se sont abonnées à l’année à ces fruits et légumes de proximité.

Au moment où le Parlement vient de voter par 85 voix contre 76 contre l’importation des fruits et légumes de la honte produits dans des conditions esclavagistes, les projets d’agriculture contractuelle sont une réponse concrète et cohérente dans notre vie quotidienne.

Ce jeudi 16 décembre, les Jardins d’Ouchy feront la fête de 17 à 20H. Ils ont invité des artisans du quartier ou amis, le boulanger Baumann, le pêcheur Guidoux, le chocolatier Dürig, un apiculteur, le fromager Duttweiler. Autour d’une soupe de courge, le partage de la simplicité sera au menu.

Prenez le temps d’un passage en toute amitié. Venez voir comment on s’organise avec des producteurs de la porte d’à côté (tous de Denges à moins de 5 km !). Venez à la rencontre de ce qui a changé nos vies.

Vous savez qu’il n’y a plus que 20 places de libre ?

Adieu / au revoir Sam Leresche, notre roi popiste…

Sam

Sam Leresche au congrès 2008 du POP & Gauche en mouvement à Belmont

Tu vas nous manquer Sam. Pas seulement parce que nous devions aller manger dans quelques jours les tripes aux Verrières, comme d’habitude avec Michel, Isabelle, Evelyne, Louis, Henri et les autres. Tu vas nous manquer parce que tu avais la main chaleureuse, tu avais la poignée la plus ferme de la république, mais aussi la plus caressante, la plus affectueuse. Tu savais regarder dans le fond des yeux des autres, car tu savais les respecter; tu avais appris à respecter l’histoire singulière de chacun, surtout celle des humiliés, des révoltés.

Je t’aimais bien, Sam. Tu représentais pour moi le popiste, le géant popiste qui avait une particularité, celle d’allier l’engagement limpide et l’enracinement profond dans ce pays de Vaud. Un accompagnant en quelque sorte, un compagnon culturel, un révélateur des attentes et des rêves profonds populaires. Un homme de gauche qui n’aimait pas se complaire dans la marginalité, parce qu’il savait que nous étions dans le fond majoritaires face aux puissants, enfin un jour lorsqu’il viendra…

Sam, nous étions fiers que tu sois notre roi lors de la Fête des Vignerons. Tu étais des nôtres dans les endroits où on nous snobe. Nous étions fiers d’avoir des personnalités aimantes comme la tienne dans ce monde de rats. Tu nous représentais avec la tendresse qui sied à notre monde de sans-pouvoirs.

Avec des gauchistes comme toi, nous étions sûr de décrocher la lune.

Adieu, au revoir Sam.

A Caracas, chaque metro cable a un nom

MetroCable Caracas humanismo

MetroCable Caracas amor

MetroCable Caracas etica social

J’ai pris la téléphérique « amour » et je suis rentré avec celui « d’éthique sociale ».

Le tout nouveau MétroCable inauguré dans le quartier St-Augustin de Caracas le 1er janvier dernier est une belle réalisation sociale et écologique.

Quartier, disons bidonville… enfin desservi, par un transport public qui joue ici le rôle de transformation sociale. Il fait s’imaginer 40.000 habitants, vivants dans des maisons de tôles, sans rues. Des milliers de femmes obligées de transporter quotidiennement nourriture, effets ménagers sans moyen de locomotion dans un « barrio » particulièrement escarpé.

Le gouvernement Chavez a mis en route une démarche originale de transport public (5 stations intégrées au réseau du métro, 52 cabines, sur 1,8 km, avec des tickets bon marché), première étape de réhabilitation sociale du quartier, avec installation de dispensaires de santé, d’écoles, de centres culturels tout cela avec un processus d’autogestion et de démocratie de base.

Normal, après cela que les cabines portent les noms d’amour, humanisme, souveraineté, justice sociale…

Un après la guerre, le ghetto de Gaza

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Vivre dans ce territoire, c’est mourir à petit feu, prisonnier dans un camp à ciel ouvert, comme a pu le constater une délégation européenne en visite ce week-end.

A chaque voyage vers Gaza, le doute me tenaille: encore une délégation parlementaire… y aller, ne pas y aller? J’y suis parti en bateau avec «Free Gaza» à partir de Chypre en novembre 2008 avant l’invasion israélienne, pour rompre le blocus. Puis, avec une délégation de quatre parlementaires suisses, en janvier 2009, sur les tas de gravats encore fumants.

Et aujourd’hui, un an après. Ces officialités peuvent paraître fastidieuses. Mais à chacun de mes retours, j’ai l’intime conviction qu’il est indispensable que les habitants de Gaza et les Palestiniens en général ne se sentent pas abandonnés. Les responsables et les habitants que nous rencontrons nous le disent à chaque fois: «Votre présence est une bouffée d’oxygène.» Egalement du voyage, le chanteur vaudois Michel Bühler a la même réaction: «Nous avons pu organiser un petit concert dans une école de musique. Les élèves et moi-même avons interprété quelques chansons. Une fois de plus, il était très important de montrer qu’ils n’étaient pas tout seuls. Leur grande crainte est que tout le monde les oublie.»

Dans les faits, ces intrusions de parlementaires dans le ghetto de Gaza sont des actes officiels de solidarité. Elles constituent une pression sur les autorités israéliennes et aussi égyptiennes, ne l’oublions pas, tous les deux responsables du blocus.

Alors que la «Marche internationale pour la liberté de Gaza», rassemblant 1’400 personnes a été bloquée au Caire pendant une semaine, avec des encerclements policiers permanents, le régime égyptien a dû céder à la pression internationale à la dernière minute et permettre l’entrée des 60 parlementaires européens (lire ci-dessous).

Israël soutient que le blocus de Gaza, en vigueur depuis juin 2007, répond aux attaques à la roquette que des groupes armés palestiniens ont menées sur le sud d’Israël à partir de la bande de Gaza. Le fait est qu’au lieu de viser des groupes armés, ce blocus punit toute la population en imposant des restrictions aux livraisons de nourriture, de médicaments, de fournitures scolaires et de matériaux de construction.

L’opération «Plomb durci» menée par l’armée israélienne du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009 n’a fait qu’accentuer à l’extrême, l’isolement et le dénuement de la bande de Gaza où vivent près d’1,5 millions d’habitants, ce qui en fait le territoire le plus peuple de la planète. Comme le rapporte clairement Amnesty International, «le blocus asphyxie la population, dont plus de la moitié est constituée d’enfants, dans pratiquement tous les aspects de la vie quotidienne. On ne peut laisser se poursuivre l’isolement et la souffrance dans lesquels elle est de plus en plus plongée.»

Gaza 2010 Quartier

Israël a beau rejeter les conclusions d’Amnesty international et refuser de prendre en compte le rapport Goldstone, la réalité de l’invasion, c’est 5’300 blessés, 1’400 morts, dont parmi eux moins de 250 étaient des combattants. Le plus incompréhensible, face à la brutalité israélienne permanente, c’est la longue retenue palestinienne. Car le rapport Goldstone est formel: bien sûr qu’il fait le décompte des crimes de guerre commis par les autorités de Gaza, comme les tirs de roquettes sur les civils israéliens, mais il fait surtout la longue liste de ceux commis par l’armée israélienne… Notamment, des «détails» qui tuent: la mission de l’ONU rapporte clairement que certains soldats israéliens se sont servis de civils comme de boucliers !

Face à tous ces blocages institutionnels internationaux, les exigences des parlementaires suisses sont claires. La Suisse doit s’engager sur le plan international avec force pour que le blocus que subit Gaza soit immédiatement levé sans conditions, que sur la base du rapport Goldstone, les dommages matériels et la reconstruction promise soit assumée par les responsables du conflit, que les résultats des élections démocratiques de 2006 soient reconnus, que toutes les parties palestiniennes deviennent des interlocuteurs sans exclusive et enfin que cesse toute collaboration militaire avec Israël.

La Suisse officielle a une position particulière dans le conflit. D’une part, elle a maintenu l’essentiel de son dispositif humanitaire et de coopération dans le ghetto de Gaza, sans concentrer toute son aide en Cisjordanie, comme la plupart des pays occidentaux. Elle maintient d’autre part des contacts avec toutes les parties palestiniennes, y compris le Hamas.

Malgré la votation sur les minarets, la Suisse conserve une image de confiance chez tous les interlocuteurs. La délégation helvétique l’a fortement ressenti de la part du gouvernement du Hamas. Car, qu’on le veuille ou non, c’est bien là, un élément essentiel de la situation politique. Les résultats des élections démocratiques de 2006 ont donné une victoire du Hamas; ce mouvement que la plupart des chancelleries occidentales continuent à faire figurer sur la liste des organisations terroristes.

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Même Robert Malley, ancien conseiller du président Clinton pour le Proche-Orient salue la diplomatie suisse et sa volonté de maintenir le dialogue avec toutes les parties: «Cette ouverture est essentielle, alors que le paysage politique des deux parties est plus émietté que jamais. On ne peut plus privilégier certains interlocuteurs comme le Fatah, puisqu’ils ne sont plus en mesure de conduire les événements sur le terrain.» Et Robert Malley insiste sournoisement: «La continuation du blocus alimente le mécontentement populaire. Mais il renforce l’emprise du Hamas sur la bande de Gaza. A force d’assécher les échanges économiques et commerciaux, le monopole retombe dans les mains de ceux-là même qu’on cherche à affaiblir, soit le Hamas.»

La délégation a donc longuement rencontré le premier Ministre appartenant au Hamas, Ismaël Haniyeh, ainsi que d’autres membres du gouvernement. L’objectif est de casser les exclusives, d’ouvrir des perspectives de dialogue en vue d’une réconciliation inter-palestinienne, indispensable à la reprise d’un processus de paix.

Toutes ces actions parlementaires ne seraient finalement rien sans les actions citoyennes de solidarité avec le peuple palestinien menées dans tous les pays, et surtout sans une amplification de la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanction) à l’égard de l’Etat d’Israël, comme autrefois dans la campagne anti-apartheid sud-africaine.

Composition de la délégation européenne

La délégation européenne était composée de plus de 60 députés représentant 15 pays. Organisée par la «Campagne européenne pour mettre fin au blocus de Gaza», elle a passé, dans les faits, 48 heures dans Gaza même, après l’autorisation de dernière minute des autorités égyptiennes. Elle s’est rendue au siège du Conseil législatif palestinien et visité les locaux bombardés par l’occupation israélienne. Elle a eu des entretiens avec la commission chargée d’archiver les crimes de guerre, les ONG de Gaza, l’ONU. Elle a visité des quartiers, des écoles, durement éprouvés par le blocus arbitraire. Elle a eu enfin des rencontres avec le secrétaire général de la Ligue Arabe, le ministre égyptien des Affaires étrangères et le président du Parlement de ce pays.

La délégation suisse était composée de Geri Müller (Les Verts), Jean-Charles Rielle (PS), Josef Zisyadis (POP / La Gauche), ainsi que du chanteur Michel Bühler. Elle était aussi accompagnée de Ender Demirtas et Anouar Gharbi, militants de l’association genevoise Droits pour tous.

Payer au juste prix son alimentation ou son natel ?

Vente directe aux Jardins d'Ouchy

Passionné de souveraineté alimentaire, initiateur de cercles d’agriculture contractuelle dont les célèbres Jardins du Flon , le président des « Jardins d’Ouchy », le conseiller national Josef Zisyadis, a bien voulu répondre à nos questions.

Prometerre infos : Qu’est-ce qui vous pousse, vous parlementaire de gauche, plutôt voué à la défense syndicale, à vous intéresser à l’agriculture et aux agriculteurs ?

Josef Zisyadis : Je suis passionné depuis longtemps par deux questions qui me paraissent essentielles:

1. Le repositionnement de l’économie dans des structures autonomes décentralisées les unes des autres. Donc le développement de l’économie sociale et solidaire.

2. La standardisation de la nourriture et l’uniformisation du goût pour l’ensemble de la population de la planète, avec ce que cela induit comme impérialisme culturel et donc économique.

La communauté qui nous nourrit quotidiennement exige de notre part de la cohérence. Ou nous voulons un avenir préparé par les multinationales agro-alimentaires ou nous voulons une agriculture paysanne.

L’agriculture contractuelle peut-elle jouer un rôle significatif dans le développement du secteur agricole ?

Elle joue un double rôle. Un rôle de rapprochement entre ville et campagne, par la prise en charge décentralisée de processus de vente directe. Elle joue aussi un rôle économique certain par la nature des échanges entre des « consomm’acteurs » et des producteurs. La proximité et la saisonnalité intervient, mais aussi la fixation de prix justes, corrects avec une liberté de proposition du producteur. C’est tout de même un changement complet de perspective, si on y réfléchit bien. Le paysan est payé à l’avance, comme un loyer ; c’est lui qui propose le contenu du panier. Nous mettons en route économiquement un tout autre rapport avec la nourriture. Elle reprend une place centrale dans notre vie.

Il faut miser sur une augmentation de ce type d’initiative, à condition qu’elles restent à taille humaine et qu’elles permettent toujours une autogestion du processus. L’avenir dira si l’agriculture contractuelle prendra une très grande ampleur. En tout cas, les initiatives lancées cartonnent. Si j’avais le temps, j’en lancerais 10 à Lausanne…

Quelle est votre appréciation de la situation de l’agriculture en Suisse aujourd’hui ?

La mondialisation est en train de produire une prise de conscience des limites de la planète, face à l’impérialisme de la techno-science. C’est nouveau et en complète contradiction avec le vieux slogan du développement sans fin.

L’agriculture suisse est à la croisée des chemins : soit elle se bat contre sa liquidation voulue par l’OMC, soit elle redécouvre un fait essentiel : être la communauté nourricière de la Suisse demande de l’ensemble de la société la préservation de son agriculture et la reconnaissance de son statut de service public. Il faut la sortir de la marchandisation généralisée et faire appliquer le principe de souveraineté alimentaire.

Quelles perspectives voyez-vous pour l’agriculture suisse dans les prochaines années ?

La réalité aujourd’hui, c’est que l’alimentation est suffisamment bon marché et que si elle le devient encore plus, c’est pour se soumettre aux diktats des industries multinationales agro-alimentaires. Il n’y a aucune raison d’accepter le futur qu’ils nous préparent: être pauvres et obèses avec une nourriture de mauvaise qualité. Il faut simplement payer au juste prix le travail agricole. Mais pour cela, il faut que les intermédiaires cessent de s’en mettre plein les poches.

L’agriculture suisse avec ses 60.000 exploitations doit être protégée. La Suisse doit se battre pour faire émerger sur la scène internationale le concept de souveraineté alimentaire et sortir l’agriculture du processus de libéralisation. De leur côté, les producteurs doivent tout miser sur la qualité et la promotion de produits authentiques qui parlent aux consommateurs.

Quel regard portez-vous sur l’action de la défense professionnelle agricole en Suisse et dans le canton de Vaud en particulier ?

Nous avons la chance d’avoir, à côté d’un secteur de défense professionnelle «traditionnelle», un syndicalisme combatif et imaginatif lié à Via Campesina . Tout cela fait un cocktail intéressant de défense du monde paysan, notamment dans le canton de Vaud qui garde une perception forte de la campagne. Cependant, les organisations professionnelles doivent redoubler d’effort pour nouer et maintenir des contacts tous azimuts dans les années difficiles qui viennent, afin de faire comprendre que les problèmes du monde paysan sont ceux de l’ensemble de la société.


Les propos complets recueillis par J.-L. Kissling pour Prometerre Infos

Pourquoi des socialistes veulent baisser l’impôt des riches ?

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Les 2/3 du groupe socialiste sont entrés en matière sur la baisse d’impôt proposée par Hans-Rudolf Merz. Ils ont même refusé le renvoi proposé par quelques syndicalistes du PS.

Soyons clair: les ménages qui vont profiter de cette baisse d’impôt voulue par la droite, seront ceux qui ont un revenu de plus de 150.000 frs.

Par contre, les familles qui ont un revenu moyen n’auront au plus qu’une baisse de 3 cafés par mois !

Alors de deux choses l’une: ou la majorité des députés socialistes suisses a perdu la tête, ou alors ils sont les vrais défenseurs de leur nouvelle classe, ces fameux « bobos » qui font progresser les scores de la gauche partout dans le pays…

Et 600 millions de moins dans les caisses publiques pour quoi faire ? Réduire le service public ? Baisser les aides sociales en période de crise ?
Payer la crèche et la garderie des riches ?

Dans ce pays, il y a si peu de résistance populaire organisée, que les partis qui s’affichent à gauche ne prennent même plus de gants pour cacher leur politique.

Supprimer le secret bancaire avant de finir comme l’Islande

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Il faut arrêter de tourner autour du pot: la fraude fiscale de l’UBS et la levée forcée partielle du secret bancaire n’est pas un épiphénomène, c’est le coeur du problème.

Le maintien du secret bancaire suisse, le soit-disant «label de qualité» défendu de l’UDC au parti socialiste, doit être rapidement supprimé, plus clairement interdit dans notre Constitution fédérale.

Encore une fois, et nous le disons depuis des années sans être écouté, le secret bancaire n’a qu’un seul objectif: augmenter l’accumulation privée, au moyen de l’évasion fiscale et du détournement de fonds publics. Les seuls perdants sont les salariés et les peuples.

Si l’UBS est prête à payer, dans une simple transaction… près de 1 milliards de francs suisses (que le peuple suisse vient de lui donner !), c’est qu’elle a parfaitement compris le risque immédiat sur l’ensemble du secret bancaire suisse.

Il n’y a plus aucune raison de refuser, à l’Union européenne notamment, le contrôle de toute cette soustraction fiscale qui a fait de notre pays, le pays des recels frauduleux et du blanchiment gigantesque d’argent du monde entier.

Finalement, la politique des banques, du Conseil fédéral, des partis politiques qui le composent est en train de nous mener dans la déconfiture la plus totale. On n’a pas voulu écouter les propos anti-capitalistes que nous tenions depuis des années… Ce gouvernement ne sera rien d’autre que le fossoyeur de notre pays.

Si la population salariée ne veut pas être entraînée dans une catastrophe économique comme l’Islande, il est urgent:

1. De supprimer le secret bancaire unilatéralement et d’inscrire cette volonté de transparence dans la Constitution fédérale
2. De créer un pôle public du crédit pour un contrôle démocratique des richesses produites et des choix d’investissement

Je vais déposer en ce sens une initiative parlementaire à la prochaine Commission de l’économie et des redevances le 25 janvier prochain.

Gaza: il n’y a pas que le blocus israélien

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Je suis rentré mercredi dans la nuit. Difficile de décrire la situation de cette prison ouverte. Les mots me manquent. Mes nuits voient défiler les visages et les instants de ce désastre humain. Un million et demi d’habitants enfermés dans une bande côtière: il faut s’imaginer toute la Suisse romande entassée entre Genève et Morges.

Nous avons réussi à casser le blocus israélien avec les 13 parlementaires. Nous avons pu apporter cette tonne de médicaments. C’était à la fois dérisoire et nécessaire. Mais la réalité sur place dépasse tout entendement.

Ce matin encore, aucune nourriture, notamment la farine, n’a pu passer les frontières. L’électricité va manquer cruellement. Bref, l’état sanitaire, social et économique de la population est en dégradation constante. Les organisations humanitaires sont dans l’incapacité de répondre aux besoins les plus élémentaires.

Il y a le blocus israélien constant, violent. Mais il y a le blocus égyptien tout aussi scandaleux. Depuis juin 2007, la frontière n’a été ouverte que trois fois à Rafah. Les autorités égyptiennes ont refusé le passage de la délégation de 53 parlementaires européennes que nous projetions, ce qui nous a obligé de partir par frégate depuis Chypre.

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Il faut voir les tunnels creuser à quelques centaines de mètres de la frontière égyptienne. Des dizaines de tunnels, parfois d’une profondeur de trente mètres. Des tunnels dangereux, instables, menaçant de s’écrouler à tout instant, parfois gazés par les militaires égyptiens. Et pourtant, c’est de ces tunnels immondes que passent une partie indispensables des vivres, des médicaments, de l’essence. Ils sont l’objet de tout un trafic noir. On parle de prix démentiels multipliés par trois pour toutes les marchandises. La vie à Gaza est désormais plus chère qu’à Genève. Je vous invite à lire le témoignage d’Eugènie Rébillard paru dans l’hebdo Politis de cette semaine.

Il y a finalement aussi le blocus inter-palestinien, celui du Fatah de Cisjordanie, qui contrôle une partie de l’aide internationale. La division entre Gaza et Ramallah ne fait que renforcer le blocus israélien. Le Monde Diplomatique d’octobre par la voix de la journaliste israélienne Amira Hass décrit avec précision cette situation de double autorité.

Certes, nous avons été accueilli à notre descente de bateau par les autorités issues du Hamas. Et alors ? Au nom de quoi, nous devrions refuser de discuter avec ceux qui ont gagné les élections dans cette partie de la Palestine. Mais je me rappelle encore de ce prêtre catholique qui nous accueilli aussi, comme des rencontres avec les représentants de la société civile, des forces de gauche. Car la vie démocratique est une constante de la Palestine, malgré ceux qui tentent de la faire taire.

Pour l’immédiat, il y a un devoir de solidarité. Pour desserrer l’étau. Quelques projets de modestes coopérations ou jumelages en matière sanitaire et scolaire entre la Suisse et Gaza pourraient se mettre en place. Inchallah.

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Morges: la Grande Table du Goût était un pied de nez

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Coluche avait raison: « il y a trop d’étrangers sur Terre ».

Finalement, ce n’était pas si anodin que cela de tenir la 4ème Grande Table du Goût au centre de Morges ce dimanche 25 mai, à une semaine du vote sur les naturalisations sauce UDC…

Il y avait un parfum de revanche, un fumet de fierté culinaire. La commission suisses-étrangers de Morges avait bien fait les choses pour cette 4ème édition. Je rappelle juste que cette Grande Table a vu le jour en 2002 pendant la Semaine du Goût (à l’époque elle avait lieu au printemps), faisant ainsi de Morges la 1ère Ville suisse du Goût.

Derrière la rencontre internationale des cuisines du monde, il y a une leçon de choses pour des milliers de personnes réunies.

Les gens de toutes les traditions, de toutes origines sont fiers de leurs cultures. Ils sont heureux de les faire partager. Imaginez un stand des vins de Morges aux côtés d’un poulet africain, d’une sardine portugaise. Et côte-à-côte, un stand grec, un stand turc, un stand macédonien, un stand kosovar. C’est pas beau ça ? C’est pas faire à la nique à ces gouvernements qui opposent tant de peuples entre eux ?

Finalement, derrière les visages joyeux, il y avait une démonstration de force, un sacré pied de nez à tous ces ronchons xénophobes.