Slow Food CH: retour sur des démissions

Slow Food CH: retour sur des démissions

Il n’est pas anodin que les deux co-présidents d’une association et le directeur démissionnent en même temps après avoir été élus largement par un congrès …

C’est pourtant ce qui est arrivé à Slow Food Suisse dans le courant de l’été. Les co-présidents Irène Kaelin, présidente du Parlement suisse, Josef Zisyadis, ainsi que le directeur Alexandre Fricker ont jeté l’éponge sans faire de vagues.

Tout semblait sourire à cette équipe après le congrès 2020 (180 votants en Valais) qui avait approuvé à une large majorité de 2/3, la ligne ouverte d’un mouvement de la nourriture, qui entendait peser sur la politique de l’alimentation de la Suisse.

A peine la base militante du congrès partie, une minorité largement désavouée, profitant des statuts peu clairs, a investi toutes les instances pour bloquer l’ouverture de l’association qui a connu un développement fulgurant ces 6 dernières années.

L’équipe dirigeante n’avait plus d’autres choix que de quitter sans faire de bruit pour ne pas mettre l’association dans un état de conflit interne.

Il est symptomatique que ce type d’association qui gère à la fois des projets soutenus par des pouvoirs publics et des privés ne peut pas avoir la gestion d’un club de boules…

En 5 ans, Slow Food Suisse a démontré ce que peut devenir une organisation qui a une équipe professionnelle: développement de l’Arche du Goût, lancement de l’Alliance des Chefs Slow Food avec plus de 120 restaurants dans tout le pays, lancement de Slow Wine avec plus de 50 vignerons et vigneronnes, création de Slow Food Travel en Valais, projet d’une initiative populaire « Jeunesse & alimentation ». Slow Food Suisse modestement avec ses presque 4000 membres était devenu un exemple international de ce qui peut être développé comme réseau alternatif de l’alimentation dans un pays.

Cette démarche est désormais au point mort. Quelques talibans, au nom d’une orthodoxie alimentaire marginale, ont cassé la dynamique d’une association dont la Suisse avait besoin pour affronter les défis alimentaires de demain.

Slow Food ne peut pas appartenir à un club de gastronomes, son objectif est large, il est populaire. Slow Food a pour mission de regrouper l’ensemble de la population qui a le droit à la nourriture et au bien manger. Une occasion gaspillée pour l’heure… au moment où sur l’ensemble de la planète trois milliards de personnes n’ont pas les moyens de se nourrir sainement.

PS: le soussigné dirige la Fondation pour la promotion du Goût. Il reste membre de base de Slow Food Suisse, dans l’attente de temps meilleurs…

5 réflexions sur « Slow Food CH: retour sur des démissions »

  1. Bonjour Joseph,
    Il vous est arrivé récemment exactement ce qui était arrivé à mon projet Slow wine, enterré en catimini lors d’une réunion à Moudon un vendredi soir avec 7 votants, 3 pour mon projet, 4 ou 5 pour exclure les non-bios, ce qui est en contradiction avec les statuts de Slow Food International. Slow Wine est resurgi sous une forme dont l’impact est très modeste alors que mon projet aurait fédéré des centaines de vignerons travaillant selon les principes du développement durable pas forcément certifié ( on a vu le résultat du dogmatisme lors des dernières vendanges…). Je m’en désole encore alors que j’avais le soutien de très nombreux jeunes vignerons dont les meilleurs de Lavaux, mais qui avaient hélas mieux à faire qu’aller à une réunion bizarre à Moudon dans un petit salon dédié au bio. Navré pour Slow Food qui reste un super projet.

  2. Si Josef traite d’autres gens de talibans on peut, ou on doit, se poser des questions… la réalité est souvent plus complexe qu’une partie au sein d’un conflit arrive à percevoir ou à démontrer. Je propose de se consacrer maintenant sur l’avenir. Il y a plein de défits à s’en attaquer.

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