Appel suisse « Changer la Grèce »

syriza

Changer la Grèce,  Changer l’Europe, Changer pour toutes et tous !

La possible victoire de Syriza aux prochaines élections en Grèce constitue un enjeu considérable pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent que l’Europe change de chemin. Une telle victoire serait l’expression de l’exigence de dignité et de justice, de l’espoir. Les pressions et menaces exercées  par les dirigeants de l’UE, la Troika et les milieux financiers cherchant à peser sur le mouvement social et le choix des électeurs grecs sont inadmissibles.

Partout en Europe, nous allons défendre le droit du peuple grec de choisir librement, de rompre avec l’austérité, de dire non à la crise humanitaire qui sévit dans le pays, d’ouvrir la voie à une méthode radicalement différente, à une réorientation sociale et démocratique, à une perspective nouvelle pour la Grèce.

Alors que la plupart des forces politiques grecques ont choisi de courber l’échine devant la troïka, Alexis Tsipras et Syriza  en ayant décidé de suivre la voie inverse ont su créer,  en étroite coopération avec les nombreux mouvements sociaux,  un large rassemblement, une dynamique qui pourrait devenir majoritaire. Ainsi  est-il proposé d’affronter immédiatement la crise humanitaire, de restaurer les conventions collective et la législation du travail, d’instaurer un système fiscal juste, de démocratiser le système politique. Un futur gouvernement Syriza veut faire  de la Grèce un interlocuteur crédible qui  ouvrira les négociations en posant comme condition préalable la survie du pays et du peuple. Il veut engager le pays sur une voie nouvelle, loin de la corruption et du clientélisme, en faveur d’un nouveau type de développement dans l’intérêt général. Il proposera une conférence européenne  sur la dette  afin que l’annulation d’une partie de la dette et les modalités du remboursement de ce qui reste puissent permettre de relancer l’économie via un grand programme d’investissement public (qui ne devrait pas être comptabilisé par le Pacte de stabilité et de croissance), et la réponse aux besoins sociaux urgents. Il proposera au niveau européen un “European New Deal” pour le développement humain et la transition écologique. Partout en Europe, nous avons besoin de rompre avec la logique qui détruit le commun en Europe et favorise une influence dangereuse au nationalisme et populisme de droite, nous avons besoin  d’un projet nouveau nommé développement solidaire, coopération, démocratie.

Partout en Europe, nous considérons qu’avec un tel changement en Grèce ne se jouera pas seulement l’avenir du peuple grec. Une victoire de Syriza permettra de sortir la Grèce de la situation catastrophique actuelle, mais constituera aussi le début du changement en Europe. La rupture avec les politiques d’austérité menées par les institutions européennes et les gouvernements  serait un signal, un espoir pour les peuples qui cherchent à redresser la tête. En même temps, si les urnes accordent à Syriza les responsabilités du pouvoir, le futur gouvernement grec aura besoin d’un soutien massif des peuples européens, contre toutes les pressions des marchés financiers et des forces politiques qui redoutent une rupture avec les cadres désuets de la mondialisation capitaliste.

Acteurs politiques et sociaux, syndicaux et associatifs, intellectuels, chercheurs, artistes, femmes et hommes de culture, nous n’acceptons pas les pressions qui veulent empêcher le peuple grec de choisir librement. Ceux qui  exercent cette pression aujourd’hui sont co-responables de l’action de la Troika et des choix du gouvernement en place, de la pérennisation des structures de pouvoir à juste titre critiquées  et souhaitent à tout prix poursuivre la néfaste ‘thérapie de choc’.

C’est partout en Europe que nous nous allons prendre nos responsabilités, soutenir les forces qui luttent, modifier les rapports de force, mener la bataille des idées, rassembler toutes celles et tous ceux qui veulent bâtir, avec le peuple grec, une Europe sociale, écologique, démocratique. Nous nous placerons aux côtés du peuple grec parce que son combat est le nôtre.

Les premiers signataires suisses : Christian MARAZZI |Scuola universitaria professionale, Constantin SAYEGH, Docteur, Jean ZIEGLER, Sociologue, ancien parlementaire suisse, Josef ZISYADIS, théologien, ancien parlementaire suisse, Niklaus SCHERR, Gemeinderat AL, Zürich, Pierluigi FEDELE, membre du Comité directeur du syndicat Unia, Marianne HUGUENIN, médecin, Syndique de Renens, ancienne parlementaire suisse, Marc VUILLEUMIER, conseiller municipal de Lausanne,  Walter ANGST, Gemeinderat AL Zürich, Frédéric CHARPIE, secrétaire national de La Gauche suisse,  Nago HUMBERT, président fondateur de Médecins du Monde Suisse, professeur faculté de médecine, Claude MURET, scénariste,  Claude CALAME, Helléniste, EHESS, Paris, Prof. hon. UNIL,  Christian TIREFORT, écrivain, Patrick MORIER-GENOUD, éditeur et auteur, Barbara LANTHEMANN, Députée suppléante Alliance de Gauche Valais, Eduard GUGGENHEIM, Architekt, Planer FH; Gemeinderat AL Stadt Zürich, Pierre Louis PERRENOUD, retraité, Aline GABUS, infirmière, Elisabeth BRINDISI, journaliste, Isabelle LAMM, animatrice socioculturelle, Claire ANKEN, employée de commerce, Anne ROUYET, photographe, Ernest BADERTCHER, ancien député VD, Alain DUPRAZ, ingénieur, Alain CLERC, conseiller international, Alain PESSE, dessinateur de machines et membre d’UNIA, Anne- Marie BERGDOL, médecin, Christiane LAVANCHY, assistante médicale, Giorgio ROMANO, medico, Andrea EGGLI, travailleuse sociale, Jacqueline ROUYET, retraitée, Diane GILLIARD, journaliste, Christophe GALLAZ, chroniqueur et écrivain, Dominique ROUYET,  enseignante, Caterina MARTINI, étudiante, Jérôme MEIZOZ, écrivain,  Stefan WYSS, Vorstandsmitglied AL Zürich, Francis REUSSER,  cinéaste, Jean-Luc CHRISTINAT, travailleur social, Philippe BECK, formateur d’adultes, coach,  Federico FIORITO, giornalista, Fabrizio FIORITO,  psychologue-psychothérapeute, Corrado BEE, professeur, Claudine OGGIER, infirmière, Véronique BARRAS, responsable de projet OSEO Valais, ancienne députée, Christian BARRAS, formateur d’adultes, ancien conseiller municipal de Sierre, Liliane HODEL, femme de théâtre et enseignante, Dominique ISPERIAN, Jean-Marie MEILLAND, enseignant, Marcelo VALLI, chargé de recherche, Mathias HUGUENIN, libraire, Christophe BEGUIN, artiste naturopathe, Sengül KÖKER, institutrice primaire, Philippe MAILLARD,  géographe, Michèle MAILLARD, photographe, David PAYOT, travailleur social, conseiller communal, Patrice CHARPENTIER, responsable éducatif, Catherine HARDTKE, responsable pédagogique, Michel THEVOZ,  professeur honoraire Unil, Richard BLAETTLER,  Soziologe, Raymond BURKI, dessinateur de presse, Stavros RANTAS, medico, Willy STRECHEISEN, agronome, Cécile STRECKEISEN, enseignante, Pascale HOFFMEYER Pascale, ludothécaire, coordinatrice pour la Suisse du Conseil Mondial pour la Nature, Maurice REY, pédopsychiatre et psychanalyste, José SANCHEZ, ingénieur en télécommunication, Pierre GUEX, retraité, Jean et Jacqueline CHEVALEY  enseignants retraités, Alain BOVARD, juriste, Yves GIROUD, dessinateur de presse, Christine LAVANCHY, artiste, Antoine TRAD, Didier DVORNE, député au Grand Conseil vaudois, Mireille AUBERT, Députée, Présidente de la Commission des Visiteurs du Grand Conseil, Claire BOZONET, retraitée, Georges BOCHUD, conseiller en personnel, Claudine FISCHER,  humaniste,  jeune retraitée, Jcques A. BADOUX, retraité, Giovanni GALLI, psicologo, psicopedagogista, Marika ZISYADIS, graphiste & travailleuse agricole, Sébastien CUNENOD, étudiant HEP, Sol BEHAR, employée de commerce, Catherine GAILLARD, conteuse, Maria-Carla Grandjean, Intendnante Maison de l’Elysée, Fabienne TSCHANZ,  animatrice socioculturelle, Sali BISLMI,  traducteur, Anastasia PANAYOTIDIS, politologue, Françoise ORIOLI, éducatrice de la petite enfance, Emmanuelle de RIEDMATTEN, réalisatrice, Johan PAIN, retraité Transports Publics, Antoinette ROMANENS, MICHEL FAVRE, enseignant retraité.


„Change Greece – Changing Europe – Change4all!“

Der mögliche Sieg von SYRIZA bei den kommenden Wahlen in Griechenland geht alle an, die einen Richtungswechsel in Europa anstreben. Er wäre Ausdruck der Forderung nach Menschenwürde, Gerechtigkeit und Hoffnung. Die Drohungen und der Druck, die  seitens der der Staats- und Regierungschefs der EU, der Troika und der Finanzinstitutionen ausgeübt werden, um die Wahl des griechischen Volks zu beeinflussen, sind unakzeptabel.

Wir werden überall in Europa das Recht des griechischen Volks verteidigen, sich frei zu entscheiden; mit der Austeritätspolitik zu brechen; Nein zu sagen zur Austeritätspolitik, die das Land verwüstet; den Weg einer realen Alternative für Griechenland und eine demokratische und soziale Neuorientierung freizulegen.

Die Mehrheit der politischen Kräfte in Griechenland geht vor der Troika in die Knie. Alexis Tsipras und SYRIZA haben sich für das Gegenteil entschieden. Gemeinsam mit den sozialen Bewegungen haben sie einen breiten Zusammenschluss geschaffen, dessen Dynamik die Mehrheit gewinnen könnte. SYRIZA und ihre Verbündeten setzen sich gegen die humanitäre Krise zur Wehr, wollen die Kollektiv- und Tarifverträge wiederherstellen, ein faires Steuersystem einführen und das politische System demokratisieren.

Eine SYRIZA-Regierung wird Griechenland zu einem verlässlichen Partner machen und das Überleben des Landes und der Bevölkerung zum Ausgangspunkt in allen Verhandlungen machen. Die Regierung wird das Land auf einen neuen Weg jenseits von Korruption und Patronage führen und sich für ein neues Entwicklungsmodell im Interesse aller entscheiden.

Die SYRIZA-Regierung wird eine europäische Schuldenkonferenz vorschlagen, mit dem Ziel die Schulden teilweise zu streichen und die Zahlungsmodalitäten für den Rest so festzulegen, dass eine wirtschaftliche Erholung ermöglicht wird. Das dazu erforderliche Programm öffentlicher Investitionen und zur Befriedigung dringender sozialer Bedürfnisse soll aus dem europäischen Stabilitäts- und Wachstumspakt ausgenommen werden.

Auf europäischer Ebene wird eine SYRIZA-Regierung einen Europäischen „New Deal » für menschliche Entwicklung und ökologischen Wandel vorschlagen. In ganz Europa müssen wir mit der Logik brechen, die Europas soziale Errungenschaften zerstört und Nationalismus und Rechtspopulismus verstärkt. Wir brauchen ein neues Projekt inklusiver Entwicklung, Zusammenarbeit und Demokratie.

Wir sind davon überzeugt, dass eine solche Veränderung in Griechenland nicht nur die Zukunft des griechischen Volks betrifft. Wenn SYRIZA siegt, wird nicht nur Griechenland aus der katastrophalen aktuellen Situation ausbrechen können, sondern die Möglichkeit eines Wechsels in Europa entstehen. Der Bruch mit der Austeritätspolitik wäre Signal und Hoffnung für diejenigen, die sich nicht beugen wollen.

Eine SYRIZA-Regierung  wird angesichts des massiven Drucks der Finanzmärkte und der politischen Kräfte, die jedes Abweichen vom gescheiterten Rahmen der kapitalistischen Globalisierung fürchten, massive Unterstützung der europäischen Völker brauchen.

Wir, Menschen aus allen Teilen der Gesellschaft, aus einem breiten sozialen und politischen Spektrum und aus zahlreichen Organisationen akzeptieren den Druck nicht, der ausgeübt wird, um das griechische Volk an seiner freien Entscheidung zu hindern. Diejenigen, die diesen Druck ausüben, nehmen die Verantwortung dafür auf sich, dass die schädliche „Schocktherapie“ um jeden Preis fortgesetzt wird.

Unsere Verantwortung ist es, überall in Europa diejenigen zu unterstützen, die für eine Veränderung der Kräfteverhältnisse kämpfen, die den Kampf der Ideen aufnehmen und alle vereinigen, die gemeinsam mit dem griechischen Volk ein soziales, ökologisches und demokratisches Europa aufbauen wollen.

Wir stehen an der Seite des griechischen Volks, weil sein Kampf der unsere ist.

La tiers-mondisation de la Grèce est programmée

J’ai reçu cette lettre d’analyse. Je ne résiste pas à vous la communiquer. Elle est précise, elle montre l’ampleur du désastre social aux pays du dogmatisme néo-libéral. Elle est longue, mais moins que les souffrances quotidiennes du peuple grec…

Grece-Athenes-31mai2012-1-2

« Oui, moi aussi je suis fatiguée par ce bombardement incessant de mauvaises nouvelles, en provenance de Syrie, d’Ukraine, de la NSA, de Suisse. Alors, encore la Grèce par-dessus tout ça ? On n’en parle plus beaucoup…

De divers côtés, j’entends dire que ça irait « un peu mieux », ce qui découle des rares informations des médias. En réalité, ça ne va pas bien du tout, et le silence, ou la désinformation, sont une injustice face à la Grèce, mais nous privent aussi nous-mêmes de points de repères objectifs. Mon message est peut-être un peu long, mais ne vous en prenez pas à moi, mais au gouvernement grec et à la Troïka !

« Ça va un peu mieux »: ceci correspond à l’affirmation du gouvernement grec qui a semble-t-il obtenu un petit excédent de recettes. Mais comment y est-il parvenu? Tout simplement en privant les citoyens de prestations pour lesquelles ils ont payé toute leur vie, et paient encore par des impôts toujours plus élevés. Et il ne faut pas croire le cliché qui veut que « les Grecs n’ont jamais payé d’impôts » : les salariés du secteur publique, et les rentiers AVS paient la plus importante partie de leurs impôts « à la source », ils leur sont prélevés de leur salaire ou de leur rentes, comme pour nous les cotisations AVS et LPP.

Le domaine dans lequel cette situation est la plus criante est celui de la santé.

En Grèce le système de santé correspond un peu au système français de la Sécu, la caisse-maladie de base est l’affaire de l’Etat, et le droit aux prestations, payées par les impôts, est ancré dans la constitution. Les policliniques publiques dispensent des soins gratuits, ou plutôt en dispensaient jusqu’à tout récemment. Actuellement, environ 3,5 millions de Grecs n’ont plus droit à aucune prestation de santé (sur 11 millions d’habitants, et sans compter les immigrés clandestins) ! Et pourquoi ? Parce qu’ils sont au chômage depuis plus d’une année ou parce que, petits indépendants , ils ne peuvent plus payer leurs cotisations; à ce moment, les membres de leur famille perdent eux aussi leur droit aux prestations de santé. Toutes ces personnes ne peuvent plus compter que sur les diverses organisations de bénévoles, dont p.ex. les Médecins du Monde, des professionnels bénévoles qui réussissent à maintenir des policliniques gratuites, mais sont de plus en plus débordés , malgré l’aide de l’église qui dispense aussi des médicaments gratuits. Mais ces organismes ne peuvent bien sûr pas dispenser des soins intensifs et d’urgence, des opérations, des dialyses rénales, des traitements de radiothérapie pour des cancéreux, ni des investigations radiologiques poussées. Ils font alors de grands efforts pour obtenir l’hospitalisation de leurs patients- qui théoriquement devraient payer leur traitement hospitalier de leur poche, mais bien sûr ne sont pas en mesure de le faire: le coût leur est alors compté comme arriérés d’impôts. On verra plus tard quelles en sont les conséquences.

Mais les Grecs qui sont toujours affiliés à la caisse-maladie ne sont pas pour autant bien soignés. Le gouvernement procède à ce qu’on est obligé d’appeler un démantèlement accéléré du système de santé publique, ceci dans la précipitation, sans concertation aucune avec les responsables médicaux de ce système. A Athènes et Thessalonique, plusieurs hôpitaux ont été fermés en quelques jours, dont des services spécialisés (dialyses rénales, radiothérapie p.ex.). Ceci a occasionné un engorgement des hôpitaux restants, et un fonctionnement chaotique, en permanence à la limite des possibilités humaines: des médecins doivent travailler jusqu’à 80, voire 90h par semaine, et le personnel soignant de même. Les lits s’entassent dans les couloirs, encombrés aussi par les familles, qui doivent être présentes pour donner l’aide de base aux malades (toilettes, repas). Dans tout le pays il existe un grand manque de médecins et de soignants: ceux qui sont partis en retraite ou se sont expatriés, n’ont pas été remplacés, d’autres ont été licenciés, et le ministre de la santé annonce d’autres licenciements. Il existe aussi un manque criant de médicaments et d’équipement. Et le budget des hôpitaux déjà diminué en 2013, l’est encore d’un tiers environ en 2014 ! Les responsables médicaux et politiques de toutes les régions lancent des cris d’alarme au gouvernement, en vain jusqu’à présent.

Voici quelques exemples. L’hôpital publique de Sparte, chef-lieu d’une région de 100 000 habitants, devra très probablement fermer le service de médecine interne, ainsi que la policlinique, parce qu’il n’y aura plus de médecin; pour l’instant il y a encore 2 chirurgiens, 2 pédiatres et 1 radiologue. Volos, une ville de 144 000 habitants, au centre de la Thessalie (752 000 habitants), n’a pour ainsi dire plus de service pédiatrique publique: des 18 pédiatres actifs par le passé, il en reste … 2, pour l’hôpital et la policlinique. Le Maire de l’île de Tinos a porté plainte contre le ministre de la santé, qui n’engage pas de nouveaux médecins: l’île ne compte plus qu’un médecin qui exerce un stage pratique après la fin de ses études, alors que l’île compte 10 000 habitants et accueille 1 million de touristes et pèlerins par an.

Donc hors des grandes villes, les patients doivent souvent être transportés sur de longues distances, attendre trop longtemps des traitements qui seraient urgents. Le frère d’un ami, souffrant d’un infarctus, a été véhiculé ici et là, mais les services de garde avaient été fermés. Il a été transporté sur 120 km dans une ambulance sans personnel soignant et sans équipement, alors que le traitement devrait commencer pendant le transport déjà, et sans climatisation (en été), pour finalement mourir à son arrivée à l’hôpital. Et pourtant il ne vivait pas dans une petite île isolée, ou dans un lointain village de montagne, mais au centre du Péloponnèse.

Aux médecins du service de santé publique on a imposé un plafond tellement bas quant au nombre de consultations et d’ordonnances qu’ils ont le droit d’effectuer chaque mois, que ce plafond est souvent atteint déjà au milieu du mois. Les patients doivent alors se lancer dans une course folle pour essayer de trouver un médecin qui n’a pas déjà épuisé son quota !

Aux dernières nouvelles, le Ministre de la santé ordonne, d’un jour à l’autre, la fermeture des Policliniques publiques de toute la Grèce, sans que des solutions de rechange soient encore organisées. Le Ministre promet des policliniques beaucoup plus rares et plus petites pour dans un mois, mais personne ne peut croire que ce délai sera respecté. Les médecins et les soignants refusent cette fermeture et font appel à la justice. Les médecins ont à de nombreuses reprises cherché à discuter avec le Ministre, en vain. Celui-ci a une attitude incroyable dans un état démocratique: la plupart du temps il hurle, insulte ses interlocuteurs – devant les caméras de la TV; il exprime sans pudeur ni langue de bois son crédo: « L’Etat ne peut pas se préoccuper de la santé de tous les citoyens! », alors que ceux-ci paient justement pour leur système de santé ! Imaginez qu’ici les caisses-maladie déclarent tout à coup « qu’elles ne peuvent, ma foi, pas s’occuper de la santé de tous les assurés ! »

On ne s’étonnera donc pas que l’espérance de vie ait chuté de 3 ans depuis 2009 !

Dans la revue médicale « Lancet » , l’une des plus reconnues au niveau international, est paru un article émanant de spécialistes des Universités d’Oxford et de Cambridge. Les auteurs constatent les faits suivants:

– la Grèce a le budget de santé le plus faible de la zone euro
– les malades sont dans une impossibilité croissante d’avoir accès aux soins et aux médicaments nécessaires
– on observe une grande augmentation des cas de maladies infectieuses
– et une augmentation de la mortalité des nourrissons de 43%
– la péjoration de la santé psychique est générale, le nombre des dépressions a été multiplié par 2,5 et les suicides ont augmenté de 45%, lors que le financement des soins dans ce domaine a été réduit de 55% déjà en 2012
– le paludisme est réapparu après 40 ans, parce que le gouvernement a stoppé l’éradication des moustiques vecteurs de cette maladie dans certaines régions marécageuses.
– les amputations du budget de la santé en Grèce sont les plus importantes en Europe à l’époque contemporaine.

Encore dans ce domaine : les enfants des gens qui ne sont plus affiliés à la caisse-maladie n’ont plus droit aux vaccins de base gratuits, et les parents ne peuvent pas les payer. Ce sont les « Médecins du Monde Grèce » qui remplissent maintenant cette tâche de santé publique, tout en soulignant qu’ils suppléent à un devoir qui incombe à l’Etat, comme ils le faisaient autrefois dans le tiers-monde.

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Le gouvernement applique une politique clairement néo-libérale,

A un rythme accéléré, et ne s’en cache pas. Le vice-premier Ministre Venizelos a déclaré dans un discours télévisé: « Nos créanciers sont néo-libéraux et nous imposent leur programme néo-libéral ». Le premier ministre ne cache pas sa détestation du service public et favorise en toutes circonstances les très grandes entreprises, grecques ou étrangères. Le Ministre de la santé, dont il a été question plus haut, crie à la TV:  » Je représente le secteur privé ! ». En effet , le système de santé doit être en grande partie privatisé. De même dans l’éducation, les élèves du degré secondaire devront à peu près obligatoirement prendre des cours d’appui dans des écoles privées; la formation professionnelle passe en bonne partie au secteur privé. On se demande qui seront les  » clients  » de toutes ces entreprises privées, étant donné l’appauvrissement de la classe moyenne. L’OCDE constate que les salaires grecs sont revenus ces toutes dernières années à leur niveau de 1998 et que, le coût de la vie ayant augmenté de 70%, les Grecs ont donc perdu 70% de leur pouvoir d’achat.

Beaucoup de Grecs de la classe moyenne sont propriétaires de leur logement, en général modeste. Avant la crise ils ont été fortement « motivés » par les banques (plusieurs amis grecs m’ont dit avoir été harcelés à domicile par des appels téléphoniques de banques leur proposant des prêts). Mais tout a changé. Maintenant, comment les 1,5 mio de chômeurs qui touchent une très petite allocation pendant un an, puis plus rien, peuvent-ils payer des intérêts hypothécaires, en plus d’impôts fonciers fortement augmentés ? Et ceux, nombreux, qui travaillent, mais ne sont plus payés depuis des mois ? Et ceux dont le salaire a diminué au minimum légal -480 €- ou plus bas ? Ils sont menacés de la saisie de leur appartement, la Troïka (FMI, UE, BCE) faisant pression sur le gouvernement grec pour qu’il autorise ces saisies. Et l’Etat veut lui aussi saisir les biens, entre autres immobiliers, des citoyens ayant des arriérés d’impôts. Certains estiment que 60% des propriétaires sont en situation de voir leur appartement saisi. Finalement, un accord a été trouvé avec les banques: les propriétaires d’un logement peu cher, et n’ayant qu’un petit salaire, ne paieront que 30% de leur revenu en intérêts hypothécaires. Mais le fisc est plus dur: Une retraitée a vu son logement saisi pour un arriéré d’impôts de…540€! Dans des cas semblables, des propriétaires ont recouru avec succès auprès des tribunaux. Mais encore faut-il avoir les moyens de le faire. Par ailleurs, tout citoyen qui a un arriéré d’impôts ou de cotisations à la caisse-maladie et de retraite de plus de 5000 € doit être arrêté et passer devant un tribunal. On parle d’une femme de 90 ans atteinte d’Alzheimer qui est ainsi restée incarcérée deux jours. Et d’autres perspectives se précisent: bientôt le fisc pourra prélever des sommes à partir des comptes privés des contribuables, sans que ceux-ci soient avertis au préalable, de manière à ce qu’ils ne puissent pas retirer leurs fonds!

Un grand nombre d’indépendants sont dans l’incapacité de payer leurs contributions à la caisse de retraite et à la caisse-maladie, et sont donc en situation de subir une saisie express. Un phénomène sans doute unique en son genre: les cadres du fisc ont manifesté contre la diminution du nombre de leurs employés, au moment même où de nombreuses modifications du code fiscal viennent s’ajouter en permanence; ils ont indiqué qu’il serait donc impossible de contrôler toutes les déclarations d’impôts, ceci alors que l’Etat a déclaré vouloir augmenter ses rentrées fiscales. Les experts-comptables eux aussi ont manifesté contre cette prolifération de nouveaux articles du code fiscal, rédigés…en anglais (!), et parfois traduits en grec , mais avec des erreurs. Ils protestaient aussi contre la pénalisation insensée des contribuables : p.ex. une dette oubliée de 8 € peut se transformer après un an en une pénalité de plusieurs milliers d’€ !

Un expert indépendant de l’ONU, au terme d’une mission d’observation des conséquences des mesures d’austérité en Grèce, constate lui aussi que le service de santé publique est inaccessible à un nombre toujours plus important de citoyens. Il souligne que la Grèce est le seul pays de la zone euro qui ne possède pas de mécanisme d’assistance sociale servant de filet de sécurité en dernière instance- telle que l’aide sociale ici, c’est pourquoi p.ex. les chômeurs après un an au plus n’ont plus droit à rien. Il souligne encore que les conditions imposées par les bailleurs de fonds internationaux « risquent d’empêcher de garantir un niveau de vie conforme aux normes des droits de l’homme » pour un nombre considérable de Grecs.

Encore un dernier sujet, les privatisations, imposées par la Troïka. Tous les biens publiques doivent être privatisés: l’eau, l’électricité, les télécommunications, les transports, les ports, les aéroports, les ressources naturelles, les entreprises d’Etat. Ces biens sont vendus pour des prix très bas, et les gains qui en résultent ne vont pas au peuple grec, mais directement dans une caisse qui sert exclusivement au paiement des intérêts de la dette, ou de dettes arrivées à échéance. Comme ces ventes rapportent relativement peu, elles ne changent pratiquement rien à l’importance de la dette, qui reste non viable. Les grands bénéficiaires sont les acheteurs, grecs ou étrangers.

Encore brièvement, un nouveau chapitre s’ouvre. La police enquête auprès de la direction des écoles pour savoir quels élèves ont soutenu leurs enseignants qui protestaient contre les licenciements de masse dans l’enseignement – ceci à l’intérieur des écoles. Des élèves du secondaire ont été menacés: s’ils étaient ainsi « fichés », ils n’auraient pas le droit de se présenter aux examens d’entrée de l’université ou d’écoles professionnelles !

La télévision ERT (ancienne TV publique), indépendante et bénévole, continue, huit mois après la fermeture de la TV publique, de diffuser des informations. C’est en partie grâce à ces combattants acharnés de l’information que je peux vous donner des nouvelles. Enfin, des blogs et des journaux on-line sont aussi précieux.

Avec mes amicaux messages. Anne-Marie Bergdol. »

Grèce: une guerre civile

Joelle Fontaine

Il n’est pas sûr que l’Histoire se répète. Cependant, le livre tout récent de l’historienne Joëlle Fontaine, « De la Résistance à la guerre civile en Grèce 1941-1946 » met le doigt sur des plaies ouvertes et souvent méconnues.

Il y a les atrocités des nazis allemands contre une population, qui a payé un lourd tribu par une destruction invraisemblable du pays. Les Grecs n’auront jamais droit à une quelconque compensation, les allemands refusant de payer leur dette de guerre.

Il y a l’écrasement de la Résistance, conduite par un parti communiste et des forces de gauche, qui a libéré seule le pays du fascisme, sans aide extérieure. Ecrasement qui se fera par les forces britanniques, qui ont ensuite passé le relais aux américains.

Joelle Fontaine explicite avec précision comment les grandes puissances ont constamment maintenu leur tutelle sur l’avenir du pays.

Une impression de « déjà vu » se dégage de ce livre, sauf qu’aujourd’hui la tutelle financière a remplacé la soumission politique. Hier, comme aujourd’hui, les élites tentent d’étouffer le mouvement populaire. Au moment de la visite de Merkel à Athènes, ce pan d’histoire revient à la surface. Enfin.

Grèce, Portugal, Espagne, Italie: privatisation des écoles de langues pour les enfants en Suisse ?

cours enfants

Les mesures d’austérité sur le dos des enfants à double identité s’accumulent. C’est une des faces cachées de la crise des pays de l’Europe du sud. Et elle a des répercutions directement sur les enfants immigrés en Suisse. Après la Grèce, il semble que le Portugal, L’Italie et l’Espagne envisagent de laisser tomber la formation scolaire de base en langue et culture étrangère.

Les parents d’enfants double nationaux ou à double identités ont des intérêts convergents face à des gouvernements qui laissent tomber leurs enfants, préférant rembourser leurs banques avant de soutenir l’éducation de leurs jeunes.

A problème commun, réponse commune
Les parents des enfants des communautés du sud de l’Europe sont instinctivement poussés par leurs gouvernements respectifs à rechercher des solutions de bouts de chandelle et des créations d’écoles privées payées directement par les parents immigrés ou bi-nationaux.

Ces solutions sont scandaleuses, puisqu’elles consistent à avaliser des décisions gouvernementales sans lutter ou résister ensemble pour des enfants qui vivent des situations identiques. Au surplus, elles ne posent pas le problème de fond, celui de la formation en langue d’origine dans le cadre scolaire helvétique.

Les enfants à double identité vivent en Suisse. Ils sont des enfants des écoles cantonales. Une solution d’ensemble pourrait être envisageable dans le cadre scolaire helvétique. C’est-à-dire: prévoir dans la semaine des temps de cours à option facultatif pour les élèves qui veulent suivre des cours dans la langue de leur pays d’origine.

Une des question est celle du financement. On peut imaginer un financement double (par une fondation par pays d’origine + financement cantonal), voire triple (fondation par pays d’origine + financement cantonal + financement par des fonds d’intégration des immigrés).

La privatisation ne résout rien, il faut un cadre laïque et démocratique
Le cadre scolaire cantonal helvétique est certainement le meilleur pour le développement de cette éducation particulière. Il permet de conserver non seulement la gratuité, mais permet  aussi un développement dans un cadre démocratique et laïque en Suisse. Il ouvre les écoles suisses à une réalité multiculturelle.

La Suisse se doit de répondre à cette attente, car cela renforce l’intégration, tout en maintenant une autonomie à l’égard des pays d’origine.

« Les enfants de l’euro » d’Isabelle Guisan

Livre Guisan

Isabelle Guisan, journaliste et écrivain nous livre la réalité vécue de la crise grecque au travers de quatorze destinées.

Bien avant que les Indignés n’occupent les places, les jeunes Grecs manifestaient déjà leur colère contre la classe politique et l’obligation de choisir entre un avenir à 600 euros ou émigrer vers
nulle part.

Isabelle Guisan est partie avec les photographes Nelly Rodriguez et Alexis Voelin à leur rencontre dès le mois de février 2011 en se laissant guider par l’actualité, par le hasard aussi, pour esquisser quelques
portraits en textes et images.

La Grèce parlait d’ériger un grillage sur le fleuve Evros qui la sépare de la Turquie ? Ils sont allés voir sur place, dans la petite ville frontière d’Orestiada. Ils se sont rendus aussi à Xanthi et dans la vallée des Pomaks, en Thrace toujours, pour découvrir des jeunes appartenant à la minorité musulmane.

Puis des Grecs et des enfants d’immigrés vivant sur deux Cyclades, Paros et Kéa.

Enfin Athènes bien sûr. Sans oublier des jeunes Grecs venus étudier et travailler en Suisse…»

On redécouvre une vérité première: une crise, c’est tout d’abord un ensemble de parcours humains. Hôtelière, chauffeur de taxi, militant homosexuel, insulaire, musicien, émigré: chacun de ces destins, magnifiquement dépeints par la parole et l’image, nous en dit plus long sur la réalité grecque d’aujourd’hui que toutes les analyses de presse.

Sa sortie est prévue mi-novembre. A lire le coeur serré.

L’UE, la BCE et le FMI soutiennent la Grèce… comme la corde soutient le pendu !

PIGS

Aujourd’hui, mercredi 5 mai, une grève générale se déroule dans toute la Grèce à l’appel de l’Union syndicale des fonctionnaires (ADEDY) et de la Confédération générale des travailleurs (GSEE).

Cette grève générale a pour but de lutter contre les mesures d’austérité sociale et financière d’une brutalité sans précédent que le gouvernement hellénique a accepté d’imposer au peuple grec en échange de l’aide financière de la « troïka » Union Européenne (UE), Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI). Cette aide financière est en fait un prêt de 110 milliards d’euros sur trois ans à un taux minimum de 5 %, soit 5 fois plus élevé que le taux des emprunts de la République fédérale d’Allemagne…

Pour parvenir à un déficit public ramené hypothétiquement à moins de 3 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici à 2014, soit une coupe de 36,4 milliards d’euros en trois ans, le gouvernement Papandreou s’est engagé auprès de ses prêteurs à :

– supprimer les 13ème et 14ème salaire des employé.e.s de la fonction publique (ces salaires supplémentaires sont en fait des primes annuelles compensant partiellement le blocage des salaires mensuels les années précédentes)
– supprimer les 13ème et 14ème allocations annuelles des retraités du public et du privé
– geler les salaires et les retraites pendant trois ans
– augmenter l’âge de la retraite à 65 ans et avec une durée de cotisation minimale de 40 ans et non plus 37 ans
– suspendre l’application des conventions collectives de travail négociées entre patronat et syndicats
– modifier la loi de la sécurité sociale au détriment des ayants-droits
– modifier le code du travail afin de faciliter les licenciements en affaiblissant les dispositions légales de protection des travailleurs et en abaissant les indemnités de départ
– augmenter le taux principal de la TVA de 21 à 23 %, soit une augmentation de l’impôt indirect sur la consommation.

Ces mesures s’accompagnent à l’extérieur d’une mise sous tutelle du gouvernement grec qui devra rendre des comptes à ses bailleurs tous les trois mois qui vérifieront l’application scrupuleuse des mesures de démantèlement social.

Toutes ces mesures constituent une attaque d’une violence inouïe contre les conditions de vie de l’immense majorité du peuple grec qui se voit contraint par son gouvernement et la troïka de payer pour les riches, le patronat et les banques. En effet, l’emprunt grec ne sert en définitive qu’à honorer le service de la dette (intérêts et remboursements), c’est-à-dire…à rembourser les banques françaises et allemandes qui détiennent à elles-seules 80 % de la dette publique grecque ! De leur côté, les banques grecques ne participent en rien alors qu’elles ont reçu 28 milliards d’euros de fonds publics au titre de plan de sauvetage sans aucune contrepartie ! Quant au patronat des grandes entreprises, il a transféré ses actifs dans des sociétés off-shore à Chypre où ils ne sont imposés qu’au taux de 10 % !

Pourtant, d’autres choix sont possibles dès lors que l’on sort de la religion néo-libérale et des ukases mortifères du mal-nommé « marché » qui n’a rien d’invisible et dont les tireurs de ficelles sont connus, comme la banque d’affaires Goldman Sachs ou les fonds de placement (les Hedge funds) qui ont spéculé depuis des mois sur la dette publique grecque et sur l’euro.

Ainsi, le gouvernement grec, après avoir rendu publique la structure de la dette (qui a emprunté à qui, quand et pour quoi), pourrait :

– mette en œuvre une nouvelle fiscalité qui obligerait les particuliers et les entreprises à contribuer de manière juste et équitable aux dépenses communes
– exiger l’harmonisation d’une fiscalité européenne pour annuler les niches fiscales sur le continent
– diminuer drastiquement les dépenses militaires (plus de 9,6 milliards de dollars par an qui profitent largement aux industries d’armement états-uniennes et françaises)
– rapatrier la flotte commerciale (la Grèce en est le no 1 mondial) qui, avec 4000 navires (la plupart navigant sous pavillon de complaisance), ponctionne chaque année 6 milliards d’euros de TVA à l’Etat grec
– développer des emplois salariés dans les économies d’énergie et la sauvegarde de l’environnement largement atteint par les laisser-faire et les incuries des gouvernements précédents (que l’on songe aux feux de forêts désastreux de ces dernières années).

Contre les flibustiers de la finance internationale, contre les mesures de démantèlement social de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, déclarons notre solidarité au peuple grec, à ses syndicats, à ses organisations populaires.

Dans un premier temps, signons l’appel international, rejoignons la manifestation de soutien au peuple grec samedi 8 mai, à 14h, à la place St-Laurent à Lausanne et…allons en Grèce en vacances à la rencontre de ce peuple dont nous sommes peu ou prou les héritiers culturels !


Collectif Antigone, Case postale 196, 1000 Lausanne 6
Josef Zisyadis, conseiller national
Bruno Clément, cie du Trottoir, théâtre de rue

Réservez déjà: Mercredi 26 mai à 19h30 au Pois Chiche à Lausanne
(sous le Café de l’Ouest av. de Morges 119)
Rencontre-débat « le sens de la crise grecque » avec Pascal Franchet, vice-président du
CADTM-France (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde), syndicaliste CGT-impôts

Un député grec, la main dans la culotte

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Au moment où la résistance ouvrière, paysanne et des salariés s’affirme en Grèce contre les mesures d’austérité, la crainte de la bourgeoisie européenne devient totale. Car derrière la Grèce, il y aura aussi les peuples portugais et espagnols qui pourraient intervenir rapidement, placés dans des situations identiques.

Pour l’heure, une grève générale est annoncée en Grèce le 24 février contre la baisse des salaires, l’augmentation de l’âge de la retraite, la fermeture des services publics dits « non rentables » et la suppression d’aides sociales de base.

La mise sous tutelle européenne d’un Etat indépendant au nom d’un pacte de stabilité néo-libéral pose des questions nouvelles sur les droit des peuples à décider de leur destinée au sein de l’Union européenne.

Mais quand il y a résistance, il y a aussi collaboration. Ainsi ce député double national germano-grec au Parlement européen Giorgos Chatzimarkakis (élu du parti libéral FDP allemand) qui déclare dans une interview:

« Je crois que nous sommes bien inspirés et que nous avons une chance de ramener la Grèce sur la voie de la vertu et à vrai dire, les Grecs ont été habitués au cours de leur histoire à avoir des gouvernements étrangers. Plus de 300 ans, ils ont fait partie de l’Empire ottoman et connaissent le fait d’être gouverné de l’extérieur. Je ne veux pas pavoiser là-dessus, je veux simplement exprimer que l’âme grecque connaît déjà un peu cet état et qu’elle ne sera pas trop étonnée de se retrouver dans une telle situation. »

Ben voilà. La boucle est bouclée. Les dominants ont toujours eu besoin de laquais… et celui-ci est pris la main dans la culotte du néo-colonialisme néo-libéral.

La table du Traité était un tapis volant

Table traité Lausanne

Etrange destin de table, que celle du Traité de Lausanne du 24 juillet 1923. Autour d’elle, s’étaient assis des Grecs, des Turcs, des Serbes, des Croates, des Slovènes, des Roumains et les grandes puissances de l’époque. Les Kurdes et les Arméniens y furent absents… et pour cause.

La table était propriété de l’Etat de Vaud (canton suisse dont la capitale est Lausanne), jusqu’à ce qu’un voyage présidentiel suisse tout récent en Turquie modifie cette propriété soudainement en propriété confédérale.

Le Canton de Vaud, qui devait être fier de posséder cette table historique, comme d’ailleurs de posséder (indirectement) le Château d’Ouchy, où une plaque commémorative y est apposée, s’est débarrassé de cet encombrant objet, sans sourciller.

Et voilà, la table du Traité, partie pour la Turquie, en cadeau officiel pour « consolider les relations » entre la Suisse et la Turquie.

C’est ce que la Suisse appelle la diplomatie active. Lorsqu’on signe un traité dans notre cher pays neutre, quelques années plus tard, les éléments symboliques de ce traité vont donc se retrouver chez l’un des partenaires de ce traité. A choix. En fonction des intérêts du moment.

Notre Ministre des affaires étrangères appelle cela « un contexte muséographique ». Nous, nous appelons cela de la politique du tapis volant… ou volé aux habitants de notre pays qui ont accueillis cette conférence internationale.

Et ne vous demandez pas pourquoi des Arméniens ou des Kurdes la trouvent saumâtre cette politique sélective sans respects pour les symboles les plus élémentaires…

Raclette-Féta versus Suisse-Grèce

Quel incroyable autogoal la décision du Tribunal Fédéral de ne pas réserver l’appellation « Raclette » au seul canton du Valais et de refuser de la protéger par une AOC

Ce n’est pas avec des décisions de ce genre que l’agriculture suisse va vivre et maintenir une présence de proximité…

33 fromageries de village et 124 alpages valaisans vont se retrouver dans un proche avenir sans défense de leur savoir-faire ancestral.

Une petite comparaison pour saisir l’ampleur du problème de la défense de ce type d’AOC: la décision du TF correspondrait pour la Grèce à l’abandon de l’appellation « Féta » à l’industrie agro-alimentaire de toute la planète… Tout simplement impensable !

Ils se sont lâchés au carnaval

La rencontre a eu lieu en catimini en présence du chanteur vaudois largement subventionné Michel Bühler. La vodka caramel était leur boisson favorite. Le carnaval de Sainte-Croix fut le lieu de cette agape particulière. Concernant la future majorité héllénique au Gouvernement, l’accord est sous toit. Il ne sera révélé qu’en temps utile. Toute autre interprétation de cette photo instantanée est superflue.

Carnaval Ste-Croix