Semaine du Goût: la joie du court-circuit !

Genusswoche Zürich Schulklasse 2

Qui aurait pensé il y a dix ans que la Semaine suisse du Goût deviendrait un temps de fort de ressourcement, d’éducation populaire et d’attachement à la communauté qui nous nourrit ?

Cela fait 10 ans que nous nous battons pour la sauvegarde de la biodiversité, contre une standardisation des produits. Ce réseau de la communauté de la nourriture s’étend petit-à-petit. il place l’amitié et la fraternité au centre de notre attitude quotidienne face aux produits agricoles que nous mangeons.

Défendre le plaisir du goût et le partage de la nourriture, c’est sortir du consumérisme et de l’individualisme qui nous a détaché de l’avenir de notre planète. C’est poser un acte de résistance face à la destruction de notre patrimoine culinaire voulu par l’industrie agro-alimentaire.

C’est pour cela qu’il faut des cours de goût dans les écoles. C’est pour cela aussi, qu’il faut créer dans chaque établissement scolaire, un jardin potager.

Prenez le temps de manger varié ! Recherchez des variétés de salades, de fruits, de légumes rares ou oubliés ! Vous défendez ainsi quotidiennement la biodiversité agricole.

La Semaine du Goût devrait avoir lieu toute l’année. Car, c’est une démarche en profondeur pour le «bien manger», pour la convivialité autour de la table et pour notre souveraineté alimentaire.

Les 1525 événements de la Semaine suisse du Goût se trouvent sur www.gout.ch.

Le goût fait de la résistance

Dégustation enfants 2

9ème édition pour la Semaine du Goût. Du 17 au 27 septembre, dans toute la Suisse, 1300 événements chez les producteurs, les écoles, dans les rues. La souveraineté alimentaire pointe son nez.

Parti d’une histoire de copain, la Semaine suisse du Goût est en train de prendre ampleur inattendue. Derrière les temps forts prévus, comme Delémont, Ville du Goût 2009 ou la personnalité de la vigneronne Marie-Thérèse Chappaz, Marraine de l’édition 2009, il y a une démarche associative pour promouvoir de nouvelles valeurs.

Derrière chaque produit consommé, nous oublions tous qu’il y a des hommes et des femmes. Le processus d’industrialisation de l’alimentation fait aussi disparaître le lien entre l’humain et la nature. Il s’agit donc de retisser des liens de plaisir et de curiosité: de la graine que l’on plante et qui donne un légume ou une salade quelques mois plus tard à l’artisanat de quartier ou de région qui permet de comprendre la fabrication d’un fromage ou d’une saucisse… L’objectif est de faire prendre conscience du lien fondamental entre souveraineté alimentaire et culture du goût.

Nous sommes face à un problème fondamental: celui de la mondialisation de l’alimentation et la destruction des patrimoines culinaires. La Semaine du Goût a le mérite de s’interroger sur notre alimentation par la mise en oeuvre de nouvelles valeurs: retour à la simplicité culinaire, à une traçabilité, à une relation de confiance avec les producteurs, bref à une économie locale à l’opposé des habitudes alimentaires de destruction du plaisir de manger.

1300 événements pour cette édition 2009, 1300 temps forts de résistance du goût…

Morges: la Grande Table du Goût était un pied de nez

Morges 2002

Coluche avait raison: « il y a trop d’étrangers sur Terre ».

Finalement, ce n’était pas si anodin que cela de tenir la 4ème Grande Table du Goût au centre de Morges ce dimanche 25 mai, à une semaine du vote sur les naturalisations sauce UDC…

Il y avait un parfum de revanche, un fumet de fierté culinaire. La commission suisses-étrangers de Morges avait bien fait les choses pour cette 4ème édition. Je rappelle juste que cette Grande Table a vu le jour en 2002 pendant la Semaine du Goût (à l’époque elle avait lieu au printemps), faisant ainsi de Morges la 1ère Ville suisse du Goût.

Derrière la rencontre internationale des cuisines du monde, il y a une leçon de choses pour des milliers de personnes réunies.

Les gens de toutes les traditions, de toutes origines sont fiers de leurs cultures. Ils sont heureux de les faire partager. Imaginez un stand des vins de Morges aux côtés d’un poulet africain, d’une sardine portugaise. Et côte-à-côte, un stand grec, un stand turc, un stand macédonien, un stand kosovar. C’est pas beau ça ? C’est pas faire à la nique à ces gouvernements qui opposent tant de peuples entre eux ?

Finalement, derrière les visages joyeux, il y avait une démonstration de force, un sacré pied de nez à tous ces ronchons xénophobes.